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.. Empan, n° 62. Signaler, prévenir, réprimer : necessités et dérives

Couverture du livre Empan, n° 62. Signaler, prévenir, réprimer : necessités et dérives

Auteur : Paule Amiel | Rémy Puyuelo

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Société Problèmes et services sociaux

Editeur : Erès, Toulouse, France

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 978-2-7492-0600-4

GENCOD : 9782749206004

  • Les présentations des éditeurs : 11/10/2006

Poser la question du signalement, c'est interroger le rapport qu'entretient le sujet avec la société. C'est, en premier lieu, poser le devenir de l'être vulnérable. Pourquoi et que signaler ? L'inceste et l'incestuel sont au coeur de cette problématique. Mais la législation lui confère un trajet particulier, suivant qu'il s'agit d'enfants, de personnes âgées, de malades mentaux, de personnes en recherche d'emplois... Le signalement traverse tout le champ sociétal qui n'en finit pas de développer des stratégies d'autant plus que le lien social est défaillant. Médias, téléphone, télévision, internet... les véhiculent, mettant en perspective l'intime, le privé, le public... Le signalement a une fonction de vigilance, de prévention, de protection et de répression. Il peut aussi devenir délation suivant les contextes. Il en va de la liberté des personnes et de l'Ethique.

TABLE DES MATIERES

Éditorial
Rémy Puyuelo

Signaler, prévenir, réprimer.
Nécessités et dérives
Dossier coordonné par Paule Amiel, Rémy Puyuelo

Introduction
Paule Amiel, Rémy Puyuelo

Points de vue juridiques, sociaux et cliniques
Aspects juridiques du signalement
Chrystel Cazaux

Famille et signalement : approche historique
Marceline Gabel

Signalement : maltraitance ?
Claire Neirinck

Le signalement : parcours et obstacles
Michel Chapponnais

L'incestuel
Paul-Claude Racamier

L'enfant abusé : entre clinique et juridique
Francis Ratier

La transparence du signalement : le temps de la croyance
Catherine Amoyal-Faruch

Regards de professionnels de l'enfance
La pensée maltraitée
Fanny Delon

Corps en danger et pédiatrie
Michel Vignes

Une psychologue à l'Hôpital des enfants
Josiane Périssé

Comment et à qui, mais surtout pourquoi et quoi signaler ?
Jean-Luc Duquesne

Pédopsychiatrie et enfance en danger
Michel Ruel

Ni indic, ni complice. L'éducateur face au signalement : une question de place.
Y répondre avec Hannah Arendt
Philippe Heim, Monique Pinel Sablayrolles

Jugement : un nouveau regard
Josian Cayuela

Signaler, est-ce protéger ?
Martine Leconte-Volpert, Paule Legendre, Janine Roy

Ouvertures
Un collectif d'action et de prévention pour la petite enfance : le cappe
Régine Calazel, Jacqueline Peyrannes, Halim Ghezal

De la maltraitance à la bienveillance institutionnelle
Nathalie Chapon-Crouzet

Le blog : outil éducatif ?
Josian Cayuela

La conférence familiale : devenir acteur de sa vie
Hélène Daatselaar

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À propos des châteaux de l'abbé Plaquevent
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  • Les courts extraits de livres : 11/10/2006

Après avoir été quelque peu affaiblis tout au long du Moyen Âge, l'autorité paternelle et le pouvoir de coercition qui y est attaché se ren­forcent à partir du XVIe siècle. On y voit là le retour de la monarchie absolue. Le garde des Sceaux Guillaume du Vair écrit que «nous devons tenir nos pères comme des dieux sur terre» et Jean Bodin va jusqu'à réclamer le réta­blissement du droit de mort du père sur ses enfants. Sans aller jusque-là, les pères retrou­vent alors la plus grande partie des droits accor­dés par les anciennes lois romaines. La puissance paternelle s'étend non seulement aux enfants mais aux petits-enfants et à toutes les générations qui suivent.
La Révolution met en avant l'égalité des membres de la famille et, à propos des enfants, assure que «la voix impérieuse de la raison s'est fait entendre ; elle a dit : il n'y a plus de puissance paternelle... Surveillance et protec­tion, voilà les droits des parents».
Le Consulat fait par nécessité un premier pas en arrière en reconnaissant la puissance paternelle, «droit fondé par la nature et confirmé par la loi». L'ordre des familles est maintenu mais des limites à la puissance paternelle empêchent un retour à la patria potestas du droit romain.
Petit à petit, à partir de Napoléon et avec la rédaction du Code civil, même si la place et les pouvoirs du père de famille gardent leur impor­tance, l'État va assumer des fonctions qui étaient auparavant dévolues au père de famille. En perdant la responsabilité de fonctions impor­tantes comme l'éducation ou la surveillance sanitaire au profit de l'État, le père de famille va également perdre son pouvoir absolu sur ses enfants.
La place de l'enfant dans la société et la protec­tion qu'il est en droit d'attendre des adultes restent cependant une «invention» du XXe siècle. En effet, jusqu'aux premières lois sur le travail des enfants, ceux-ci constituaient une grande partie de la main-d'oeuvre. Dans les régions rurales, les enfants étaient employés aux travaux des champs, alors que dans les villes ils travaillaient avec leur père, apprenaient son métier et reprenaient ainsi son activité. La révo­lution industrielle a également été grande utili­satrice d'enfants. Le travail dans les mines et en usine a longtemps été exécuté par de très jeunes enfants. Dans les mines, leur petite taille leur permettait d'atteindre les galeries les plus étroites ; dans les usines, ils effectuaient les emplois ne nécessitant pas de formation parti­culière. Leur statut était souvent moins favo­rable que celui des adultes. Ils effectuaient en effet les mêmes horaires mais percevaient une rémunération moindre.


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