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«Je n'aime rien en surface, je déteste faire trempette. Soit je plonge tellement profond que je finis par trouver l'Atlantide, soit je reste sur le rivage et j'observe de l'extérieur. Je suis incapable d'aimer les gens plus ou moins, et je ne veux pas de cette complaisance à mon égard.»
Mercedes, l'héroïne de Divan, est l'exemple même de la génération post-féminisme : une femme féminine, mais exigeante. Mariée, mère de trois adolescents, elle connaît au beau milieu de sa vie une crise existentielle et va consulter un psy.
Divan est un roman où il est question d'amour, de passion, de sexe, de maternité, d'amitié, de loyauté, de fidélité envers les autres mais surtout envers soi-même. Un livre sensible, plein d humour et d'une simplicité bouleversante, qui devrait parler au coeur de toutes les femmes et, pourquoi pas ? de quelques hommes aussi.
Née au Brésil en 1961, Martha Medeiros y est très connue pour ses livres de poésie et ses nombreuses chroniques, en particulier dans le journal O Globo.
Divan, son premier roman, s'est vendu à plus de 80 000 exemplaires au Brésil.
Les courts extraits de livres : 10/01/2007
Pourquoi suis-je ici ? Voilà une question que je me pose du matin au soir. Je ne saurais vous donner la raison concrète qui m'a conduite chez vous. Est-ce que je peux vous appeler simplement Lopes ? Parfait, vous me facilitez la tâche.
Vous me demandez quelle est ma douleur et cela me paralyse. Je ne suis pas kleptomane, ni droguée, encore moins autodestructrice. Je n'ai pas de paniques nocturnes ou diurnes, je ne me sens même pas triste. Mais si l'angoisse existentielle n'est pas forcément triste, elle n'est pas libératrice pour autant. Je veux savoir, parmi toutes celles que je suis, laquelle est aux commandes. Je suis déconcertée par tant d'ordres contradictoires, je ne sais plus très bien auquel obéir.
Je n'ai jamais fait de thérapie, j'éprouve une gêne de débutante. Je ne sais par quel bout commencer. Est-ce que parler de façon aléatoire est plus efficace que de donner aux faits un ordre chronologique ? La chronologie en soi représente une entrave pour moi; parfois, j'ai l'impression de vivre à l'envers. Au départ, les gens sont infantiles. Ils mûrissent progressivement, ils se questionnent et trouvent les réponses qui leur conviennent. Chez moi, il n'en va pas ainsi. Le chemin de la sagesse n'est pas droit, il y a de nombreuses bifurcations : je vais et je viens, je tourne à gauche et à droite, j'avance, je recule. Non pas que cela me dérange, j'éprouve même un certain plaisir à me perdre dans cette sorte de labyrinthe. Ce qui me fait peut-être mal, c'est cette manie de me mettre en compétition avec le temps pour le vaincre.