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Elsie avait une gouvernante fort singulière, miss Barbara, qu'elle surnommait la fée aux gros yeux parce qu'elle était très mystérieuse et qu'elle avait des yeux comme des bouchons de carafe.
Pourquoi miss Barbara détestait-elle tant les chauves-souris et M. Bat, le précepteur ?
Voilà l'univers féerique, empreint de suspense, dans lequel George Sand nous entraîne, avec tout le talent qu'on lui connaît.
Les illustrations d'Odile Santi sont plus qu'un contrepoint apporté à cette nouvelle peu connue.
Autrement dit, des textes classiques présentés dans leur version intégrale que tous, enfants, parents, grands-parents découvrent ou redécouvrent ensemble.
Un CD offert, une autre façon de suivre l'histoire grâce à la voix mélodieuse d'Alexa Parr, et de découvrir la vie et l'oeuvre de George Sand grâce aux commentaires de Sylvie Veys.
De quoi goûter aux plaisirs de la musique des mots.
Les courts extraits de livres : 10/01/2007
Le fait est que miss Barbara avait d'étranges habitudes. Elle ne mangeait presque rien et ne dormait presque pas. On n'était même pas bien certain qu'elle dormît, car on n'avait jamais vu son lit défait. Elle disait qu'elle le refaisait elle-même chaque jour, de grand matin, en s'éveillant, parce qu'elle ne pouvait dormir que dans un lit dressé à sa guise. Le soir, aussitôt qu'Elsie quittait le salon en compagnie de sa bonne qui couchait auprès d'elle, miss Barbara se retirait avec empressement dans le pavillon qu'elle avait choisi et demandé pour logement, et on assurait qu'on y voyait de la lumière jusqu'au jour. On prétendait même que, la nuit, elle se promenait avec une petite lanterne en parlant tout haut avec des êtres invisibles.
La bonne d'Elsie en disait tant qu'un beau soir Elsie éprouva un irrésistible désir de savoir ce qui se passait chez sa gouvernante et de surprendre les mystères du pavillon.
Mais comment oser aller la nuit dans un pareil endroit ? Il fallait faire au moins deux cents pas à travers un massif de lilas que couvrait un grand cèdre, suivre sous ce double ombrage une allée étroite, sinueuse et toute noire !
- Jamais, pensa Elsie, je n'aurai ce courage-là.
Les sots propos des bonnes l'avaient rendue peureuse. Aussi ne s'y hasarda-t-elle pas. Mais elle se risqua pourtant le lendemain à questionner Barbara sur l'emploi de ses longues veillées.
- Je m'occupe, répondit tranquillement la fée aux gros yeux. Ma journée entière vous est consacrée ; le soir m'appartient. Je l'emploie à travailler pour mon compte.
- Vous ne savez donc pas tout, que vous étudiez toujours ?