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.. L'enseignement professionnel et la formation technique : (du XIXe siècle au milieu du XXe siècle)

Couverture du livre L'enseignement professionnel et la formation technique : (du XIXe siècle au milieu du XXe siècle)

Auteur : Brigitte Carrier-Reynaud

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Education, Pédagogie

Editeur : Publications de l'Université de Saint-Etienne, Saint-Etienne, France

Collection : Cahiers de l'IERP

Prix : 23.00 € / 150.87 F

ISBN : 978-2-86272-423-2

GENCOD : 9782862724232

  • Les présentations des éditeurs : 11/10/2006

L'industrie française, tout au long de son histoire, a mobilisé des savoirs et des savoir-faire techniques et professionnels diversifiés. La question de la main-d'oeuvre, de ses compétences, de sa formation, est donc au coeur de l'histoire de l'industrialisation, dans sa dimension tant économique que sociale. Comment et où les travailleurs, de l'ouvrier à l'ingénieur, en passant par le contremaître, ont-ils appris leur métier ? Avec quelles ambitions et pour satisfaire quels types de demandes de la part des entreprises ? Quelle fut la part des Pouvoirs Publics et celle des organisations ouvrières ou patronales dans la mise en place d'une offre de formation ? Telles sont quelques-unes des questions abordées dans cet ouvrage, qui rassemble les contributions présentées dans le cadre d'un séminaire de l'École doctorale de l'Université de Saint-Etienne. A travers la diversité des thèmes, des périodes et des régions abordés, les auteurs dressent un état des lieux des recherches en cours, et alimentent une réflexion toujours d'actualité sur la relation des hommes au travail.


  • Les courts extraits de livres : 11/10/2006

1. Le financement

Sous l'Ancien Régime, l'École était presque intégralement financée par un système de souscriptions effectuées par des personnes privées, appelées fon­dateurs : des aristocrates, des bourgeois, mais aussi les communautés d'arts et métiers ou les membres de la famille royale, versaient à l'École une «fondation», sorte de cotisation qui leur donnait le droit d'y placer un élève de leur choix. Ce dernier recevait alors gratuitement les fournitures nécessaires à l'étude du dessin. Mais la suppression des corporations puis l'émigration des aristocrates sous la Révolution la privent d'une bonne partie de ses revenus. Aussi l'Assemblée nationale décide-t-elle en 1790 de lui accorder une subvention annuelle de 15600 livres (portée à 17000 livres en 1793) afin d'assurer sa survie. La loi sur l'instruction publique du 11 floréal an X (1er mai 1802) en fait ensuite l'une des quatre «écoles des arts du dessin» avec celles de Dijon, Toulouse et Lyon5, confirmant ainsi son caractère national.
Au début du XIXe siècle, l'École est donc sous la tutelle de l'État qui rétribue le personnel (directeur, professeurs, employés) et assure l'entretien des bâtiments6. On peut alors distinguer deux périodes. Jusqu'à la fin des années 1840, la contribution annuelle de l'État connaît une lente progression : entre 17000 et 19000 francs sous l'Empire, 20000 francs sous la Restauration, 22 000 francs à partir de 1839. À titre de comparaison, l'école de dessin de Dijon, dont le statut est relativement similaire reçoit du ministère de l'Intérieur une subvention de 9 600 francs à la même époque, mais il est vrai qu'elle accueille deux fois moins d'élèves7. Le Second Empire se fait plus généreux, avec une subvention annuelle qui atteint 27000 francs en 1855 puis environ 40000 francs au début des années 1860. Cette montée en puissance après 1850 traduit l'intérêt particulier porté alors par le ministère de tutelle pour les «beaux-arts appliqués à l'industrie». Elle correspond également à une affirmation résolue de la vocation nationale de l'établissement, à un moment où la compétition économique avec l'Angleterre est avivée par les expositions universelles de Londres (1851) et Paris (1855), ainsi que par le traité de commerce de 1860.


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