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.. Mémoires d'empire : la controverse autour du fait colonial

Couverture du livre Mémoires d'empire : la controverse autour du fait colonial

Auteur : Romain Bertrand

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Politique

Editeur : Ed. du Croquant, Bellecombe-en-Bauges, France

Collection : Savoir-agir

Prix : 18.50 € / 121.35 F

ISBN : 978-2-914968-20-1

GENCOD : 9782914968201

  • Les présentations des éditeurs : 04/10/2006

Cet essai retrace l'histoire des débats et des mobilisations autour de la loi du 23 février 2005 sur le «rôle positif» de la colonisation française, qui a pavé la voie à la montée en puissance du thème des «guerres de mémoire». Il s'interroge à cette fin aussi bien sur les stratégies des députés de la majorité, qui ont voté et défendu ce texte, que sur le discours et les tactiques des organisations militantes qui ont réclamé son abrogation. Revenant en détail sur les relations clientélaires entre les élus et les associations de «rapatriés» d'Algérie, il s'efforce de mettre au jour les processus politiques- non pas exceptionnels mais terriblement ordinaires - qui ont concouru à la "mise en controverse" du "fait colonial". Chemin faisant, il montre de quelle façon l'argument de la «République coloniale» brandi par les indigènes de la République et les associations du mouvement autonome de l'immigration a été dévoyé pour imposer une grille de lecture spécifique des "émeutes urbaines" d'octobre-novembre 2005 - référées non plus à des problèmes concrets d'exclusion et de discrimination appelant une action (et une autocritique) des pouvoirs publics, mais à d'élusifs ressentiments mémoriels. Il dresse de la sorte l'inventaire des mécanismes, et surtout des conséquences, de l'émergence d'un nouvel espace de débat où la "question (post)coloniale" en vient à éluder la "question sociale".

Romain Bertrand est chercheur au Centre d'études et de recherches internationales (CERI-FNSP). Politiste spécialiste de la période coloniale en Asie du Sud-Est, il a notamment publié Indonésie, la démocratie invisible (Paris, Karthata, 2002) et État colonial, noblesse et nationalisme à Java (Paris, Karthala, 2005). Il a également coordonné, avec E. Saada (CNRS-EHESS), le dossier «L'État colonial» (Politix, vol. 17, n° 66, 2004) et co-anime au CERI, avec J.-F. Bayart (CNRS-CERI), le groupe de recherche "Trajectoi­res historiques du politique" qui assure l'organisation du séminaire "État, nation, empire".



  • La revue de presse Jean Birnbaum - Le Monde du 13 octobre 2006

Il n'empêche. Vulgarisée par une littérature "semi-savante" à fort retentissement médiatique, la thèse d'une continuité entre oppression coloniale d'hier et discriminations d'aujourd'hui a fait son chemin. Tout comme la mise en équivalence systématique de l'"immigré" et du "descendant de colonisé", sans que cette équivalence, hasardeuse mais constamment martelée, soit "à aucun moment étayée par une objectivation statistique ou les résultats d'enquêtes sociologiques de terrain". Tant et si bien que le thème d'une supposée "fracture coloniale", qui diviserait en profondeur la société française, a fini par s'imposer, ça et là, contribuant à " établir le domaine de prémisses au sein duquel se meuvent les discours aussi bien des défenseurs que des détracteurs de la loi du 23 février", remarque enfin Romain Bertrand. Jeux de miroirs, puissance des énoncés : à droite comme à gauche, mois après mois, "le rouleau compresseur de la comparaison anachronique" est passé par là. Viendra bientôt le temps de mesurer les dégâts.


  • Les courts extraits de livres : 04/10/2006

L'OAS

L'Organisation armée secrète (OAS) est créée à Madrid en janvier 1961 par le général Raoul Salan et les meneurs des «barricades» de 1960, Pierre Lagaillarde et Jean-Jacques Susini, alors recherchés. L'OAS, qui se donne pour objectif la préservation de «l'Algérie française» et le châtiment des «traîtres» gaullistes, devient active sur le sol algérien à la suite de l'échec du putsch des généraux. «Constellation d'éléments violents se réclamant d'elle sans en être forcément maîtrisés64», l'OAS possède aussi une branche métropolitaine, placée sous la direction du capitaine P. Sergent et du lieutenant J.-M. Curutchet.

De 1961 à 1963, l'OAS commandite plusieurs séries de plasticages et de meurtres, tant en France qu'en Algérie : attentats à la voiture piégée (25 morts à Oran le 28 février 1962, 62 morts à Alger le 2 mai), tueries (préparateurs en pharmacie le 17 mars, femmes de ménage le 5 mai).

Pour éliminer ses ennemis, l'OAS se dote d'une «branche» spécialisée, baptisée du nom de «commandos Delta» et dirigée par le lieutenant Roger Degueldre, déserteur du r REP. C'est à ces «commandos Delta» qu'ont été imputés, par/ois par les juges et souvent par les historiens, l'assassinat le 31 mai 1961 du commissaire central d'Alger Roger Cavoury, l'assassinat le 15 mars 1962 de six enseignants des centres sociaux éducatifs créés par l'ethnologue Germaine Tillion, et les 250 meurtres d'Algériens de la première semaine de mai 1962 à Alger. Au total, l'OAS aurait été responsable de 74 morts et de 394 blessés en métropole et de 2200 morts en Algérie. Elle aurait perpétré près de 13 000 plasticages et plus de 2 500 attentats individuels.


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