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Le combat d'hiver est celui de quatre adolescents, évadés de leur orphelinat-prison, pour reprendre la lutte perdue par leurs parents, quinze ans plus tôt.
Ont-ils la moindre chance d'échapper aux terribles «hommes-chiens» lancés à leur poursuite dans les montagnes glacées ? Pourront-ils compter sur l'aide généreuse du «peuple-cheval» ? Survivront-ils à la barbarie des jeux du cirque réinventés par la Phalange ?
Leur combat, hymne grandiose au courage et à la liberté, est de ceux qu'on dit perdus d'avance. Et pourtant.
La puissance et la grâce d'une grande aventure signée Jean-Claude Mourlevat
Les courts extraits de livres : 15/10/2006
Le «Ciel» ne méritait pas son nom. Loin d'être perché dans les hauteurs, ce cachot se trouvait sous les caves elles-mêmes. On y accédait depuis le réfectoire par la spirale serrée d'un long escalier aux marches ruisselantes d'eau froide. La pièce mesurait deux mètres sur trois environ. Les murs et le sol puaient la terre moisie. Quand la porte se refermait sur vous, il ne restait qu'à chercher à tâtons la couchette de bois, à s'asseoir dessus ou à s'allonger, et à attendre. On se retrouvait seule avec soi-même, dans l'obscurité et le silence, pendant des heures. Il se disait qu'en entrant il fallait vite lever les yeux vers le haut du mur opposé à la porte. Sur la poutre, quelqu'un avait peint un ciel. Un bout de ciel bleu avec des nuages blancs. Si on arrivait à l'apercevoir, ne serait-ce qu'une seconde, avant que la porte ne se referme, alors on trouvait la force de mieux supporter l'obscurité et de ne pas désespérer. Voilà pourquoi on nommait cet endroit le «Ciel» et pourquoi on redoutait tant d'y être envoyée, ou même, sans l'avoir voulu, d'y envoyer quelqu'un.
- Dans tous les cas, poursuivit la Zesch, vous ratez le repas du soir, vous y avez pensé ?
- Oui, répondit Helen pour les deux.
- Alors allez-y, conclut la surveillante.
Elle écrivit la date et l'heure de leur sortie sur les cartes des jeunes filles, y donna un coup de tampon et se désintéressa d'elles.