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La défection de A. J. Lewinter

Couverture du livre La défection de A. J. Lewinter

Auteur : Robert Littell

Traducteur : Jean-Pierre Manchette | Mélissa Manchette

Date de saisie : 24/08/2007

Genre : Policiers

Editeur : J'ai lu, Paris, France

Collection : Thriller, n° 8131

Prix : 5.80 € / 38.05 F

ISBN : 978-2-290-35050-8

GENCOD : 9782290350508

Sorti le : 15/09/2006

Robert Littell est un des grands du roman d'espionnage. La guerre froide lui a inspiré de remarquables romans. On pouvait donc craindre qu'avec la chute du mur de Berlin sa source première d'inspiration se soit tarie. Il n'en est rien.
À preuve sa monumentale "La Compagnie : le grand roman de la C.I.A." et son dernier roman "Légendes", paru en 2005, le meilleur roman d'espionnage que j'ai lu depuis longtemps.
Les éditions J'ai lu nous proposent, en format de poche, "La défection de A. J. Lewinter", paru en 1973, alors que l'auteur avait juste vingt ans !
1963. L'ingénieur américain A. J. Lewinter, détenteur d'informations top secret, s'enfuit à Moscou. Pour les américains c'est un traître. Pour les russes c'est, peut-être, un agent infiltré. Lewinter essaie de persuader les russes qu'il ne cherche qu'à obtenir les moyens financiers nécessaires à la mise au point d'un procédé d'élimination des ordures ménagères dont il est l'inventeur.
Une formidable partie de poker menteur s'engage.
Avec ce roman fort bien construit, Robert Littell fait preuve d'une étonnante maîtrise du genre.
Si vous aimez les romans d'espionnage vous allez vous régaler. Si vous n'en avez jamais lus, lisez celui-ci et vous serez convaincu que ce genre peut procurer de vifs plaisirs de lecture.

N.B. Robert Littell est le père de Jonathan, l'auteur des "Bienveillantes".


  • Les présentations des éditeurs : 16/09/2008

1963. Un message parvient au Pentagone : après s'être rendu à l'ambassade d'URSS à Tokyo, l'ingénieur américain A. J. Lewinter vient de s'envoler pour Moscou, avec le chef local du KGB.
Côté Washington, une certitude : détenteur d'informations top-secret, Lewinter est un traître. Côté Moscou, un doute : Lewinter est-il un agent infiltré ? Côté Lewinter, un casse-tête : comment convaincre qu'il n'a d'autre but que d'obtenir enfin les moyens nécessaires à la mise au point d'un système d'élimination des ordures ? Côté chance : silence. D'autant qu'en fait d'élimination des ordures, on n'a jamais eu besoin de lui
pour ça. Pas plus à Moscou qu'à Washington.

Robert Littell
Né en 1935 à New York, cet ancien grand reporter est un maître du roman d'espionnage, dans le sillage de John Le Carré.


  • Les courts extraits de livres : 16/09/2008

Les deux taxis, à cent mètres l'un de l'autre, filèrent, passant devant Toronomon et les grilles noires en fer forgé de l'Ambassade américaine, et luttèrent pour se frayer un passage sur une pente raide, au milieu des accumulations de voitures, d'autobus et de camions qui convergeaient bruyamment sur Roppongi. La brise de ce début de soirée soufflait par la portière et balayait le visage de Chapin, amenant avec elle la poussière rougeâtre d'un tronçon de route éventré où l'on construisait une nouvelle ligne de métro. Chapin s'aperçut que son chauffeur prenait goût à la poursuite ; le front touchant presque le volant, il passa sous le nez d'un camion-benne et engagea sa voiture sur les rails de tramways tandis qu'il accédait au sommet de la colline. Se servant de sa seule main gauche gantée de blanc, il braqua le volant à fond à gauche et fonça dans la petite rue latérale au carrefour de Roppongi. À présent, il se trouvait juste derrière l'autre taxi. Chapin se pencha et tapa sur l'épaule du chauffeur. «Kimi wa, beteran no untenshu da né...» (Ça, c'est de la conduite !)
À l'autre bout du carrefour, des ouvriers portant d'épaisses ceintures ocre et des foulards sur le front s'échinaient contre un camion-benne embourbé. Les automobilistes appuyaient sur leurs avertisseurs tandis que la circulation s'accumulait. Dans le taxi devant Chapin, le client impatient sortit du véhicule, paya la course et se glissa entre les deux taxis en direction du trottoir. Au moment où son visage apparut clairement à Chapin, celui-ci découvrit qu'il avait bien suivi un Américain - mais pas le bon.
Chapin paya le chauffeur et se précipita vers la cabine téléphonique devant le supermarché Kinokuniya. Avant de composer son numéro, il décortiqua un chewing-gum de régime, le fourra dans sa bouche et entortilla l'emballage en une boule qu'il tritura pendant la communication.
La sonnerie retentit deux fois.
- 499-6529, dit une voix d'homme en japonais. Chapin lut le numéro de sa cabine en anglais puis raccrocha.
Quinze secondes plus tard le téléphone sonnait.
- Allô, George ? C'est moi, dit Chapin avec nervosité et le souffle court.
- Où diable étiez-vous passés, toi et le Pot-de-Miel ? demanda George.
- A Marunouchi, répondit Chapin. (Il essaya de faire passer le reste d'un ton naturel.) Tout va bien. Notre ami vient de m'infliger cinq heures et demie de Nô. Là nous sommes à Roppongi. Le Pot-de-Miel est de l'autre côté de la rue, dans un magasin d'antiquités. Je ne le lâche pas pendant son dîner et ensuite je m'en vais le border à son hôtel.


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