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Auteur : Denis Seznec
Date de saisie : 14/12/2006
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Robert Laffont, Paris, France
Prix : 24.00 € / 157.43 F
GENCOD : 9782221107041
Sorti le : 14/12/2006
14 DECEMBRE 2006 :
La décision finale de la Cour de révision clôt l'une des plus extraordinaires affaires criminelles et l'une des plus mystérieuses énigmes policières et judiciaires du XXe siècle.
Le 4 novembre 1924, Guillaume Seznec est condamné aux travaux forcés à perpétuité pour un crime sans cadavre, sans arme et sans aveux.
Jusqu'à sa mort, en 1954, il clamera son innocence. Depuis, les Français n'ont jamais cessé de se passionner pour cette affaire devenue, tout comme l'affaire Dreyfus, le symbole de l'erreur judiciaire... Denis Seznec est encore au berceau quand son grand-père, gracié, revient en France après vingt-quatre ans de bagne. Il n'a pas deux ans quand son père, témoin important dans l'Affaire, est assassiné.
Pendant des années, il va enquêter en France et en Guyane, interroger les derniers témoins, retrouver des documents et consulter des dossiers officiels interdits pour écrire Nous, les Seznec. S'il se lit comme un roman policier, ce livre est avant tout " un modèle de contre-enquête exemplaire " (Associated Press). Il reconstitue le puzzle d'une incroyable machination, la vie d'un homme broyée par une justice aveugle, et retrace les années d'une lutte opiniâtre menée par toute une famille pour la vérité.
Dans cette nouvelle édition, mise à jour et entièrement refondue, Denis Seznec, dont l'action depuis plus de trente ans a grandement contribué à ce que la justice française reconnaisse ses erreurs, raconte les dernières étapes d'un combat désormais historique.
«Passionnant.» Le Parisien
«Un livre qu'on ne lâche plus dès qu'on l'a ouvert.» France Inter
«Denis Seznec entend moins toucher notre coeur que notre raison.» Le Monde
«Un récit poignant qui démonte le mécanisme de l'erreur judiciaire.» Femme actuelle
«Un thriller politique où la réalité dépasse la fiction.» Lyon-Matin
«Un superbe bouquin.» Le Canard enchaîné
J'y ai passé la nuit. Le jour se levait quand ma mère a surgi, venant de son travail. Nous avons pris le petit déjeuner ensemble. Ensuite, c'est elle qui m'a ramené dans sa chambre, et nous avons continué à fouiller, tous les deux. Elle m'expliquait certaines contradictions. Elle allait directement aux lettres et aux documents les plus importants. Elle ne pouvait prononcer certaines phrases sans pleurer. J'ai vite compris qu'elle voulait bien me parler de tout, sauf de son propre drame, sauf de mon père. Quand je lui mettais comme par hasard son propre livre, Notre bagne, sous le nez, elle semblait ne pas le voir.
Nous y avons passé encore la journée, et puis j'ai commencé une vie nouvelle. L'autonomie et la liberté, pour moi, à dix-sept ans, cela signifiait que je pouvais étudier l'Affaire autant que je voulais. Réciproquement, cela supposait que je préserve cette liberté, cette autonomie, et je faisais ce qu'il fallait pour cela.
D'abord, le métier. J'y arrivais, c'était magique. Je prenais le métro pour Saint-Lazare, le train pour Colombes, et je faisais des étincelles au collège. De retour porte des Lilas, j'étais seul avec l'Affaire. Pendant les congés, les week-ends, je travaillais dans les imprimeries et je gagnais de l'argent. Je me sentais possédé d'une énergie invincible et le monde m'appartenait. D'après moi, je n'avais pas grand-chose de commun avec les garçons de mon âge. Je pensais bien aux filles mais je n'avais pas tardé à voir que, plus on se passionnait pour quelque chose de grand, plus on leur plaisait. Comme on saute une classe quand on est très doué, j'ai pu franchir ainsi un de ces moments de la vie où l'on risque, en piétinant, de la gâcher. Cela, grâce à l'Affaire, après tout. Grâce à l'homme qu'était devenu mon grand-père après le bagne. Grâce à l'élan communiqué par ceux qui ne l'avaient jamais laissé tomber.
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