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«Il est des contes pour rire et pleurer, et d'autres pour entendre au-delà des maux le silence des mots. Des contes pour nous permettre d'apprivoiser la part d'ombre et de secret qui habite nos histoires visibles. Des contes pour entendre l'indicible et nous réconcilier avec notre passé et l'emprise de notre histoire.
Leurs mots peuvent être comme des coups qui frappent le tambour de l'imaginaire. Poursuivant le chemin des Contes à guérir, contes à grandir et de Contes à aimer, contes à s'aimer, ces Contes d'errances, contes d'espérance représentent pour moi l'essentiel de mes découvertes et de mes enthousiasmes.»
Jacques Salomé
Jacques Salomé, psychosociologue, est l'auteur de nombreux succès aux éditions Albin Michel : Contes à aimer, contes à s'aimer ; Contes à guérir, contes à grandir ; Car nous venons tous du pays de notre enfance, pensées tendres à respirer au quotidien...
Les courts extraits de livres : 03/01/2007
Deux amis voyageaient depuis plusieurs jours dans le désert. Au cours de leur périple, ils avaient pris l'habitude de parler de tout, d'aborder en toute liberté tous les sujets, sans aucune réserve chez l'un ou chez l'autre. Mais un jour, l'échange qu'ils avaient depuis quelques minutes se transforma soudain en affrontement, puis l'affrontement en conflit. Au point que l'un des deux donna une gifle à l'autre en lui disant : «Je ne peux pas être d'accord avec ce que tu dis !»
Ce dernier reçut la gifle et, sans rien dire, écrivit dans le sable : «Aujourd'hui celui que je croyais être mon meilleur ami m'a donné une gifle. La peine que j'ai m'appartient. Je suis donc seul responsable de ce que je vais faire de cette peine.» Le soir à l'étape, après avoir atteint une oasis où ils purent se reposer, sur une feuille de palmier, il dessina une main, la donna à son ami et lui dit : «Je te restitue symboliquement le geste qui m'a blessé.» Puis, sur un morceau de parchemin, il écrivit patiemment cette longue phrase : «Celui qui accepte d'entendre ce qui a été touché chez lui, quand ce que lui a fait un ami lui paraît insupportable et inacceptable au point qu'il éprouve à son tour le besoin de le frapper, celui-là commence à se respecter» et il plia le parchemin, qu'il mit dans son sac.
En voyant cela, son ami jeta la feuille de palmier reçue le matin et s'enferma dans un silence boudeur.