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Auteur : Edward Abbey
Traducteur : Jacques Mailhos
Date de saisie : 09/06/2007
Genre : Policiers
Editeur : Gallmeister, Paris, France
Collection : Noire
Prix : 25.00 € / 163.99 F
GENCOD : 9782351780077
Sorti le : 04/01/2007
Edward Abbey (1927-1989), personnage emblématique et contestataire, est le plus célèbre des écrivains de l'Ouest américain. Le succès du Gang de la Clef à Molette, paru en 1975, a fait de lui une icône de la contre-culture et le pionnier d'une prise de conscience écologique aux États-Unis. À sa mort, il demanda à être enterré dans le désert. Aujourd'hui encore, personne ne sait où se trouve sa tombe.
LE RETOUR DU GANG DE LA CLEF A MOLETTE
Quiconque prendra ce livre au sérieux sera immédiatement abattu. Quiconque ne le prendra pas au sérieux sera enterré vivant par un bulldozer Mitsubishi.
Edward Abbey
Le monstre est en marche : le super-excavateur géant GOLIATH, le plus terrifiant engin jamais construit par l'homme, menace les déserts de l'Ouest.
C'est compter sans le farouche Hayduke et ses amis, bien décidés à enrayer la course du titan. Le Gang de la Clef à Molette est de retour ! S'engage alors un combat désespéré contre la "Machine" industrielle. Les usines explosent, les bulldozers s'évanouissent dans la nature... Contre l'asservissement des esprits, tous les coups sont permis !
Tout à la fois outrancier et nostalgique, Le Retour du Gang de la Clef à Molette est une dénonciation cinglante de l'ordre établi et un chant d'amour aux espaces sauvages.
Erreur réparée grâce à un éditeur passionné, Oliver Gallmeister, qui rééditait il y a peu ce classique du nature writing avec une préface de Robert Redford : «Edward Abbey était un roc. Il adorait la pierre. Il vivait parmi les rochers, écrivait à leur propos et croyait à la nécessité de les conserver dans leur état originel.»...
Ses pairs (Jim Harrison et Thomas McGuane en tête) le considèrent comme «l'un des plus grands écrivains de l'Ouest américain». Fidèle à ses convictions, le barbu bougon s'est fait enterrer dans un désert de l'Arizona, sans traces ni totem. Après avoir interdit à ses amis de révéler l'emplacement de sa tombe.
Le vieux bonhomme tortue reste à l'ombre. Il aura regagné la fraîcheur de son antre obscure et profondément enfouie avant que le soleil ait inondé le fond du canyon de lumière et de chaleur.
Il s'arrête pour couper un brin d'herbe, longue feuille verte qu'il plie dans sa mâchoire sans dents. De moins en moins d'herbe ces derniers temps ; un nouvel ennemi est venu infester son désert : la vache domestique. Il poursuit son chemin.
Il s'arrête de nouveau pour renifler une crotte couleur noisette, de la taille et de la forme d'une dragée au chocolat, posée là sur le sable. Rat du désert ? Cerf ? Crapaud ? Rien de tout cela : plutôt une autre tortue. Une tortue femelle, nouvelle dans les parages. Le vieux bonhomme tortue lève la tête et regarde autour de lui, yeux anciens, sages, pétillants, soudain un poil plus pétillants, aux aguets, perles de lumière carminé en clignement rapide perdues dans leur châsse de cuir ridé.
Où est-elle ?
Tête dressée, il renifle l'atmosphère. Mais le vent vient de derrière, poussant non la douce fragrance d'une tortue en chaleur mais l'odeur de quelque chose de fétide, délétère, toxique, l'odeur d'une chose chaude, en combustion, l'odeur d'une entité inanimée et pourtant en mouvement, qui se rapproche du lointain, distance vaste mais non insaisissable. Odeur parfaitement nouvelle dans les narines de vieux bonhomme tortue, parfaitement différente de tout ce qu'il a jamais senti en plus de quatorze décennies de vie. Puanteur. Puanteur pire que celle d'une vache et de sa bouse. Raidi par l'attention, bec dressé dans le vent, cou étiré au maximum de sa longueur - trois pouces -, le vieux bonhomme fouille ses souvenirs, scanne la mémoire ancestrale de la race tortue.
Ne trouve rien.
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