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Auteur : André Maréchal
Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Cheminements, Turquant, France
Collection : Gens d'ici
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-84478-500-8
GENCOD : 9782844785008
A travers Enfant de la Louve, André Maréchal lève le voile jeté sur son enfance, l'enfance d'un orphelin dans cette période de l'«entre-deux-guerres» où rien n'était facile, et où tout était possible.
A l'ombre de la Louve, surnom donné à l'usine qui rythme la vie des habitants, l'auteur nous invite à découvrir un quotidien révolu, par petites touches où l'humour est toujours présent.
De son enfance, marquée par la disparition de son père quand il avait sept ans, à son entrée dans la Louve, André Maréchal rend également un vibrant hommage à sa mère qui dut assumer seule la charge de la famille.
De personnages qui ont marqué son enfance, comme le maître d'école ou le curé, en descriptions, l'auteur nous entraîne dans cette époque où la sidérurgie était un secteur de pointe de la région.
La louve qui m'a prise enfant
Avait du feu dans ses prunelles,
Du laitier dans ses mamelles,
Et de la fonte dans son flanc.
Elle régnait sur la vallée,
Hurlait, soufflait, grinçait des dents,
Blessait l'homme en le nourrissant.
Le temps présent l'a terrassée
Anne Blanchot Philippi
André Maréchal est né en 1922 à l'époque d'une sidérurgie flamboyante, forte de la reconstruction du pays lorrain détruit par la «Grande Guerre». Orphelin de père à l'âge de 7 ans, il grandit à la porte de l'Usine, et y fera une brillante carrière. Devenu une personnalité de Longwy, premier adjoint au maire de la ville, nul mieux que lui ne peut nous montrer l'enfance d'un garçon nourri et élevé par la «Louve», nom que les sidérurgistes ont donné jadis à l'Usine.
Les droits d'auteur de ce livre sont versés à l'association «Les Amis du Vieux Longwy et du Pays-Haut», pour son action de conservation du patrimoine et des souvenirs longoviciens.
NAISSANCE MOUVEMENTÉE
Je ne suis pour rien dans les circonstances qui me valurent de naître dans le milieu de la haute bourgeoisie, et s'il m'arrive d'en faire état, ce n'est pas pour en tirer vanité, ce qui serait puéril, mais tout bêtement parce qu'étant né en territoire luxembourgeois d'une mère française et d'un père encore belge, je fus naturalisé français avec lui par décret signé Gaston Doumergue en date du 7 août 1928 attesté par un document en un seul exemplaire que je dois toujours présenter en cas de besoin sous peine de perdre ma nationalité d'adoption par père interposé.
C'est ce qui risqua de m'arriver le jour où, fraîchement démobilisé, je m'en fus au commissariat de police de Saint-Cloud pour une carte d'identité avec en main mon livret militaire attestant mes faits de guerre dans les rangs du 23e régiment d'infanterie coloniale et notre tout frais livret de famille précisant que j'étais né en terre étrangère. Je ne pouvais donc prétendre à la nationalité française que sur présentation du précieux document dont je ne savais ce qu'il était devenu. Dura lex, Sed lex. Ma mère qui l'avait précieusement conservé me le fit parvenir et c'est, ma carte d'identité en poche, que je retrouvai la paix intérieure de tout citoyen en règle avec la République française, une et indivisible.
Ma naissance chez le baron fut, dans les faits, due à une circonstance assez particulière. À cette époque, mes parents habitaient Damvillers, gros village proche de Verdun, où mon père émigré de sa Belgique natale était venu s'établir pour exercer son honorable métier de couvreur-zingueur-plombier, le travail ne manquant pas dans cette région qui avait beaucoup souffert des affres de la guerre comme nul n'en ignorait il n'y a pas très longtemps encore. Tout devait donc se passer comme en ces temps où les maternités n'existaient pas et j'aurais dû naître à domicile avec le concours éclairé de la sage-femme locale, officiante patentée des accouchements dans la douleur, la famille ayant pour mission de pourvoir à la préparation de la bassine d'eau tiède sur le bord de la cuisinière et à la fourniture de savon de Marseille, serviettes et autres langes pour l'emballage du nouveau-né.
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