Que vous soyez politiciens, comédiens, stars de ceci ou cela, VIP de tout poil, beaux, moches, bêtes, brillants, haïs, adorés, boudés, boudinés ou très cons,
Voici
VOS GUEULES
dessinées par MORCHOISNE
et commentées par Rampal
Avec en prime, une petite histoire de la caricature à travers les âges, des BD, des portraits chinois, des interviews de l'artiste qui nous livre quelques secrets de fabrication et lève un voile sur sa vie, son oeuvre, ses convictions, ses rencontres avec les plus grands, bien sûr une impressionnante galerie de portraits crachés !
Les courts extraits de livres : 31/12/2006
Profession de fou
La vocation de Morchoisne, sa profession de foi, fut d'abord de faire rire. Gamin, il dessinait déjà très bien et voulut faire un jour le portrait de son grand-père... qu'il affubla d'un gros nez et de grandes oreilles, provoquant l'hilarité de toute la famille. Il aurait pu se vexer, réduire les oreilles et le nez de son papy, mais il comprit au contraire qu'il venait de trouver sa voie dans le portrait humoristique. Ce n'est que beaucoup plus tard qu'il comprendra que les caricaturistes, qu'ils soient écrivains, showmen ou dessinateurs, peuvent devenir aussi de vrais contestataires, de ces cancres intenables qui, à force d'écrire dans les marges de l'Histoire, finissent par en modifier le sens. Des fous du roi, oui, au temps où le roi de France était souvent moins puissant que ses vassaux et tolérait d'être remis en question par son bouffon. Quand il devint seul dirigeant, c'est-à-dire monarque, alors les choses se gâtèrent et la profession de fou disparut. Louis XIV, le plus génial de nos rois, n'aurait peut-être pas laissé la France exsangue s'il avait accepté qu'un rigolo éclairé vienne de temps en temps dégonfler son gigantesque Ego. Molière et La Fontaine ? Le premier n'a jamais caricaturé le monarque ni la monarchie ; quant au second, haï du roi, il tâchait de se faire oublier à Château-Thierry, loin de Versailles.
A ses débuts, la République ne fut guère plus tolérante et il ne faisait pas bon être caricaturiste sous Thiers ou Mac-Mahon. Plus tard n'oublions pas que de Gaulle chercha des noises au Canard enchaîné et que Pompidou fit interdire Charlie-Hebdo. En fait, la liberté de la presse et de la caricature est un acquis récent, puisque Morchoisne et moi, pour notre journal Mormoil avons eu sous Giscard des ennuis avec la censure. Nous en reparlerons.