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.. Odette Toulemonde : et autres histoires

Couverture du livre Odette Toulemonde : et autres histoires

Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt

Date de saisie : 04/11/2006

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-226-17362-1

GENCOD : 9782226173621

Sorti le : 04/11/2006

  • Le courrier des auteurs : 19/05/2007

«... Pour moi, la libraire, c'est comme l'escalier quand on a rendez-vous au dernier étage, c'est-à-dire que la libraire, c'est l'endroit où le désir monte et où on sent que tout va être possible. Après, on va s'enfermer dans la chambre où le rendez-vous est possible et là, va se passer autre chose. Pour moi, les librairies sont vraiment un vaste lieu de désir, un vaste lieu d'attente, où on se met à souhaiter lire tel livre, à souhaiter plonger dans telle histoire. Alors évidemment, le libraire a une fonction, et il doit être très habile par rapport au lecteur qui vagabonde chez lui. À la fois, il faut laisser le lecteur libre parce que certains ne se font pas dicter leur désir. Et puis en même temps, il faut parfois peut-être l'orienter vers ce qu'on imagine qui va lui plaire. Moi, je dois beaucoup à des libraires, d'abord comme lecteur et ensuite, comme écrivain. Je dois beaucoup aux libraires comme lecteur parce qu'ils me conseillent des livres. Je crois que je ne résiste jamais aux conseils d'un libraire. Ce sont des gens qui lisent véritablement, ce ne sont pas des gens qui parlent des livres sans les avoir lus, à la différence peut-être d'une grande partie du milieu journalistique, et on sent qu'il y a un rapport réel avec le livre, qui fonde le discours. Et puis, je dois beaucoup aux libraires comme écrivain, parce que j'ai été souvent choisi par les libraires et mis en avant chez les libraires. Et je crois que ce rôle qu'ils ont de conseil désintéressé - c'est-à-dire qu'ils s'adressent au plaisir des lecteurs, ils s'adressent au plaisir de la lecture, ils n'obéissent pas à des diktats soit idéologiques, soit politiques, soit à des diktats de la mode -, ce rôle d'intermédiaire est important. C'est d'autant plus frappant en France par rapport à d'autres pays, puisque j'ai la chance de voir mes livres paraître dans des tas de pays. La librairie existe véritablement en France comme un lieu où il y a des consciences vigilantes qui sont les libraires qui lisent et qui parlent aux clients. Ils ne vendent pas des livres comme ils vendraient des choses indifférentes ; ils les vendent avec passion. La librairie est vraiment le vestibule des plus grandes histoires...»

(Propos recueillis par téléphone)


Eric-Emmanuel Schmitt - 02/11/2006


  • Les présentations des éditeurs : 02/11/2006

«Cher monsieur Balsan,

Je n'écris jamais car, si j'ai de l'orthographe, je n'ai pas de poésie. Or, il me faudrait beaucoup de poésie pour vous raconter l'importance que vous avez pour moi. En fait, je vous dois la vie. Sans vous, je me serais tuée vingt fois.

Odette»


La vie a tout offert à l'écrivain Balthazar Balsan et rien à Odette Toulemonde. Pourtant, c'est elle qui est heureuse. Lui pas. Leur rencontre fortuite va bouleverser leurs existences.
Huit récits, huit femmes, huit histoires d'amour. De la petite vendeuse à la milliardaire implacable, de la trentenaire désabusée à une mystérieuse princesse aux pieds nus en passant par des maris ambigus, des amants lâches et des mères en mal de filles, c'est une galerie de personnages inoubliables qu'Eric-Emmanuel Schmitt poursuit avec tendresse dans leur quête du bonheur


  • Les courts extraits de livres : 04/11/2006

Parce qu'il vient d'énoncer le même cliché que son petit personnel, Wanda Winnipeg a un sourire moqueur qu'elle ne cache pas aux employés, l'air de dire «Pas très malin, votre patron, pas fichu de s'exprimer mieux que vous», puis elle pivote pour tendre sa main à baiser. Le directeur n'a pas saisi son ironie et ne s'en doutera pas car elle lui accorde la grâce de répondre.
- J'espère en effet que je ne serai pas déçue : la princesse Mathilde m'a tant vanté votre éta­blissement.
Par un mouvement réflexe des talons, entre le militaire qui salue et le danseur de tango qui remercie, le directeur accuse le coup : il vient de comprendre qu'en logeant Wanda Winnipeg, il ne reçoit pas seulement une des plus grandes fortunes mondiales mais une femme qui fréquente le gotha.
- Vous connaissez Lorenzo Canali, naturellement ?
Du geste, elle présente son amant, un bel homme aux cheveux noirs, longs, presque cirés, qui incline la tête en offrant un demi-sourire, parfait dans le rôle du prince consort qui doit à la conscience de son rang inférieur la nécessité de se montrer plus aimable que la reine.
Puis elle s'éloigne vers sa suite, sachant très bien ce qu'on est en train de murmurer dans son sillage.


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