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Les morros et les favelas de Rio sont en flammes, la police, sous couvert de répression du trafic de drogue, a mitraillé une procession religieuse et tué des enfants. Le jour approche où cette guerre va descendre sur la ville et les beaux quartiers du bord de mer. Francisco, un ancien colonel de la Sécurité en Angola, installé au Brésil pour fuir les pièges d'un amour féroce et les tourments de sa mémoire, prépare ce jour en vendant des armes. Un journaliste angolais plonge dans cet incendie à la recherche de réponses aux questions que peu de gens veulent bien se poser. Racisme ou mépris social ? Émeute ou révolte d'esclaves ? José Eduardo Agualusa crée dans une prose limpide des personnages inoubliables, Jararaca, le jeune chef de bande charismatique, Catiavala, le colonel à la voix de Nat King Cole, Euclides, le journaliste nain, Jacaré le rappeur fou de drogue, Anastácia la spécialiste de l'ayahuasca et des vagins dentés, Florzinha la belle vénéneuse, Monte le tortionnaire rédacteur de discours présidentiels...
Un grand roman littéraire dans lequel la fiction est rattrapée par l'actualité.
José Eduardo Agualusa est né à Huambo, en Angola, en 1960. Il est journaliste et vit entre l'Angola, le Brésil et le Portugal. Ses livres sont traduits en allemand, anglais, italien et espagnol. Sont parus en France La Saison des fous et Le Marchand de passés.
La revue de presse Jean Soublin - Le Monde du 6 avril 2007
Fin connaisseur du Portugal et de sa culture, l'écrivain blanc angolais José Eduardo Agualusa vit surtout au Brésil, mais chérit son pays natal où il retourne de temps à autre...
Les personnages fourmillent, certains, les plus violents, sont superbes, les autres à peine esquissés. De nombreuses citations de poètes, de chanteurs et de rappeurs assurent comme un bruitage d'ambiance pour accompagner l'action, c'est-à-dire le "grand soir" afro-brésilien, qui finira par échouer devant les blindés de l'armée. Les amateurs de romans politiques apprécieront le couple formé par le chef des trafiquants révolutionnaires et son adjoint : le premier, cultivé, à l'aise sur les plateaux de télé, déjà politicien, et l'autre, jusqu'au-boutiste aveuglé par la rage : l'Histoire est pleine de ce genre de duos.
La revue de presse Claude Michel Cluny - Le Figaro du 15 mars 2007
L'espoir et la peur sur un rythme de samba. Angolais, auteur déjà de deux romans peu conformistes - La Saison des fous (Gallimard) et Le Marchand de passés (Métailié) -, agronome de formation, José Eduardo Agualusa cultive d'une main verte, comme on le dit de ceux qui sont aimés des plantes, un imaginaire fertile. Ce livre est captivant de la première à la dernière page...
Dans l'immense Brésil aux sangs mêlés, les favelas sont les forteresses des Noirs. Les Montségur des laissés-pour-compte et des rebelles. Des tueurs et des écoles de samba... En bref, le terreau idéal d'une fiction sociopolitique. À condition d'avoir du talent. Agualusa n'en manque pas. Il change, de livre en livre, de ton, de registre, d'écriture. De rythme, aussi, de respiration. La Guerre des anges est menée staccato, sans discours, fioritures, mais non sans suspense, éclats brisés d'idéaux, ou de ces instants de bonheur illusoires dont la vie orne ses désastres.