Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Dylan a cinq ans lorsque ses parents s'installent à Brooklyn. Ce sont les seuls Blancs du quartier. Son père, Abraham, un peintre conceptuel, passe ses journées dans son atelier. Sa mère est une gauchiste persuadée qu'il n'y a rien de tel que grandir dans la rue. Dylan apprend peu à peu les règles du quartier. Mais ce petit garçon blond et timide reste isolé parmi les gamins noirs et portoricains. Jusqu'à ce que Mingus s'installe près de chez lui. Elevé par son père, une pop-star oubliée accro à la cocaïne, Mingus est métis. Il prend Dylan sous son aile, le protège, l'initie aux comics, au graffiti, et plus tard au hip-hop, à la soul et la drogue. L'un est blanc, l'autre noir. Tous deux sont seuls dans cette ville dangereuse comme une forêt de conte de fées. Forteresse de solitude est un livre sur l'enfance, le souvenir et la rédemption. C'est aussi une fresque de l'Amérique de la rue, depuis les années 70 où le choix de chaque vêtement, chaque disque, chaque mot est un acte politique dans la guerre larvée pour la conquête du quartier, jusqu'aux années 2000 où plus rien ne compte. Porté par sa vision poétique, Jonathan Lethem passe constamment du réel à l'imaginaire, dans ce livre extraordinaire qui doit autant à Charles Dickens qu'à William Blake.
Jonathan Lethem est né à New York en 1964. D'abord considéré comme l'enfant prodige de la nouvelle S.-F. grâce à des romans tels que Alice est montée sur la table (Editions de l'Olivier, 2000), il s'est imposé avec Les Orphelins de Brooklyn (Editions de l'Olivier, 2003), qui a remporté de nombreux prix dont le National Book Critics Circle Award. Il vit à Brooklyn depuis 1996.
La revue de presse Christophe Mercier - Le Figaro du 16 novembre 2006
Peu importe, Forteresse de solitude est sans doute un des plus grands romans venus d'outre-Atlantique au cours des dix dernières années...
Avec ce sixième roman, Lethem, loin de ses premiers récits qui l'avaient fait considérer comme «l'enfant prodige de la nouvelle SF», donne l'oeuvre de sa maturité. Ses souvenirs d'enfance - né en 1964, lui aussi a vécu à Boerum Hill, à l'âge de son héros - sont sans doute pour beaucoup dans l'authenticité et la fraîcheur avec lesquelles il peint et fait parler les enfants, et nous introduit dans leur univers où la magie côtoie la violence. Histoire d'une amitié, histoire d'un pays, de sa culture, de son quotidien, de ses modes, de sa musique, de ses métalangages, Forteresse de solitude retrouve l'ampleur narrative et l'universalité des grands romans européens du XIXe siècle.