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.. Le passage des ombres

Couverture du livre Le passage des ombres

Auteur : Isabelle Hausser

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Ed. de Fallois, Paris, France

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-87706-598-6

GENCOD : 9782877065986

  • Les présentations des éditeurs : 29/09/2006

Certains lieux semblent enchantés, comme si, placés en un point sensible où se déforme la trame de l'espace et du temps, ils gardaient la mémoire des événements dont ils ont été le théâtre ou protégeaient les secrets de ceux qui les ont habités. Malemort, petit bourg méridional chargé d'histoire, que les événements du monde, même les plus sanglants, n'atteignent que de manière étouffée, pourrait être l'un de ces endroits magnétiques où viennent se confondre les époques.

C'est à un trio insolite que revient la tâche d'invoquer l'esprit des lieux : une femme et deux hommes qui essaient, chacun à sa manière, de surmonter leurs deuils respectifs à travers l'amitié, la musique et leurs obligations professionnelles. Leurs égarements intérieurs les mènent sur la piste de deux meurtres non identifiés. L'un bien réel, que Guillaume, le magistrat, est obligé d'instruire, l'autre, incertain et commis à une époque antérieure, qui suscite la curiosité de William, l'historien, tandis qu'Élise, le médecin du bourg, est confrontée à des morts moins inattendues parmi ses patients.

Leurs trois voix alternées se répondent dans Le Passage des Ombres. S'y mêle, comme un écho assourdi, gagnant peu à peu en puissance, un quatrième timbre surgi des failles du temps.

Isabelle Hausser a vécu plusieurs années à New York, après avoir habité successivement Moscou, Bonn et Bruxelles. Prix des Libraires en 1994 pour Nitchevo, elle a obtenu en 2002 le Prix Giono et le Grand Prix des Lectrices de «Elle» pour La Table des Enfants.


  • Les courts extraits de livres : 29/09/2006

Malgré son inconfort, il suivit Élise sur la terrasse. Elle surplombait le village qui, de là, semblait très proche, alors qu'à suivre les lacets du sentier il avait cru la maison éloignée de Malemort. Au-delà s'ouvrait la plaine, toute vibrante de chaleur, courant jusqu'au Rhône et aux montagnes de l'Ardèche.
«Ne restez pas là, dit Élise, ou vous serez malade. Il fait encore trop chaud pour s'installer sur la terrasse. Mais quand le soleil baissera, ou demain matin, vous verrez que cet endroit est merveilleux.»
Tout en le ramenant à l'intérieur, elle lui raconta qu'à l'origine, lorsque Guillaume avait acheté la maison, un long appentis la jouxtait à cet endroit. Les précédents propriétaires, qui avaient quitté les lieux peu après la Seconde Guerre mondiale, devaient y entreposer outils et provisions. Guillaume l'avait fait démolir. On avait élargi l'ouverture pour installer une porte-fenêtre. L'idée de récupérer ce bout de terrain qui s'en allait mourir à flanc de colline et d'en faire une terrasse s'était vite imposée. C'était du reste, en quelque sorte, la destination initiale de cet endroit puisqu'en des temps reculés s'y trouvaient des remparts dominant la plaine.
L'audace de ce rapprochement le surprit. Mais au fond pourquoi pas ? Il s'agissait toujours de profiter du panorama, même si on n'en faisait pas le même usage. Il s'apprêtait à l'interroger sur ces remparts, mais, déjà, Élise, était passée à autre chose : «Vous allez adorer y prendre vos repas», assura-t-elle tout en lui montrant où l'on rangeait les coussins destinés aux sièges de la terrasse et l'interrupteur éclairant cette même terrasse.
Sans lui laisser le temps de se prononcer sur cette affirmation, elle l'entraîna vers l'étage. Il allait, résigné, lui emboîter le pas, quand il découvrit dans un recoin du salon un piano droit et un violoncelle. Élise l'attendait au pied de l'escalier, mais revint en arrière.
«Guillaume m'a dit que vous jouez du violon.
- Il est dans ma voiture», répondit-il mécaniquement.
Elle rit. «Formidable ! Allons-y, il va falloir que je me sauve et j'ai encore deux ou trois trucs à vous montrer.»


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