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Auteur : Louis Mexandeau
Date de saisie : 02/11/2006
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : le Cherche Midi, Paris, France
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-7491-0504-8
GENCOD : 9782749105048
Sorti le : 02/11/2006
De la campagne pour les élections présidentielles de 1965 à 1995, Louis Mexandeau fut de tous les combats politiques de François Mitterrand.
Membre, avec Pierre Joxe, Claude Estier, Charles Hernu, Louis Mermaz de la Convention des institutions républicaines, il fit partie du premier cercle des fidèles. Ceux qui, après chaque revers électoral (et ils furent nombreux), repartaient de plus belle à l'assaut de la droite, avec la conviction que François Mitterrand était le seul à pouvoir faire gagner la gauche.
Louis Mexandeau relate avec vivacité, humour et autodérision les grandes étapes (1965, la FGDS, Mai 68, le congrès d'Epinay en 1971, la victoire de mai 1981 et les deux septennats) de la «longue marche» mitterrandienne. Mais son témoignage vaut aussi par la galerie de portraits au vitriol qu'il dresse de ceux qu'il appelle férocement «les gavés de l'après-mai 1981». Peu échappent au jeu de massacre, dont Michel Rocard et Ségolène Royal sont les cibles les plus notoires, avec à l'appui, évidemment, des mots féroces de François Mitterrand.
Co-fondateur et responsable du parti socialiste après le congrès d'Epinay pendant de longues années, ancien députe du Calvados, Louis Mexandeau a été ministre des Postes et Télécommunications (1981 1986) et des Anciens Combattants (1991-1993) de François Mitterrand.
On imagine difficilement aujourd'hui l'espèce d'électrochoc ressenti par ceux qu'on n'appelait pas encore les «téléspectateurs» lorsque, en ces jours froids de fin novembre, tandis que commençait la campagne officielle, ils virent apparaître à l'écran des hommes qui osaient critiquer le chef de l'État. Les uns étaient frappés de stupeur devant ce sacrilège. D'autres se prenaient à espérer secrètement le retour d'une vraie démocratie.
Bref, ce jour-là, pour des raisons d'enregistrement, le principal challenger avait quitté la capitale à plus de 20 heures. Or, en 1965, malgré les débuts du règne de l'automobile, les autoroutes françaises se réduisaient à un tronçon d'une trentaine de kilomètres au-delà du tunnel de Saint-Cloud. Pour qui voulait gagner la Normandie, il fallait subir l'inconfortable et dangereuse nationale 13. Et voilà que la pluie et le brouillard s'étaient mis de la partie. C'est dire que nous allions attendre longtemps.
Le meeting était prévu pour 21 heures. Si je me trouvais là à piétiner dans le froid avec la poignée de membres du comité d'accueil, c'est que ma carrière politique venait de subir, dans la journée, une foudroyante impulsion, due à Louis Mermaz. Je ne connaissais pas François Mitterrand mais Louis Mermaz, lui, oui, depuis longtemps déjà, dix ans.
Au début des années soixante, nous avions préparé ensemble, à la Sorbonne, l'agrégation d'histoire. Nés à quelques semaines d'intervalle, nous avions rencontré le succès à ce concours qui, alors, restait malthusien. Comme on le voit, les coïncidences abondent : même prénom, mêmes initiales. Nous commencions un voisinage sur les listes universitaires, qui s'est poursuivi en une amitié indestructible, aux côtés de François Mitterrand. Une amitié qui dure depuis bien plus de quarante ans, par-delà le temps et les épreuves.
La différence, c'est que Louis Mermaz était déjà engagé aux côtés du futur président. Au moment où, comme tant d'autres, je rêvais encore de la révolution prolétarienne accoucheuse de progrès et de bonheur infini, l'autre Louis, revenu d'utopie, était déjà, à vingt-cinq ans, secrétaire national de l'Union démocratique et socialiste de la Résistance, l'UDSR, un tout petit parti, un des rares issus de la Résistance, une butte témoin de l'immense désir de renouvellement politique espéré pendant la nuit de l'Occupation et devenu comme un résidu du rêve entrevu et évanoui des combattants de l'ombre.
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