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Auteur : Christian Levanti
Date de saisie : 02/10/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Publibook.com, Paris, France
Prix : 13.00 € / 85.27 F
ISBN : 978-2-7483-3183-7
GENCOD : 9782748331837
Sorti le : 02/10/2006
Il va se faire opérer. Rien de grave, une routine même selon le chirurgien. N'empêche que... Alors il se prend à se rappeler son passé, ces petits riens inoubliables. Et bien évidemment, les meilleurs souvenirs sont les plus polissons... Des souvenirs qu'il nous confie avec un humour qui fait mouche à chaque fois.
Il a vécu de drôles d'histoires. Et en a fait des histoires drôles. Des anecdotes qui se situent toujours en dessous de la ceinture, mais racontées avec un style à part, avec un décalage tout simplement... jouissif. On se prend au jeu, on se retrouve derrière chaque expérience. On sourit de connivence, on rigole de concert avec le héros, devant ces mémoires anonymes, qui sont celles de votre voisin, qui sont un peu les nôtres, les vôtres, aussi.
J'ai bien essayé de reprendre le dessus quand cette charmante femme en blanc est entrée dans la chambre, normalement ça aurait du fonctionner, on aurait pu causer, se divertir, voire plus si affinités. Mais non, rien à faire, le cerveau il était bel et bien fixé sur l'angoisse du condamné à mort.
En temps normal, j'aurais eu envie qu'elle me cajole, qu'elle me câline, mais là non, pas possible, elle a simplement dit d'une voix douce : «Cher monsieur, ce ne sera rien, bien sûr vous êtes inquiet, mais ne vous tracassez pas nous avons l'habitude de ce genre d'opération. Vous êtes jeune, en pleine forme, dans un mois vous en rirez. Il est important que vous dormiez. Prenez donc ce cachet, et si vous avez besoin de quoi que ce soit sonnez...».
Puis elle est sortie, quel dommage, alors je me suis mis à disserter sur la puissance du cerveau, il fallait bien s'occuper. Je ne comprenais pas comment il avait pu rester coincé à ce point sur sa peur. Je me souviens qu"en d'autres temps, en regardant certains films, les femmes en blanc lui donnaient d'autres idées, à vrai dire il n'était pas directement concerné. Alors ce serait peut-être ça un fantasme... Et puis mes pensées sont devenues troubles le cachet faisait son effet.
Bon allez, c'était hier, on s'essuie, on sort de la douche, ils sont là, plusieurs, habillés tout en vert, c'est peut-être ça des martiens, ils parlent doucement, mais c'est bizarre, ça ne me dit rien de bon.
On prend l'ascenseur, et on arrive dans une salle pleine de grosses lumières, on s'allonge sur une table, mais putain c'est quoi, on vient de se lever, on ne va pas déjà se recoucher.
Tiens, il est là, lui, je le reconnais, la dernière fois il m'avait examiné sous toutes les coutures, à la manière dont les autres lui parlent je sens que c'est le chef. Déjà je n'avais pas aimé, pourtant, il n'était pas habillé pareil, bien propre sur lui, en costard avec un noeud papillon. Là, il est carrément inquiétant, tout en vert avec son masque, il parle de la même voix calme qui se veut rassurante : «Ne vous faites pas de soucis, j'ai l'habitude, tout va bien se passer, faites-moi confiance...». Eh bien, c'est étrange, il ne me rassure pas plus que la dernière fois, en plus je ne comprends pas tout, je suis habitué aux mots simple, lui il parle de syndrome, d'affections, j'ai l'impression que cela ne va pas être de la tarte.
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