Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.
Libraires, partagez vos découvertes.
Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.
Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Auteur : Bernard Pivot
Illustrateur : Alain Bouldouyre
Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Dictionnaires, encyclopédies
Editeur : Plon, Paris, France
Prix : 23.00 € / 150.87 F
ISBN : 978-2-259-19733-5
GENCOD : 9782259197335
Virginie Molina, élève du Cours Florent
Je n'évoque dans ce Dictionnaire amoureux du Vin que ce que je connais, j'aime et qui me passionne. Il y a de l'autobiographie, des lectures, des souvenirs de cuvage, de cave, de table... Voici cependant l'essentiel : le vin, c'est de la culture. La culture de la vigne, mais aussi de la culture pour l'esprit. C'est cette vertu d'un produit universel de consommation que ce livre a l'ambition de rappeler, dans un temps où le vin n'est pas bien considéré. Peut-être s'étonnera-t-on due je parle souvent avec légèreté et amusement d'un sujet qui humecte notre bouche et notre âme ? C'est ma manière de le prendre au sérieux. J'ai le vin gai. Pourquoi mon encre serait-elle acide, revêche ou épaisse ? Il existe une expression qui traduit bien le rôle social du vin dans notre pays : " vin d'honneur ". Ce Dictionnaire amoureux voudrait être un joyeux vin d'honneur. B.P.
Journaliste de presse, de radio et de télévision, Bernard Pivot a animé pendant vingt-huit ans des émissions littéraires sur France 2 : Ouvrez les guillemets, Apostrophes, Bouillon de culture.
Les évocations personnelles sont ce que le Dictionnaire amoureux du vin a de meilleur. Ailleurs, Bernard Pivot a tendance à s'en tenir au signe social qu'accaparent les grandes bouteilles et les crus mythiques. Au risque de passer pour un buveur d'étiquettes, ce qu'il n'est pas lorsqu'il évoque la haute mémoire de Jules Chauvet, négociant-poète et père de la vinification moderne, le premier de sa date à avoir senti la possibilité de libérer les vins des levures exogènes, de la chaptalisation, de la filtration, de l'acide tartrique et de ce maudit soufre qui nous fait tant de mal..
En près de 500 pages, pas un mot abscons ou technique, pas une préciosité, pas une intimidation. Des invitations multiples à pénétrer un univers complexe mais d'accès facile, imprévisible mais plein de bonnes surprises. Ce dictionnaire est rédigé par un amateur ne cherchant que le plaisir et se souvenant avec émotion et gratitude de tout ce que lui a apporté le vin. Il ne songe ni à impressionner le lecteur ni à être exhaustif et nous prévient dès la première page qu'il ne tentera pas de se mesurer aux «érudits pipelets de la pipette». Partiel et partial, c'est un authentique connaisseur, cultivé mais toujours curieux, qui nous guide avec éclectisme et humour, ne nous entretenant que des mots qui l'inspirent parce qu'il les a vécus. Ou bus.
En encyclopédiste, Pivot répond ici très précisément à toutes les questions qu'on ne se pose pas. Qu'est-ce que l'ampélographie ? Pourquoi l'oeuvre du poète arabo-persan Abû-Nuwâs est-elle interdite dans les pays arabes ? Quel est le champagne le plus souvent cité dans les romans français et étrangers ? Y a-t-il un lien entre le Meursault de «l'Etranger», de Camus, et le vin de Meursault ? Quel est le rapport entre la «ronflée» et la «muflée» ? Où Robespierre a-t-il chanté le vin ?
De A comme «A la tienne !» à Z comme «Zinc», Bernard Pivot, titulaire du Mérite agricole et grand officier de la Confrérie du Clos de Vougeot, donne enfin le secret de ses émissions littéraires, et de leur exceptionnelle longévité : «Le vin stimule le bavardage, inspire les confidences, pousse les feux de l'imagination. C'est probablement cette palabre, durant ma jeunesse à Quincié, tandis que j'étais adossé aux foudres et aux barriques, qui m'a donné le goût de la conversation.» Elle se poursuit, joyeuse, dans ce livre fruité qui vieillira bien.
À un sommelier qui m'avait agacé par un discours mirobolant autour d'un vin que nous étions en train de humer et de goûter, et pour lequel il avait repris, semblait-il, la liste des fruits, légumes, épices et fleurs que sa femme avait rapportés du marché le matin même, j'ai dit, après la première gorgée : «Il me semble, cher monsieur, que vous avez oublié le poivron vert.»
Au-delà des surenchères des spécialistes et des excès de langage, il est exact que les bons vins, qui sont la somme de ce que leur apportent les cépages, le terroir, le climat, la vinification, l'assemblage pour certains, l'élevage, le vieillissement, exhalent une extraordinaire variété d'arômes. (On notera au passage la présence logique d'un accent circonflexe sur le o d'arôme, qui représente bien le parfum qui s'élève du cercle de la bonde, du goulot ou du verre.) Un millier de molécules aromatiques - pourquoi, diable, pas de circonflexe sur l'adjectif issu d'arôme ? -, réparties en une demi-douzaine de familles (fleurs, fruits, végétaux, épices, minéraux, animaux, etc.), ont été découvertes par les chimistes depuis les années 1950. Ils les capturent et les identifient à l'aide d'un procédé savant appelé chromotographie. Leur mérite est d'autant plus grand que certaines molécules relèvent presque du soupçon.
On pourrait croire, tant les arômes sont nombreux dans l'universelle variété des vins, que ceux-ci sont un condensé de la Création, le réceptacle magique du foisonnement et de l'hétérogénéité de la nature. Tous les bons vins sont des énigmes plus ou moins complexes. C'est pourquoi la dégustation - de la muqueuse olfactive du nez à la mémoire olfactive du cerveau - est une science pour les professionnels et un jeu pour les amateurs, pour tous une passionnante quête d'identité.
S'il est assez facile de repérer les fruits rouges du gamay, les épices du tokay, les notes de chocolat du Maury, le poivre du Châteauneuf-du-Pape, les fruits exotiques du Gewürztraminer, le coing du Vouvray, etc., la plupart des vins ne se laissent pas deviner aisément. Il y faut de l'odorat, du goût, de l'attention, de la perspicacité, de la mémoire, de l'expérience, du savoir. La saisie des arômes est une activité à la fois gourmande et policière, sensuelle et mentale.
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia