Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Jacob le mutant : rares sont ceux qui ont eu la chance de lire La Frontière, le roman le plus hermétique de l'écrivain autrichien Joseph Roth. De ce texte, imprégné des délires alcooliques et des divagations cabalistiques de son auteur, on ne dispose d'aucune traduction. Des fragments d'une version apocryphe circulent et seules les éditions Stroemfeld, à Francfort, conservent jalousement dans leurs archives un mystérieux exemplaire de l'édition originale. Après un long et minutieux travail de recherche, Mario Bellatin a reconstitué ce qui restera comme une énigme dans l'oeuvre du grand écrivain et nous en propose ici une subtile exégèse. Rabin orthodoxe, Jacob Pliniak est aussi le patron d'une taverne construite à la frontière entre l'Empire austro-hongrois et la Russie : en réalité, ce commerce n'est qu'un paravent destiné à protéger la fuite des Juifs victimes des pogroms. Dans une seconde vie, on retrouve Jacob Pliniak sur la côte Ouest des Etats-Unis, dans la peau d'une vieille femme de quatre-vingts ans, Rosa Plinianson, que le démon de la danse a déchaînée. Chiens héros : " Près de l'aéroport de la ville vit un homme qui, en sus d'être immobile - en d'autres termes incapable de se mouvoir -, est considéré comme l'un des meilleurs dresseurs de bergers belges malinois de tout le pays. Il vit sous le même toit que sa mère, sa soeur, son infirmier-dresseur et trente malinois dressés pour tuer le premier venu d'une seule morsure à la jugulaire. On ne sait pourquoi, quand ils entrent dans la pièce où cet homme passe ses journées reclus, certains visiteurs perçoivent une atmosphère qui n'est pas étrangère à l'idée de ce que pourrait être l'avenir de l'Amérique latine. "
La revue de presse Mathieu Lindon - Libération du 30 novembre 2006
Tous les textes traduits de Mario Bellatin sont d'une bizarrerie minutieuse, érudite et élaborée, mais aucun n'est aussi bizarre que les deux réunis dans ce volume..
Mais on peut prétendre que le sujet de ces deux textes est l'énigme littéraire elle-même, par quels miracles les livres sont écrits précisément ainsi par l'auteur et compris si précisément ou si vaguement par le lecteur...
C'est comme s'il cherchait les limites de la littérature et de ses interprétations, non d'une manière théorique et assurée, mais par l'imaginative fantaisie de son travail, à l'aide de l'indécision et de l'instabilité, en déconcertant ses lecteurs. L'ignorance et l'incertitude peuvent, selon cette stratégie, muter en instruments de connaissance.