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Nelly, née dans les années trente en pays héraultais, en Languedoc, raconte son enfance ses amours, ses voyages. A travers des anecdotes tendres ou drôles, elle nous brosse le portrait de personnages forts et attachants comme sa mémé-jardin, son grand-père Tonin, des méridionaux au verbe haut, aux sentiments parfois violents mais pleins d'humanité. Elle nous fait revivre les vendanges d'antan ou les soirées d'été au café de la Placette et nous emmène dans ses périples tout autour de la Méditerranée, nous raconte sa passion exotique, mais c'est toujours son littoral, sa colline la Gardiole qui lui reste au coeur et pour laquelle elle nous livre un hommage ensoleillé.
Née en 1962 à Fabrègues, un village du Languedoc, à quelques kilomètres de Montpellier, Béatrice Bourrier a rejoint l'entreprise familiale de bus et tourisme après une maîtrise de droit. Ecrivant parallèlement à son activité professionnelle, elle fut remarquée en 1999 au cinquième salon du livre de Pamiers où elle a obtenu une mention spéciale et le prix des Libraires. En 2002, c'est à l'occasion du concours littéraire du Pays d'Olmes, pour le prix de la Nouvelle qu'elle est remarquée. Collines au crépuscule est son premier roman.
Les courts extraits de livres : 11/10/2006
À douze ans déjà, l'école n'était plus pour elle qu'un souvenir. Levée à l'aube, elle préparait l'oignon et la tranche de lard sur le pain pour le déjeuner du pape puis partait aider son père à la vigne.
C'était de la bonne petite, solide et courageuse. Mais dans ses beaux yeux myosotis, limpides comme le jaillissement d'une source, y avait une ombre au fond. Pareille à un morceau de viande en train de pourrir dans l'eau claire du puits.
C'est de sa mère morte de bonne heure qu'elle gardait ça enfoui dans elle. Et quelques autres choses, mais là, de bien moins de valeur encore. Si ce n'est un sautoir au bout duquel pendait un médaillon d'argent avec la photo maternelle dedans. Plus tard elle me l'offrit.
C'était la veille de ma communion solennelle et je l'ai encore aujourd'hui autour du cou.
Ma même avait bien vite appris que l'eau qui coule sur les joues, ça sale la peau et ça sert pas à grand-chose. Alors, un jour après l'autre, ça s'était passé ! Elle n'avait personne à qui parler, pauvrette; son père, son grand-père étaient certainement de braves hommes, mais pour soulager une petite fille qui demande la maman, ils savaient pas, ils avaient vergogne. Elle aurait eu bien besoin du sein gras de la mère, des caresses et des mots doux comme le miel, mais bon... Se sachant malgré tout aimée, elle s'était habituée. Et comme sa nature la portait plutôt vers la vie à la coule, ma mémé-jardin garda, toute son existence durant, une bonne humeur volontairement vissée à ses tripes.