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Le temps des victimes

Couverture du livre Le temps des victimes

Auteur : Caroline Eliacheff | Daniel Soulez-Larivière

Date de saisie : 01/03/2007

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Collection : Essais clés

Prix : 20.00 € / 131.19 F

GENCOD : 9782226175144

Sorti le : 03/01/2007

Julien Daillière - 29/01/2007


  • Les présentations des éditeurs : 16/09/2008

Alors que notre société prône le culte du gagnant, la figure de la victime en est arrivée à occuper celle du héros. La médiatisation des catastrophes a révélé que l'unanimité compassionnelle était en train de devenir l'ultime expression du lien social. Et les demandes de réparation auprès des psychiatres et des juristes sont sans fin. Jusqu'où irons-nous dans cette «victimisation» généralisée ?

Caroline Eliacheff, psychanalyste, et Daniel Soûlez Larivière, avocat, croisent leurs expériences et leurs disciplines pour démonter et explorer ce courant qui a émergé dans les années 80 sur tous les fronts et se nourrit de l'idéal égalitaire et de l'individualisme démocratique. Ils dénoncent les dangers que nous fait courir ce primat du compassionnel et de l'émotionnel qui, parfois déjà, affecte l'intérêt des victimes et pourrait se retourner contre la société tout entière.



  • La revue de presse François Sureau - Le Figaro du 1er mars 2007

Daniel Soulez-Larivière est avocat, Caroline Eliacheff est psychanalyste. Ils travaillent à la frontière de l'intime et du social, du privé et du public, de la vie et de la société politique, là où l'individu se trouve confronté à la loi. Ils ont rapporté de leurs expériences ce livre magistral, qui pose nettement, de manière assez inhabituelle en France, la question de la nature et du fonctionnement de la démocratie. Le diagnostic est simple : l'esprit victimaire, par lequel une personne (ou un groupe), arguant d'un trouble personnel, non seulement exige une réparation réelle du corps social mais encore soumet à sa prééminence symbolique l'ensemble des mécanismes institutionnels et politiques, est à la fois destructeur de la démocratie, en général, et dangereux pour les victimes elles-mêmes, en particulier...
On lit entre leurs lignes un peu de la sagesse de Salomon, ce roi qui, dans le mépris de principe pour le désir individuel, a fait naître chez la mère de l'enfant en litige un comportement libre et responsable, servant à la fois, pour finir, le bien privé et le bien public.


  • La revue de presse Alain Salles - Le Monde du 18 janvier 2007

Après le "temps des assassins", annoncé dans Les Illuminations de Rimbaud, voici Le Temps des victimes, analysé par la psychanalyste Caroline Eliacheff et l'avocat Daniel Soulez Larivière. Les deux auteurs ont croisé leur expérience et leurs compétences pour essayer de comprendre ce phénomène : l'omniprésence des victimes dans la société d'aujourd'hui. Mme Eliacheff et Me Soulez Larivière n'hésitent pas à employer un discours critique pour dénoncer "la face sombre du mouvement victimaire"...
Selon les auteurs, les juges ont laissé les recours des parties civiles se développer, car cela leur a permis de développer leur pouvoir. Mais le balancier est allé trop loin : "Les victimes exercent sur les juges une quasi-menace, beaucoup plus explicite encore que celle des politiques jadis sur les juridictions d'exception."


  • Les courts extraits de livres : 16/09/2008

Tous victimes

Il paraît aller de soi aujourd'hui que les personnes ayant subi un préjudice sont des victimes. Mais ça n'a pas toujours été le cas ! Avant les années 80, on parlait peu «des» victimes. On différenciait aisément les dissidents politiquement opprimés des pays totalitaires, les classes laborieuses socialement opprimées, les victimes de catastrophes naturelles ou d'accidents. On pouvait lutter pour plus de justice sociale, compatir lorsque la victime était proche et avoir pitié de populations indifférenciées touchées par des causes lointaines.
Le mot «victime» ne faisait partie ni du vocabulaire psychiatrique ni du vocabulaire psychanalytique. On utilisait un autre mot, «traumatisme», issu du vocabulaire savant (du grec trauma : blessure) et passé avec succès dans le langage commun avant d'être peu à peu délaissé. Comment est-on passé du «traumatisé» à la «victime» ?

Le rôle de la psychanalyse et de la psychiatrie

Dès la seconde moitié du XIXe siècle, la psychiatrie puis la psychanalyse ont joué un rôle majeur dans la reconnaissance du traumatisme psychique et la compréhension de ses mécanismes. Les psychiatres anglais, français, allemands et américains de la fin du XIXe siècle se sont d'abord intéressés aux séquelles psychologiques chez les accidentés du chemin de fer. À commencer par le psychiatre allemand Hermann Oppenheim qui, dès 1884, a parlé de «névrose traumatique» pour désigner des troubles causés par les accidents ferroviaires : cauchemars, souvenirs intrusifs, humeur instable, hypersensibilité, repli sur soi, en distinguant pour la première fois des blessures physiques les conséquences psychologiques. Puis la guerre de 14-18, avec ses centaines de milliers de «traumatisés», a été le champ d'observation privilégié des psychiatres et des psychanalystes. La description clinique des troubles psychiatriques des combattants s'est affinée, car il s'agissait non seulement d'observer mais de dépister les simulateurs pour les renvoyer au combat. Freud, lui, a bouleversé la notion de traumatisme.


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