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De chair et d'âme

Couverture du livre De chair et d'âme

Auteur : Boris Cyrulnik

Date de saisie : 17/09/2007

Genre : Psychologie, Psychanalyse

Editeur : O. Jacob, Paris, France

Prix : 21.90 € / 143.65 F

ISBN : 978-2-7381-1841-7

GENCOD : 9782738118417

  • Lettre à mon libraire : 16/09/2008
  • «... J'aime beaucoup la sortie d'un livre, parce que c'est le moment de rencontrer des gens, des libraires et des lecteurs, dans des librairies. D'une part, l'odeur de la librairie est affolante, l'odeur de l'imprimerie. Je ne sais pas pourquoi, mais c'est bouleversant. Peut-être parce que ça rappelle des souvenirs de mon enfance, quand je lisais comme un fou, sous le drap du lit avec une lampe, parce que dans des institutions, on n'avait pas le droit de lire. Beaucoup d'enfants ont fait ça, et ces lectures volées ont donné une sensation de plaisir aux lectures. Puis, à l'adolescence, j'ai failli me faire coller en médecine, parce que je préférais lire qu'étudier la médecine. Et je pense qu'il y a une notion presque d'addiction à la lecture. Et puisqu'il y a des gens qui se font interdire de casino, peut-être faudra-t-il interdire un jour des gens de librairie. Mais je crois qu'il ne faudra surtout pas le faire, parce que c'est un grand bonheur. Quand je vois travailler les libraires, je suis toujours étonné de voir à quel point c'est un métier musculaire. Je croyais que c'était un métier intellectuel, eh bien pas du tout : ils font des poids et haltères avec des tonnes de livres, ils grimpent sur des échelles, et ça explique sûrement leur extrême beauté physique. Je pense que c'est un rôle important, parce que ce sont des médiateurs entre des gens qui veulent écrire et des gens qui veulent lire. Et c'est eux qui donnent cet aspect vivant, c'est eux qui orientent vers certains livres, et c'est eux aussi qui peuvent mettre en éclairage certains livres et mettre à l'ombre d'autres livres. Donc, je pense que c'est une fonction très importante. J'aimerais que cette profession se développe et que l'aspect commercial ne prenne pas le premier plan. J'aime beaucoup bavarder avec les libraires parce qu'ensuite, ils m'expliquent l'envers du décor de la littérature et qu'ils me racontent comment certains auteurs se comportent dans la vie quotidienne. Ce sont des choses à ne pas dire en public, mais je trouve ça très amusant de voir l'envers de la façade de certains grands auteurs, je trouve ça très intéressant. Donc fréquenter les libraires à l'occasion de la sortie d'un livre - et le dernier c'est : De chair et d'âme -, c'est toujours un grand plaisir et un grand moment de bonheur...»

    (Propos recueillis par téléphone)


    Boris Cyrulnik - 25/10/2006


    Emma Barcaroli - 06/02/2007


    • Les présentations des éditeurs : 16/09/2008

    Boris Cyrulnik est neuropsychiatre. Il est aussi directeur d'enseignement à l'université de Toulon. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, qui ont tous été d'immenses succès, notamment Un merveilleux malheur, Les Vilains Petits Canards, Parler d'amour au bord du gouffre.

    «On peut découvrir en soi, et autour de soi, les moyens qui permettent de revenir à la vie et d'aller de l'avant tout en gardant la mémoire de sa blessure.
    Les chemins de vie se situent sur une crête étroite, entre toutes les formes de vulnérabilité.
    Être invulnérable voudrait dire impossible à blesser. La seule protection consiste à éviter les chocs qui détruisent autant qu'à éviter de trop s'en protéger. Chaque âge possède sa force et sa faiblesse et les moments non blessés de l'existence s'expliquent par notre capacité à maîtriser, voire à surmonter, ce qui, en nous, relève, dans un constant remaniement, du biologique, de l'affectif et de l'environnement social et culturel.
    Le bonheur n'est jamais pur. Pourquoi faut-il que, si souvent, une bouffée de bonheur provoque l'angoisse de le perdre ? Sans souffrance, pourrait-on aimer ? Sans angoisse et sans perte affective, aurait-on besoin de sécurité ? Le monde serait fade et nous n'aurions peut-être pas le goût d'y vivre.» B. C.

    Ce livre fonde une nouvelle biologie de l'attachement.

    Il explique pourquoi, pour chacun d'entre nous, la vie est une conquête permanente, jamais fixée d'avance. Ni nos gènes ni notre milieu d'origine ne nous interdisent d'évoluer. Tout reste possible. Un message d'espoir, plein de tendresse et d'humanité.



    • La revue de presse Olivier Delcroix - Le Figaro du 28 décembre 2006

    Son livre veut fonder une «nouvelle biologie de l'attachement», en tenant compte des dernières avancées scientifiques dans le domaine des neurosciences. Et l'on suit avec enthousiasme les raisonnements limpides de ce merveilleux médecin de l'âme qui nous explique pourquoi, pour chacun d'entre nous, la vie est une conquête permanente, jamais jouée d'avance...
    Néanmoins, comme le cerveau est en permanence remanié, «pétri» par les interactions affectives, Cyrulnik affirme que ni nos gènes ni notre milieu d'origine ne nous interdisent d'évoluer. Tout reste donc possible. À ce message d'espoir, plein de tendresse et d'humanité, celui qui écrivit Les Vilains Petits Canards ajoute un autre axiome : «Pour trouver le bonheur, il faut risquer le malheur. Si vous voulez être heureux, il ne faut pas chercher à fuir le malheur à tout prix. Il faut plutôt chercher comment - et grâce à qui - l'on pourra le surmonter.» Quand un jeune cavalier tombe de cheval, la meilleure façon de le guérir de ce «petit traumatisme», est de renfourcher la bête immédiatement.


    • Les courts extraits de livres : 16/09/2008

    La résonance : trait d'union entre l'histoire de l'un et la biologie de l'autre

    Un trait morphologique ou une conduite génétiquement déterminée détermine à son tour les réponses parentales. Mais les répliques adaptatives dépendent de la signification que le parent attribue à ce trait. L'apparence morphologique ou comportementale de l'enfant éveille un souvenir dans l'histoire parentale et cette évocation organise la réponse affective avec laquelle le parent enveloppe son petit. Un segment de réel vibre différemment selon la structure du milieu. Un trait anatomique ou tempéramental, un geste ou une phrase résonnent différemment selon la signification qu'ils prennent dans un esprit et pas dans un autre, dans une culture et pas dans une autre.
    Les jumeaux réalisent des expérimentations naturelles, parfaitement éthiques puisque ce n'est pas l'observateur qui les a construites. Quand madame Deb... a mis au monde ses deux jumelles, elle ne savait pas qu'elles seraient si différentes. Dès les premiers jours, la jeune mère a constaté que l'une était douce et faisait avec ses mains de jolis mouvements de danseuse javanaise, alors que l'autre, vive, fronçait les sourcils et sursautait au moindre bruit. Elle décida d'appeler la danseuse quelque chose comme «Julie la Douce» et la fonceuse, «Giuletta la Vive». Puis elle expliqua à son mari que «Julie la Douce» aurait besoin de plus d'affection que «Giuletta la Vive» qui lui semblait costaude. Le mari accepta cette prédiction qui se réalisa sous forme d'interactions différentes avec chaque bébé. Julie la Douce fut très entourée puisque sa douceur signifiait pour la mère qu'elle avait besoin d'affection, et Giuletta la Vive fut tenue à distance. Un jour, le mari déclara à sa femme qu'il avait l'impression qu'elle ne s'occupait pas de la même manière des deux jumelles. Madame Deb... expliqua que cette différence était nécessaire puisque Julie la Douce était plus vulnérable. Elle ajouta : «Je me vois, moi, petite. Alors je la prends automatiquement dans mes bras... Giuletta est plus forte, elle a moins besoin de moi... Elle me laisse plus d'espace... Quand elle pleure, je lui dis simplement : " Dors. "»


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