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Auteur : Ottavio Cappellani
Traducteur : Serge Quadruppani
Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Métailié, Paris, France
Collection : Noir
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-86424-597-1
GENCOD : 9782864245971
Petit-fils de don Lou, chef de clan mafieux sur la côte Est des "States", Lou Sciortino a appris très tôt ce regard triste qu'il faut montrer à tous au moment de tuer, mais ce qu'il préfère, c'est produire d'invraisemblables films de série B.
Tony est lui aussi parent de mafieux, mais ses vraies passions sont les tenues voyantes et les babbequiou, les grillades-parties dans son jardin.
Valentina, Mindy et les autres, jeunes femmes médisantes et impudiques, ne rêvent que de contrarier les desseins des parents et les lois de la famigghia, le clan. La situation est grave : considérant que Cosa Nostra n'est plus capable de faire régner l'ordre, le vieux don Mimmo, qui tient une échoppe minuscule, s'est acheté une arbalète... La guerre menace entre les cousins de Sicile et ceux d'Amérique, entre la mafia des villes et celle des champs. Il faudra rien moins que l'alliance des grands-pères et des petits-enfants pour que la paix revienne et que les amours fleurissent... Une tragicomédie hilarante et terrible comme la vie même.
Ottavio Cappellani est né en 1969 à Catane, en Sicile. Philosophe, il prépare une thèse sur Habermas. Il cultive les caroubes et a fondé un groupe de rock. Avec ce premier roman, traduit dans de nombreuses langues et adapté au cinéma, il a connu un succès immédiat.
Qui est Lou Sciortino ?, le premier roman d'un Sicilien né à Catane en 1969, plus qu'un roman policier, est une sorte de traité de savoir-vivre à l'usage des mafieux...
Si la comédie est si drôle, c'est qu'Ottavio Cappellani, en digne héritier d'Andrea Camilleri, emploie une langue étonnante, mélange d'italien, de dialecte sicilien et d'anglo-américain pimenté d'argot mafieux que le traducteur, Serge Quadruppani (qui a également traduit Camilleri), parvient à rendre crédible et amusante en français. Sous ces dehors légers, le roman de Cappellani assène pourtant une vérité évidente : il n'y a jamais eu de bon vieux temps de Cosa Nostra, et le prétendu code de l'honneur et toute cette histoire "de dignité, de justice et de Beati Paoli" n'a jamais été qu'une fumisterie.
En réalité, il n'y avait encore rien à contrôler, et pourtant tu savais que le contrôle était ce que tu devais obtenir, même si alors tu ne savais même pas, putain, ce que ça voulait dire le contrôle. Il s'agissait, entre jeunes mecs, de prendre possession d'un bar ou d'une salle de billard, et d'édicter les lois : qui devait entrer dans cet endroit et qui ne devait pas. De temps en temps, il fallait casser la gueule à quelqu'un, juste pour montrer que t'étais capable de le faire.
Mais un jour, on te cassa la gueule à toi... pour une sandwicherie de merde, là, à Downtown ! Tu rentras chez toi le sang caillé sur les lèvres et le vieux, en riant, te dit :
- Beh, cette tête de noeud, ce foutu dickbrain (c'était une répétition, mais le grand-père aimait les répétitions), maintenant, tu dois vraiment le tuer.
Puis il gagna son fauteuil comme un prêtre l'autel :
- C'est pas que tu doives le tuer... En fait, tu devrais le tuer, mais ça vaut pas le coup, les temps changent. Tu vois, Lou, ça c'est un monde où on s'égorge, et puis ils ont inventé un truc très bien, et ce truc s'appelle money.
Il s'assit :
- Quand ils l'ont inventé, ils ont pensé que grâce à ce truc, les gens pourraient se mettre d'accord. Maintenant, le monde est divisé entre ceux qui réussissent à se mettre d'accord et ceux qui n'y arrivent pas. Ce monde-ci est le monde où on n'y arrive pas. Ce fils de pute est pas venu te proposer un accord, il est venu et il t'a cassé la gueule. Bien sûr, c'est pas un truc agréable : celui-là, tu dois le tuer avec un regard triste, dans un lieu public, en t'arrangeant pour que tout le monde voie ton regard triste. T'as compris ?
Une quinte de toux t'échappa.
- Merde, tu me laisses finir de parler avant de foutre du vomi dans toute la maison ?
Extrait du prologue
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