Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
- Je suis enfermé dehors.
Après trois ans de métier, Marc ne relevait plus les phrases toutes faites, et celle-là était la plus courante. Il se contentait de saisir son matériel et d'enfourcher son scooter pour voler au secours du client...
La revue de presse Olivier Delcroix - Le Figaro du 21 décembre 2006
Avec cette fausse simplicité qui fait tout le charme et l'efficacité du style «benacquistien», le lecteur pénètre - tel un passe-muraille moderne - au coeur d'une intrigue noire, aux rouages et rebondissements impeccablement huilés. Chez Benacquista, les mots sont des clefs. Il les rassemble en une série de trousseaux de phrases qui ouvrent toutes les issues, celles du récit, celle de la littérature policière, mais aussi celle de l'émotion, voire de l'amour. Son personnage de serrurier, comme le Hollandais volant, traverse la ville sur son scooter. À cheval sur son boulet de souffrance, tel un drolatique baron de Munchausen, il «survole» Paris en espérant bien échapper aux miasmes qui souillent et corrompent cette gigantesque fourmilière humaine. Bien entendu, il va se passer exactement le contraire. L'amour va même refleurir discrètement sur les plaies de ce coeur brisé, qui se croyait fermé à double tour.
Les courts extraits de livres : 22/01/2007
Titus refusait d'y croire. L'ermite de la rue Talma, qui vivait caché et peut-être heureux dans son petit quartier pavillonnaire, celui qui n'aspirait à rien sinon à un lendemain aussi tranquille que la veille, celui-là même avait trouvé le travail qui lui ressemblait le moins. Magali non plus ne parvenait pas à imaginer son Marc en uniforme, une arme à la ceinture. Elle lui demanda de se déguiser, comme s'il lui fallait le voir pour le croire.
- Impossible, toutes mes affaires restent au centre fort, là d'où part le fourgon.
- Et t'es payé combien ?
- 1.200 euros brut et 200 de prime de risque.
Marc avait répondu à toutes les questions auxquelles il s'attendait et qu'il aurait lui-même posées. Les risques, justement, y en avait-il vraiment ? Tous ces faits divers dont on parlait. Et ça fait quoi de trimballer des sacs pleins de fric quand on est payé tout juste de quoi vivre ?
L'argent des autres ? Marc avait réglé la question bien avant d'empoigner son premier sac de billets. Depuis longtemps déjà, il s'était débarrassé de l'envie de devenir riche. C'était, selon lui, la première condition du bonheur.
Cinq ans plus tard, Marc était devenu «messager». Il transportait les fonds lui-même sur les lieux de desserte et gagnait désormais 1.400 euros par mois plus la prime de risque. À la longue, il avait atteint son objectif : faire de sa journée de travail une simple routine qui défilait sans qu'il y pense.