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.. Face à l'insécurité : refaire la cité

Couverture du livre Face à l'insécurité : refaire la cité

Auteur : Didier Peyrat

Date de saisie : 11/01/2007

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Buchet Chastel, Paris, France

Collection : Au fait

Prix : 14.00 € / 91.83 F

GENCOD : 9782283022627

Sorti le : 11/01/2007

Geoffrey Couët - 12/02/2007


Alan Kerneuzet - 29/01/2007


  • Les présentations des éditeurs : 14/01/2007

L'INSÉCURITÉ est devenue l'un des enjeux majeurs du débat politique. Mais de quoi parle-t-on ? Les batailles idéologiques qui opposent les partisans du «tout sécuritaire» et les «sécuriphobes» - ceux qui veulent un accroissement sans limites de la répression et ceux qui portent un regard «angélique» sur les délinquants, tous assimilés aux enfants perdus de la crise sociale et de la discrimination -, sont autant de pièges qui minent la réflexion et désorientent les pratiques. Didier Peyrat reprend ici l'analyse des faits et des chiffres, en refusant d'être l'otage des préjugés. La criminalité n'est plus la même que par le passé : ce qui est en cause, désormais, c'est le vivre-ensemble, la possibilité d'être en société. Pour combattre la violence injuste, il faut résolument prendre en compte les victimes, trop souvent laissées pour compte, repenser la sanction, sans tomber dans l'impunité, mais de façon à permettre au coupable de se reprendre, défendre des valeurs, oser éduquer... C'est sur ces bases que l'on répondra au besoin fondamental de sécurité de la population, en l'articulant au changement social, et que l'on restaurera la confiance parmi les citoyens. II s'agit ici non pas d'«en finir avec l'insécurité» ou de la nier, mais d'y faire face en revivifiant la civilité et la démocratie. Bref de refaire la Cité.

L'auteur : Didier Peyrat est magistrat au tribunal de grande instance de Pontoise. Auteur d'un rapport sur la sécurité dans le logement social («Habiter, Cohabiter») à la demande du gouvernement en 2001, il a publié plusieurs ouvrages dont Éloge de la sécurité (Gallimard/ Le Monde, 2003), et En manque de civilité (éd. Textuel, 2005).



  • La revue de presse Nathalie Guibert - Le Monde du 27 janvier 2007

L'idée d'un possible pacte républicain sur la question de la délinquance chemine en France. Au travers de sa critique aiguisée des "sécuriphobes" et des "catastrophistes", Didier Peyrat, magistrat au tribunal de Pontoise, tente de dégager cette voie. Son dernier essai vise à nourrir une réflexion renouvelée sur l'insécurité, notamment à gauche. Il faut impérativement "faire face", défend l'auteur... Le lecteur est invité à reprendre la réflexion à partir de l'acte délinquant lui-même et de la liberté que possède chaque individu de le commettre ou pas. "Les délinquants ne font pas toujours ce qu'ils peuvent, mais parfois, et même souvent, ce qu'ils veulent. Idée déplaisante mais vraie", écrit l'auteur. L'accepter permet de travailler sur la cause profonde de l'insécurité, la crise de la civilité...


  • Les courts extraits de livres : 14/01/2007

Délits contre autrui

«Ne perds pas ton temps, cogne» signifie : n'entre pas dans ses raisons, ne joue pas le jeu, n'accepte pas son existence. Frappe, réduis-le à une simple résistance qui dévoile sous les coups la vérité. L'intransigeance du violent est l'affirmation du droit divin de la personne humaine à avoir tout, tout de suite.
Jean-Paul Sartre

Contester le discours apocalyptique sur l'insécurité est une chose, nier que s'est produite, ces vingt dernières années, une extension ainsi qu'une brutalisation rampante de la délinquance en France en est une autre. C'est n'avoir à opposer à l'idéologie catastrophiste qu'un autre type de travestissement de la réalité. C'est surtout mal se préparer à un avenir de difficultés prévisibles.
Dans un livre paru début 2003, je m'étais attaché à exposer les défauts respectifs des deux idéologies qui ont colonisé le débat public sur la sécurité, en France, des années 1970 aux années 2000 : en face d'un discours «catastrophiste», le discours «dénégationniste». J'essayais d'en comprendre les racines sociopolitiques, tout en affirmant leur convergence involontaire pour empêcher l'acquisition d'une intelligence collective de l'insécurité croissante. À quelques amendements près, je n'ai pas de correctifs majeurs à apporter aux thèses exposées dans cet ouvrage. Il s'est bien produit, du milieu des années 1960 jusqu'aux années 2000, une montée problématique de la délinquance en France. Elle n'est évidemment ni la seule ni la principale difficulté à laquelle est confrontée la société. Mais elle est devenue un problème sérieux et permanent. Les préoccupations exprimées sont reliées à la place que la délinquance occupe dans la réalité, c'est-à-dire le travail, les loisirs, l'éducation, les transports et l'habitat de dizaines de millions de personnes. Il n'y a pas besoin de subir soi-même un licenciement pour être raisonnablement préoccupé par le chômage; il n'est pas nécessaire d'endurer personnellement une infraction pour être préoccupé par l'insécurité. Mais le fait qu'aucune des tendances de fond d'évolution de la délinquance en France n'a été inversée, durant la période qui vient de s'écouler, n'est évidemment pas un détail. En s'envenimant, la situation a changé. De ce changement, il faut prendre la mesure.


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