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Auteur : Luc Dellisse
Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Cinéma, Télévision
Editeur : les Impressions nouvelles, Bruxelles, Belgique
Collection : Réflexions faites
Prix : 16.00 € / 104.95 F
ISBN : 978-2-87449-019-4
GENCOD : 9782874490194
Comment inventer une histoire qui n'existe pas encore ? Par où commencer ? Comment mettre en forme ses premières esquisses ? Que faire pour donner une nécessité à un ensemble de situations imaginaires ? D'où naîtra leur cohérence ? Peut-on transmettre aussi des émotions et des secrets ? Comment trouver une fin plausible et conforme aux enchaînements du récit ? À ces interrogations et à bien d'autres, cet ouvrage apporte des réponses simples et claires, de façon à constituer une véritable grammaire scénaristique. Mais il propose en même temps un ensemble de réflexions très neuves sur la portée du scénario et le sens de la création.
Luc Dellisse est scénariste, romancier et poète. L'art du scénario constitue un de ses champs d'action privilégiés. Il est l'auteur de fictions télé et de courts métrages. Il a également scénarisé de nombreux albums de BD. Il enseigne les questions de scénario à la Sorbonne et à l'Université libre de Bruxelles, avec une attention particulière pour les relations entre fiction et réalité.
Trouver le point de départ
À l'origine d'un scénario, il y a l'envie de raconter une histoire.
Ceci distingue déjà le scénario des autres formes d'écriture. Ainsi, la poésie, qui est l'art de jouer avec les sonorités et les images verbales, ou le roman moderne, qui selon la définition de Louis-Ferdinand Céline, a pour objet «le rendu émotionnel», s'attachent à produire avec les mots un résultat artistique global. Tandis que le scénario a pour objet unique de «résumer à l'avance» une histoire complète.
Toute autre motivation que celle de raconter une histoire voue un scénario à l'échec.
On ne parle pas ici de l'ambition créatrice, mais de la fonctionnalité du scénario : il ne sert pas à montrer, à expliquer, à argumenter, mais à permettre à une histoire de s'accomplir efficacement.
De cette histoire qui n'existe pas encore, la première apparition ne peut être qu'une perception diffuse : une couleur brutale, une course dans un labyrinthe, une traversée des apparences, une chasse à l'homme, un piège psychologique, une rencontre amoureuse, un climat d'enfance...
Impression qui peut être suffisante pour savoir «où on veut aller», mais qui en soi, est incapable de nous fournir un point de départ concret.
Il faut donc se mettre en posture de trouver le déclic originel, le détail concret qui va entraîner la suite : le bout de laine qu'on se met à tirer, en évitant la précipitation qui risquerait de le casser, pour dérouler peu à peu tout l'écheveau.
Ce démarrage, cet élément fragmentaire qui va favoriser la cristallisation d'une histoire complète, peut être de natures très variées.
Par exemple ?
Un personnage (une femme à l'air traqué, un homme d'affaires en costume cravate qui, d'un air important, tapote sur son ordinateur pour faire une réussite).
Un lieu (un souk d'Istanbul, un square à Paris, un restoroute désert).
Une scène (un attentat dans un restaurant chinois, la prise de Jérusalem au XIe siècle, la première rencontre entre Roméo et Juliette).
Une ambiance (l'expresso matinal à une terrasse de café, l'attente dans un aéroport, une sieste au bord de la mer).
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