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_ Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme

Couverture du livre Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme

Auteur : Cormac McCarthy

Traducteur : François Hirsch

Date de saisie : 11/01/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 21.00 € / 137.75 F

ISBN : 978-2-87929-510-7

GENCOD : 9782879295107

Sorti le : 11/01/2007

Au fin fond du Texas, un jeune homme tombe sur ce qui semble être un règlement de comptes qui a mal tourné. Deux bandes rivales se sont entretuées pour ce qui semble être un gros deal de drogue. L'homme embarque une arme automatique, l'argent, et s'enfuit, euphorique. Seulement voilà. Sont désormais lancés a ses trousses un vieux sheriff tenace mais dépassé par la cruauté de ses congénères, et un psychopathe forcené qui abat tous les êtres qui l'approchent au moyen d'un pistolet pneumatique servant a perforer les fronts des bestiaux a l'abattoir.
Moins émouvant que " De si beaux chevaux" et surtout beaucoup plus sombre, ce roman est surtout la carte gagnante du retour des frères Coen au polar, puisqu'il sort ce mois ci au cinéma avec un Javier Bardem rarement aussi inquiétant dans le rôle du psycho et Tommy Lee Jones toujours aussi juste dans le rôle du sheriff...


  • Les présentations des éditeurs : 10/01/2007

Un matin, à la frontière du Texas et du Mexique, un homme tombe par hasard sur les traces d'un carnage : des cadavres, un agonisant, des armes, de l'héroïne, et plus de deux millions de dollars en liquide.
L'auteur de cette macabre découverte se nomme Llewelyn Moss. En empochant l'argent, il sait qu'il se met en danger. Mais il ignore la nature exacte des puissances qu'il a réveillées. Elles prennent la forme d'une horde sauvage composée d'hommes de sac et de corde, d'un ancien officier des Forces spéciales, et surtout d'un tueur travaillant pour son propre compte, et dont il ne doit attendre aucune miséricorde.
Face à ces envoyés du chaos, Moss et sa jeune femme paraissent bien vulnérables, et les "forces de l'ordre" bien incapables de les protéger. Commence alors une folle cavale à travers des paysages lunaires et des villes-fantômes, monde nocturne que vient seulement troubler le fracas des armes automatiques. Après sept ans de silence, Cormac McCarthy est de retour avec cet extraordinaire roman noir qui, tout en plongeant ses racines dans le terreau le plus archaïque, décrit d'une manière incroyablement moderne la guerre qu'une société se livre à elle-même.

Né à Providence (Rhode Island) en 1933, Cormac McCarthy a passé sa jeunesse dans le Tennessee. Couronnée par le National Book Critics Circle Award et le National Book Award, son oeuvre est considérée aujourd'hui comme l'une des plus marquantes de la littérature américaine contemporaine.



  • La revue de presse Bruno Corty - Le Figaro du 25 janvier 2007

IMPITOYABLE. Le neuvième roman de Cormac McCarthy (né en 1933 à Rhode Island mais ayant grandi dans le Tennessee) fait penser au film de Clint Eastwood, dans le genre crépusculaire et violent. Rien qui puisse surprendre les fidèles lecteurs du grand Cormac, c'est-à-dire la poignée de passionnés qui n'a pas attendu 1988 et la traduction chez Gallimard de Méridien de sang pour s'aventurer dans une oeuvre hors norme, hallucinée, entamée en 1965 avec Le Gardien du verger.
Ce roman, (...) raconte l'histoire d'une traque. Celle d'un chasseur d'antilopes qui a eu le tort de découvrir, à la frontière du Texas et du Mexique, un carnage. (...)

Face à la meute, la seule personne susceptible de venir en aide au fuyard est Ed Tom Bell, un vieux shérif dépassé et désabusé, trop occupé à dresser le bilan de sa vie et à souligner les dérives de son pays pour être réellement efficace. Les chapitres où Bell monologue, en italiques, sont les seuls moments au ralenti, au calme aussi, où le lecteur n'assiste pas à une exécution ou à une fusillade, façon guérilla urbaine. (...)

Ce que montre McCarthy, c'est que cet ancien monde, présent tout au long de son oeuvre, avec ces prédicateurs fous, ces chasseurs de scalps, ces éleveurs, ces êtres frustes capables du pire à tout moment, est en passe de disparaître, au profit d'un nouveau monde mené avec cynisme par des financiers et des hommes politiques véreux. (...)


  • La revue de presse Raphaëlle Rérolle - Le Monde du 19 janvier 2007

Au premier coup d'oeil, on dirait un bon vieux film américain...
Et puis on découvre autre chose, comme un double fond : une manigance littéraire très habile, très persuasive et diablement surprenante. Oui, le somptueux roman de Cormac McCarthy parle bien de l'Amérique, c'est son centre de gravité, sa raison d'être. Mais s'il emprunte la forme la plus convenue qui soit, c'est pour la subvertir presque entièrement. Comme le très grand écrivain qu'il est, McCarthy parvient à se couler dans le moule des clichés pour en tirer un récit magnifique et troublant, aussi loin que possible de toute banalité. Après sept ans de silence, l'écrivain livre un texte brillant, mais terriblement pessimiste et mélancolique, sur l'évolution des Etats-Unis d'Amérique...
Fini le mythe de la renaissance, du nouvel homme. Le passé devient un destin qui pèse sur chacun et sur tout un pays. On lit avidement, porté par l'action, tout en sachant parfaitement que ce formidable suspense n'est finalement qu'un leurre : la face visible et finalement superficielle d'une profonde et terrible avancée vers la mort - pas seulement celle du corps, mais celle de l'âme, mise en pièces par la violence.


  • La revue de presse Philippe Garnier - Libération du 11 janvier 2007

Certains se réjouiront, après son éprouvante trilogie mexicaine et dix ans de retraite à Santa Fe, que McCarthy soit revenu parmi nous, semblant plus humain même si le nombre de cadavres ici est encore en hausse sur ses livres précédents, surtout le fait d'un ange exterminateur psycho-déterministe nommé Chigurh...
Dans la trilogie mexicaine, d'antique qu'elle était, la langue de McCarthy se faisait par moments antiquaire. Ici, elle est ouvertement jouisseuse, toute à la mélodie et à l'humour de cambrousse dans les dialogues, et d'une épure admirable dans la narration.


  • La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 10 janvier 2007

Les motifs demeurent les mêmes, les obsessions exacerbées, dans le présent Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme, mais la voix de McCarthy a définitivement changé. La prose est descriptive, lapidaire, aride, dépouillée jusqu'à l'os, et lorsque la phrase tantôt s'allonge, ce n'est pas pour se déployer, élastique et harmonieuse - au contraire, la voici alors qui s'articule sèchement autour d'une succession de «et» prosaïques. Le rythme qui naît de cette austérité formelle, la scansion singulière et toute biblique que fait entendre le texte, l'hyperréalisme minutieux des descriptions ne sont pas pour rien dans le magnétisme puissant qu'exerce ce roman très noir, parabole flagrante d'un monde contemporain débordant de sauvagerie et même de perversité - un monde où le Mal ne le dispute même plus au Bien, savourant son triomphe définitif.


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