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Auteur : Nadia Volf
Date de saisie : 10/11/2006
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : XO, Paris, France
Prix : 19.90 € / 130.54 F
ISBN : 978-2-84563-310-0
GENCOD : 9782845633100
Charlotte Etasse - 20/10/2006
Russe et juive, médecin, visionnaire. Une aventure humaine hors du commun.
Nadia est née en 1961 à Saint-Pétersbourg, avec une seule passion, ou plus exactement une raison de vivre : soigner. Major de la faculté de médecine de Leningrad, spécialisée en neurologie, elle est nommée professeur à 26 ans. Un parcours exceptionnel.
Or Nadia est juive. Médecin de quartier on l'aurait supportée, mais professeur, chef de service ? Non. On lui refuse un poste, on la menace, les pressions du KGB sont incessantes.
Alors elle fuit. Avec Leonid, son mari, et leur fils de 5 ans, caché dans le coffre de la voiture, ils partent dans le plus grand secret. Leur destination : la France.
Nous sommes dans les années 90, ils sont médecins tous les deux, et pourtant ils vont manquer mourir de faim dans un foyer. Mais grâce à la main tendue par des gens formidables, Nadia emballe son destin : elle travaille dur, apprend en trois mois assez de français pour repasser ses diplômes, et très vite les patients affluent convaincus par sa compétence...
Aujourd'hui, elle est un médecin très réputé, qui soigne jour et nuit, et mène des recherches prometteuses. Ce pour quoi elle est née, ce dont elle avait rêvé.
La France a été pour Nadia et les siens une Terre promise.
Nadia Volf est docteur en médecine, docteur es sciences, agrégée en neuropharmacologie de l'université de Leningrad, diplômée interuniversitaire d'acupuncture de la faculté de médecine de Montpellier.
«C'est décidé, je demande l'asile politique à Monoprix !» Non, il ne s'agit pas du cri de guerre de l'acheteuse compulsive. C'est l'élan du docteur Nadia Volf, découvrant Paris, et donc Monop, après avoir quitté Leningrad traquée par le KGB... Adolescente, elle se découvre une vocation : devenir médecin acupuncteur.... Elle mène des recherches visionnaires sur les effets de l'acupuncture et veut exercer la médecine : un pinacle dans l'inacceptable. Bientôt surveillée, puis arrêtée, elle sera poursuivie par le KGB jusqu'en Finlande, où elle tente de fuir avec sa famille... Avec «J'ai choisi la liberté», toujours aux éditions XO, on découvre le versant autobiographique de celle que ses patients appellent «la magicienne».
Petite Lisa
Il n'y avait pas de place pour un enfant dans la vie de mes parents. Je n'étais pas voulue, et je dois la vie à la gynécologue de ma mère qui l'a volontairement induite en erreur. Maman était venue la voir pour interrompre sa grossesse, et cette femme, qui était son amie, lui a fait croire qu'elle avait dépassé le délai légal de neuf semaines. Ma mère avait déjà trente-cinq ans cette année-là, et, comme elle le lui avouera par la suite, son amie a pensé que j'étais sans doute sa dernière chance d'enfanter un jour.
Jusqu'à quel point un enfant pressent-il qu'il n'a pas été attendu, espéré ? Je ne sais pas. Mais aussi loin que je remonte, il me semble que je vis dans la hantise de décevoir mes parents, dans la nécessité de relever tous les défis possibles, comme si je devais sans cesse justifier ma présence.
Vingt-huit ans plus tard, quand nous connaîtrons l'exil et que nous nous retrouverons durant quelques mois à la charge de familles françaises, j'aurai le sentiment de retraverser les brumes de mon enfance, me surprenant à supplier tout bas qu'on veuille bien me pardonner d'exister, et cherchant désespérément le moyen d'acquitter ma dette.
Je peux me figurer le bouleversement qu'a dû représenter mon arrivée pour mes parents. Cette année 1961, ils partagent une pièce de neuf mètres carrés dans un appartement communautaire de la perspective Nevski où habitent quatorze autres familles. On fait la queue pour la cuisine, pour les toilettes, pour la salle de bains... Maman est médecin, elle dirige un laboratoire de recherche. Papa termine un doctorat de chimie. Ce sont deux intellectuels, et ils n'ont pour travailler que cette cellule minuscule où tiennent un lit, une armoire et un petit bureau qu'ils se partagent.
Je viens au monde le 1er décembre 1961, avec quelques semaines d'avance sur la date prévue, de sorte que je ne pèse pas plus de deux kilos. Mon père a présenté sa thèse de doctorat la veille, le jury l'a chaudement félicité, si bien qu'ensuite tout le monde a bu, mangé, chanté, jusque tard dans la nuit. Je ne sais pas si ma mère a dansé, mais elle a participé à la fête, ça oui, cachant son gros ventre sous une ample robe et un pull de laine. Le lendemain matin, elle s'est sentie très mal, elle a cru que c'était la soirée, mais c'était moi.
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