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En évoquant ses années d'adolescence, partagées entre le pensionnat au collège de Saint-Gaudens et la modeste ferme de ses grands-parents où, très tôt, il participe aux travaux des champs, l'auteur nous invite à découvrir la vie d'un village d'environ 600 habitants, situé dans le Piémont pyrénéen de la Haute-Garonne, qui surgit du passé avec sa vie rurale quotidienne à l'ancienne et son bilinguisme français - patois, plus exactement français - gascon.
Les courts extraits de livres : 11/10/2006
En remontant le passé
Le Mane des années quarante, où se place le coeur de mon récit, comptait environ six cents habitants dont une majorité de petits paysans. Tous les métiers de l'artisanat y étaient représentés ; il y avait un maréchal-ferrant, un charron, deux menuisiers, un cordonnier, un boulanger, deux bouchers, sans oublier le bâtiment. Les ouvriers, assez nombreux, étaient occupés dans les petites entreprises de la région, notamment dans les salines à deux kilomètres de là.
Le village était alors une oasis de calme champêtre. L'air y était salubre car la guerre et l'Occupation avaient raréfié le trafic. Les voitures particulières avaient quasiment disparu ; seuls passaient, à de longs intervalles, quelques camions et autobus qui fonctionnaient au gazogène et roulaient à faible allure. La départementale 117 appartenait aux bêtes et aux gens. Le silence n'était troublé que par les aboiements des chiens qui accompagnaient les troupeaux au pâturage, le chant des coqs dans les basses-cours, le grincement des roues d une charrette et la discrète animation des fermes. À la belle saison, après le repas du soir, on mettait sa chaise sur le trottoir, devant sa porte, et on bavardait avec les gens d'en face ou d'à côté, en prenant le frais, jusqu'à une heure avancée. Certains avaient installé un banc de bois bien confortable et invitaient le passant à s'asseoir pour un brin de causette. Je me souviens dune vieille paysanne qui épluchait ses légumes pour la soupe de midi, assise sur les marches du seuil de sa porte, et qui interpellait quiconque passait devant elle.