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Auteur : Honoré de Balzac
Préface : Francis Lacassin
Date de saisie : 04/01/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Omnibus, Paris, France
Collection : Omnibus
Prix : 28.00 € / 183.67 F
GENCOD : 9782258073159
Sorti le : 04/01/2007
Balzac, écrivain de fantastique ? Le peintre infatigable des passions humaines a toute sa vie montré un intérêt profond envers toutes les manifestations de l'inconnu et de l'étrange : le magnétisme, qu'il pratiquait lui-même, les esprits et les revenants, le somnambulisme et l'hypnose, l'interprétation des rêves, la divination...
Voici regroupés pour la première fois vingt-cinq textes, contes, nouvelles, romans et extraits, qui illustrent la fascination de l'auteur de la Comédie humaine pour ces territoires que la raison ne suffisait pas à expliquer. Aux côtés de textes célèbres, mais jusqu'ici éparpillés, on découvrira dans cet ensemble d'une étonnante cohérence des oeuvres peu connues qui présentent Balzac sous un jour nouveau -preuve, s'il en était, que l'on n'a pas fini d'explorer ce continent qu'est Balzac, «toujours en dissidence contre le matérialisme de son temps», comme le souligne Francis Lacassin qui présente ce volume.
Réunis en un volume, trente romans, contes et nouvelles où le surnaturel le dispute au paranormal révèlent un romancier étincelant, à l'imagination débridée...
Pourtant Baudelaire jugeait Balzac «visionnaire» et Hugo apercevait dans son oeuvre «on ne sait quoi d'effaré et de terrible mêlé au réel». C'est tout l'intérêt de ce volume, en montrant l'attraction continuelle qu'exercèrent sur lui le surnaturel, le paranormal et l'invisible, que d'en éclairer le lien organique avec une ambition romanesque totalitaire. Difficile d'en parler sans paraphraser l'excellentissime préface de Francis Lacassin, dont l'inépuisable érudition, qui traverse le cinéma ou la bande dessinée aussi bien que la littérature populaire, convenait à merveille à l'entreprise...
Reste un époustouflant feu d'artifice balzacien, dont ces lignes n'épuisent pas les surprises. Balzac croyant ? Possible. Balzac spiritualiste ? Certes. Balzac créateur : ah ! oui, et c'est ce qui compte ! Il est semblable à ces sculpteurs anonymes des cathédrales, qui avaient pour mission de glorifier Dieu, mais qui figuraient dans la pierre les métiers, les saisons d'ici-bas, les vices et les péchés capitaux. Des artistes, en somme, qui ont trop à faire avec la vie terrestre pour s'occuper longtemps du ciel.
En examinant avec attention tous les mouvements de cette jeune fille, le général crut d'abord que la folie causait cette promenade nocturne ; mais, lorsqu'il vit une faible lumière éclairer le flanc du rocher, il changea d'opinion ; sa curiosité fut piquée au dernier point car la tournure et les manières de la jeune fille annonçaient qu'elle appartenait à une famille que l'on pouvait ranger dans ce qu'on appelle la haute classe. Sa démarche, sa taille étaient gracieuses, elle avait garanti sa tête de la fraîcheur de la nuit par un schall disposé avec une certaine élégance, sa ceinture de couleur rouge tranchait sur le blanc de sa robe, la clarté de la lune faisait briller un collier d'acier, enfin cette course solitaire à la nuit, cette démarche inégale et la lumière qui colorait le bas de la roche de Grammont, formaient une masse de circonstances qui doivent justifier la curiosité de Béringheld et ce qui s'en suivit.
Il quitta sa place et se mit à descendre la colline pour rejoindre la jeune enfant qui se trouvait déjà sur le pont du Cher ; son dessein était de lui parler avant qu'elle arrivât au bas du rocher.
A peine le général eut-il marché trois pas, qu'un rayon de la lune, donnant sur une espèce de bocage qui décore le penchant de la montagne, lui fit apercevoir un nuage de forme carrée ou plutôt une vapeur blanchâtre extrêmement mobile et abondante, qu'il reconnut pour être une épaisse fumée qui s'échappait du sein de ce rocher. Cette circonstance le surprit d'autant plus, qu'il ne voyait aucun motif pour se chauffer pendant la saison où l'on était alors, et que la présence d'un foyer à l'endroit où la jeune fille se dirigeait, dérangea encore une fois, toutes ses idées et ses conjectures sur la cause de la promenade de l'inconnue.
Béringheld, avait une énergie, une force de désir qui ne lui permettaient pas de modérer ses sentiments ; son coeur était plein d'une chaleur entraînante qu'il portait dans tout ; aussi, il se mit à courir, et il descendit la montagne plutôt comme un loup qui vole a sa proie, que comme un jeune homme qui s'empresse d'aller donner un conseil à l'imprudence ou protéger la faiblesse.
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