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Auteur : Pierre Larousse
Préface : François Graveline
Date de saisie : 10/10/2006
Genre : Sociologie, Société
Editeur : Bleu autour, Saint-Pourçain-sur-Sioule, France
Collection : La petite collection de Bleu autour
Prix : 12.00 € / 78.71 F
ISBN : 978-2-912019-54-7
GENCOD : 9782912019547
Brûlant de tout savoir d'Elle, François Graveline, gamin, dévora les pages que Pierre Larousse consacra au mot Femme dans son Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle (vol. 8, 1872). Rude initiation.
«Les femmes sont d'autant plus passionnées, plus lascives et plus débauchées, qu'elles vivent dans des pays plus chauds»... quand les Polonaises ont une conversation «capable d'enrhumer». Sur les femmes arabes et noires, il lut des horreurs. Toutefois, la cause de l'égalité progressait. Et «les nations les meilleures, lui apprit Fourier, furent toujours celles qui accordèrent aux femmes le plus de liberté». Puis le gamin buta sur de révoltantes théories. «La femme, dit ainsi Proudhon, atteint plus haut que l'homme, mais à condition d'être portée par lui.» Et de réaliser, adulte, que ces théories, ces clichés, ces horreurs avaient la peau dure. Raison de plus pour exhumer ces pages.
Pierre Larousse est né en 1817 à Toucy (Yonne) d'un père forgeron. Après avoir exercé le métier d'instituteur, puis suivi, huit années durant, les cours de la Sorbonne, du Collège de France, du Muséum et de l'Observatoire, il a conçu une méthode et des ouvrages pédagogiques. En 1852, il a fondé avec Augustin Boyer la maison d'édition Larousse, sous couvert de laquelle il a amorcé en 1863 ta publication du Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, en s'entourant d'une pléiade de collaborateurs. L'entrée femme, reprise dans le présent ouvrage, est comprise dans te volume 8 (FAB-GYZ), paru en 1872. Les derniers volumes du Grand Dictionnaire de Pierre Larousse ont paru peu après sa mort, en 1875 à Paris.
Extrait de la préface de François Graveline :
Mais l'heure tournait plus vite que les pages. Je n'avais lu - déchiffré à vrai dire, tant les caractères étaient petits pour mes yeux et les mots grands pour mon esprit - qu'à peine deux colonnes. La nuit ne serait jamais assez longue pour assouvir mon désir de savoir, pour connaître la femme. Un craquement du plancher me fit craindre d'être surpris, j'éteignis la lampe, fis semblant de dormir, masquant tant bien que mal le dictionnaire. Le calme revenu dans mon coeur, je me levai et rangeai le gros volume parmi ses frères. Ainsi se passa la première des mille et une nuits de ma préadolescence. Je n'avais pas trouvé ce que je cherchais, pas encore, mais j'avais découvert la surprise et la patience, les essences de la vie. Dès le lendemain soir, je recommençai ce qui allait devenir un rituel. Je fis du Larousse mon copain de chambrée, ignoré de tous et fidèle. Tout ce temps, il tint scrupuleusement sa langue qu'il avait volubile, précise et châtiée, je ne fus jamais pris. A la réflexion, mes parents n'étaient peut-être pas dupes, trop heureux sans doute que leur fils s'adonnât à «ce vice impuni», fût-ce pour la femme. Aujourd'hui, rien n'a changé, je vis avec ma femme et mes livres.
La seconde nuit s'annonçait brûlante.
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