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France 5 est partenaire de notre site. Chaque semaine, un portrait de libraire est diffusé dans l’émission de François Busnel « La Grande Librairie », le jeudi soir à 20h35.


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Les soeurs de Prague

Couverture du livre Les soeurs de Prague

Auteur : Jérôme Garcin

Date de saisie : 01/10/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Blanche

Prix : 14.50 € / 95.11 F

ISBN : 978-2-07-076659-8

GENCOD : 9782070766598

Sorti le : 04/01/2007

Dans son nouveau roman, Jérôme Garcin nous conte l'ascension et la chute d'une agence littéraire à Paris, au début du XXIème siècle. Particularité de l'agence, elle est dirigée par Klara, puis Hilda Gottwald, deux soeurs originaires de Prague, que le tout Paris grinçant des dents de par leur succès surnommera bientôt «les soeurs de Prague». Dans ce milieu difficile, se faire des ennemis est chose aisée, surtout lorsque l'on écrase tout sur son passage et que le succès fait tourner la tête. D'autant plus encore lorsque l'on n'est pas originaire de la capitale, et que l'on cache derrière soi des secrets difficiles.
Derrière le masque de deux agents littéraires, la plume de Jérôme Garcin - toujours efficace - nous présente la vie et la mort, les astres et les désastres d'une agent que rien n'arrête : Klara, qui passionne un auteur plus ou moins raté qu'elle a pris sous son aile - le narrateur - lors d'une rencontre au Lutetia. Un bon roman !


  • Lettre à mon libraire : 16/09/2008
  • «... C'est toujours très émouvant d'être lu par des libraires qui sont des intermédiaires sans lesquels, tout simplement, la littérature n'existerait pas. Et j'en suis d'autant plus conscient qu'exerçant depuis près de trente ans le métier de critique et de journaliste, ça n'est un secret pour personne que j'ai accès directement à tout ce qui paraît. On m'envoie chaque jour des dizaines et des dizaines de livres, que ce soit des romans, des essais des documents. Bref, je croule sous les piles d'envois qu'on appelle les services de presse et malgré tout, j'ai vraiment besoin d'aller moi-même en librairie. J'y vais pour deux raisons : d'abord parce que j'aime voir comment les livres sont présentés, et puis je trouve que ce sont des lieux qui sentent, pas simplement bon le papier, qui sentent vraiment l'air littéraire. Et puis, je vais vous faire un aveu : j'achète beaucoup de livres. J'ai beau en recevoir gracieusement pour en parler, j'en achète beaucoup. Il y a deux ans, je crois, je suis tombé fou amoureux d'un petit livre qui s'appelait Élisa de Jacques Chauviré qui, depuis, a disparu, et qui est un livre qui a paru aux éditions Le temps qu'il fait. Je ne compte plus les exemplaires d'Élisa que j'ai achetés pour les offrir à des proches, à des amis, à des amis d'amis..., c'est-à-dire que je suis paradoxalement peut-être le plus mal placé, un acheteur de livres parce que j'aime les offrir. Et il est vrai que par nature, par goût, par passion, je vais en priorité vers des petits éditeurs pour lesquels j'ai non seulement une passion mais une grande fidélité. Je viens de citer Le temps qu'il fait ; je pourrais citer les éditions Finitude à Bordeaux ; je pourrais citer les éditions du Dilettante, à Paris... Toutes ces maisons-là font des livres, fabriquent des livres d'une qualité assez exceptionnelle, et je sais bien que si on n'est pas certain d'aller les acheter en librairie, ils ne seront pas distribués comme les livres de grande circulation. Donc j'aime les lire, et même quand je les ai, moi, je vais les acheter chez des libraires dont je sais, encore une fois, qu'ils sont des intermédiaires rêvés entre ceux qui écrivent et ceux qui lisent. À travers Olivier Augier, je remercie tous ceux qui persistent à croire que, non seulement, on a besoin de lire mais qu'on a besoin de respirer, de vivre avec des livres. J'en profite pour souhaiter une bonne journée à tous ceux qui lisent et qui vont lire.»

    (Propos recueillis par téléphone)


    Jérôme Garcin - 19/02/2007


    Marie Nicolle - 12/03/2007


    • Les présentations des éditeurs : 16/09/2008

    1. Agent. a) Celui qui agit, contrairement à celui qui subit l'action. b) Ce qui produit un effet déterminé, force, corps ou substance intervenant dans la production de certains phénomènes. Exemple : agent atmosphérique. 2. Agent. a) Personne chargée, en affaires, d'agir pour le compte d'autrui, jouant le rôle d'intermédiaire dans des opérations commerciales, industrielles et financières. Exemple : agent de change ou d'assurances.
    b) Employé d'une société ou d'une administration. c) Agent secret : espion, membre d'un service de renseignements. 3. Agent. a) Agent artistique : imprésario procurant des engagements aux artistes moyennant rémunération. b) Agent littéraire : intermédiaire contractuel entre les auteurs et les éditeurs. Exemple : Klara et Hilda Gottwald, alias " les soeurs de Prague ", dont l'agence artistique et littéraire a connu à Paris, au début des années 2000, une ascension et une chute retentissantes.

    Jérôme Garcin dirige les pages culturelles du Nouvel Observateur et anime Le Masque et la Plume sur France Inter. Il est notamment l'auteur, aux Editions Gallimard, de Pour Jean Prévost, prix Médicis essai 1994, de La chute de cheval, prix Roger Nimier 1998, et de Théâtre intime, prix France Télévisions 2003.



    • La revue de presse Jean-Paul Enthoven - Le Point du 11 janvier 2007

    Le vrai sujet de ce roman - inattendu, avec ses scènes de genre et de sexe - est pourtant ailleurs : c'est la solitude de deux êtres, le jeunot et la papesse, qui, par faiblesse ou instinct de survie, ont consenti à jouer le jeu de la frime, du fric, du trafic. La diabolique Klara s'humanise dans sa chute ; l'arriviste stendhalien se retrouve échotier dans un journal de province. Au passage, Garcin aura passé en contrebande sa propre morale : mieux vaut une promenade à cheval qu'un aller-retour au pays factice de la renommée. Mieux vaut un bonheur un peu gris qu'un feu d'artifice qui risque d'incendier les cervelles en étoupe. Est-ce, de la part d'un amateur de Hérault de Séchelles, un roman sur l'ambition ? Ou une fable sur les comètes mondaines ? Ou la confession d'un misanthrope masqué ? Au lecteur de juger. A lui de se projeter dans, ou de s'exclure de, cette fresque moderne où tout est noir. D'un noir brillant. Garcin aura mis son monde en garde. A bon entendeur...


    • Les courts extraits de livres : 16/09/2008

    Au matin du 5 février 2004, la Smart noire de Klara Gottwald fut détruite par une explosion d'origine criminelle au deuxième sous-sol du parking Vinci de l'avenue George-V. J'appris la nouvelle en écoutant le journal de treize heures de France Inter présenté par Yves Decaens.
    La veille, vers minuit, Klara avait garé son pot de yaourt à sa place habituelle et était rentrée chez elle. Elle avait été réveillée par un coup de téléphone de la police lui annonçant l'attentat dont elle, ou plutôt sa voiture, avait été victime. Interrogée par le reporter d'Inter, elle s'était appliquée à paraître indifférente : «Une de perdue, dix de retrouvées», lâcha-t-elle en parlant de sa Smart forfour jack black. On lui demanda qui pouvait donc lui en vouloir. Elle répondit : «Tout le monde, c'est-à-dire personne.» Elle jugeait grotesque que l'on fît, de cet incident «mécanique», une telle affaire. Au micro, elle jouait son rôle à merveille. Elle y mettait du cran, de l'équanimité et une pointe d'humour. Une sage femme.
    A quatorze heures, j'achetai Le Monde. En dernière page, un article était déjà consacré à l'événement dont Paris se gargarisait. Enfin, un article... C'était une succession affolée de pointillés et d'interrogations. La seule certitude était qu'on n'avait pas cherché à tuer Klara Gottwald, on avait seulement voulu «l'intimider», selon l'expression convenue et consacrée. Le journaliste, prudent, évoquait toutes les pistes possibles, depuis la très improbable querelle politique (un groupuscule d'extrême gauche, qui l'avait prise pour cible depuis quelque temps, lui reprochait de servir la soupe aux chiraquiens et d'en tirer de juteux bénéfices) jusqu'à l'invraisemblable rivalité professionnelle (tous les agents de la capitale souhaitaient sa chute et aspiraient, au milieu des ruines, à se partager équitablement ses liasses de contrats), en passant par l'incompréhensible chantage de la mafia russe, mais pourquoi diable la mafia russe ?, qui signait ses crimes en utilisant un explosif dérobé dans les stocks prétendument périmés de l'ex-Armée rouge, et dont, étrangement, la carcasse fumante de la Smart portait la trace.


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