Recherche






Recherche multi-critères

Participez à la vie du site

Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.

Libraires, partagez vos découvertes.

Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.

Application pour iPhone

Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.

Le Choix des Libraires sur iDevice

.. Les réseaux de correspondance à l'âge classique : 16e-18e siècle

Couverture du livre Les réseaux de correspondance à l'âge classique : 16e-18e siècle

Auteur : Pierre-Yves Beaurepaire | Jens Häseler | Antony McKenna

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Histoire

Editeur : Publications de l'Université de Saint-Etienne, Saint-Etienne, France

Prix : 40.00 € / 262.38 F

ISBN : 978-2-86272-410-2

GENCOD : 9782862724102

  • Les présentations des éditeurs : 11/10/2006

Ce volume regroupe les contributions de deux colloques consacrés aux réseaux de correspondance à l'âge classique (XVIe-XVIIIe siècle). L'accent y est mis sur l'entrée de l'individu dans un réseau de relations aux fonctions diverses, qui donnent un sens et un «poids» sociaux aux actes individuels.
Le réseau des relations familiales constitue souvent le premier cercle, pour ainsi dire, au moyen duquel le sujet s'identifie et fait son entrée en société. Ce premier cercle s'entoure - ou se lézarde - ensuite selon les intérêts et les appartenances diverses de ses membres et met le sujet en contact avec des réseaux plus vastes et aux contours plus incertains : réseaux de coreligionnaires, réseaux des institutions d'éducation, réseaux de protection et de mécénat, réseaux politiques, financiers, commerciaux, scientifiques, littéraires et culturels... C'est souvent inconsciemment que le sujet entre dans un réseau : ses affinités ou ses intérêts immédiats déterminent ses relations directes, et ce n'est que par la suite que la logique sociale de cette démarche se découvre. Ses relations et donc ses démarches personnelles prennent ainsi un autre sens, lui font accéder à un ensemble complexe de relations, structurées selon une logique qui n'est pas la sienne. Nous le suivons pas à pas et faisons de lui le centre de nos préoccupations, mais nous constatons qu'il n'est plus désormais le centre du réseau auquel il appartient. La logique et le sens de sa vie sociale s'appuient désormais sur l'identité «interrelationnelle» des réseaux auxquels il participe. Et l'évolution de ces réseaux sera déterminée par leur structure interne aussi bien que par l'infrastructure politique, économique, sociale et culturelle... et les péripéties des événements sociaux qui conditionnent leur existence. Les réseaux distincts et l'imbrication des différents réseaux deviennent ainsi des instruments utiles pour analyser la complexité de l'espace social : les manières dont l'individu s'identifie par rapport aux groupes et aux milieux auxquels il appartient, et les façons dont ces groupes et ces milieux imposent à l'individu leurs conventions et leurs contraintes et lui confèrent son identité sociale. La découverte des réseaux peut ainsi fonder l'étude sociologique d'un itinéraire individuel et des relations sociales qui le définissent. Nous assistons à la diversification et à l'imbrication complexe des réseaux qui définissent l'espace social à l'âge classique.


  • Les courts extraits de livres : 11/10/2006

Extrait de l'introduction de Jens Häseler et Antony McKenna :

Voltaire, dont le réseau de Ferney est analysé ici par Christophe Cave, est précisément un de ces connaisseurs, et il connaît parfaitement, de surcroît, l'importance et les fonctions potentielles des réseaux. Son propre réseau est présenté ici comme «un rare exemple d'occupation concertée de l'espace social parisien et européen». Installé à Ferney, Voltaire configure son réseau en prenant appui sur toute une série de réseaux sociaux constitués (salons, groupes de pouvoir tels que philosophes, ou gens proches de la cour). Le but, affirme Christophe Cave, en s'appuyant sur les travaux de R. Kosellek, est de négocier une position d'indépendance relative en faisant jouer les dépendances les unes par rapport aux autres, de garder le contrôle de l'image, mais inversement d'attribuer à tout le réseau une fonction essentielle et structurante, qui en fait un système, polarisé par le prosélytisme du combat philosophique. Le réseau voltairien est ainsi constitué consciemment au service du grand homme : les institutions qui envahissaient l'espace public deviennent ici, paradoxalement, les instruments d'un réseau personnel et d'un combat auquel l'hôte de Ferney s'identifie et veut être identifié dans l'opinion publique.
Le réseau de La Beaumelle, ennemi farouche de Voltaire, fait l'objet d'une analyse à la loupe par Hubert Bost, qui, en collaboration avec Claude Lauriol, s'est attaché à assurer l'édition critique de sa correspondance. La première fonction que La Beaumelle assigne à son réseau est sa propre survie : il faut trouver un poste, il faut jouer des contacts des uns et des autres pour se faire présenter à un employeur potentiel. Lorsque La Beaumelle quitte Genève pour le Danemark en 1747, il emporte avec lui les témoignages de l'efficacité de son réseau sur ce plan élémentaire : il a en poche le certificat de ses professeurs à l'Académie de Genève, celui des autorités politiques de Genève, un passeport franc-maçon et une recommandation auprès des princes de Hesse-Cassel. Mais sur le plan des idées aussi, sa correspondance joue un rôle important dans sa réflexion sur la légitimité des «assemblées du Désert» et sur la nature de l'éloquence de la chaire. La Beaumelle suit son chemin particulier, mais - comme Bayle avant lui - il fréquente à Genève le réseau de l'Académie, constitué des réseaux des professeurs et des proposants, un réseau vital pour les huguenots dans la France d'après la Révocation.


Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia