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Quand la compagnie d'import-export Goshima de Tokyo se propose d'affecter Takashi Aoki à sa succursale de Paris, ce jeune employé prometteur se trouve à un point tournant de sa vie puisqu'il vient de rencontrer enfin la femme avec qui il souhaite fonder une famille, Yûko Tanase. Mais il sait aussi que les lois silencieuses et impitoyables de sa société, à l'intransigeance impériale, peuvent écraser d'un doigt les relations humaines des êtres qui ne font pas partie des puissants. Qu'adviendra-t-il alors de la promesse des amoureux, faite au café Mitsuba ?
Née au Japon, Aki Shimazaki vit à Montréal depuis 1991 Avec Hotaru, (prix du Gouverneur général 2005), elle a terminé son premier cycle romanesque, "Le poids des secrets", amorcé avec Tsubaki (Babel, n° 712) traduit en anglais, en japonais, en serbe, en allemand et en hongrois.
Les courts extraits de livres : 18/01/2007
Nous nous quittons devant le restaurant, car Nobu doit acheter un journal. Il est deux heures moins dix. Je me dépêche, la réunion de mon service commencera bientôt.
En marchant, je songe au message que j'ai laissé à Yûko tout à l'heure. Je souhaite vraiment qu'elle accepte mon invitation afin que je puisse lui déclarer mes sentiments. Maintenant, je suis reconnaissant à Nobu, qui m'encourage à épouser Yûko. Je ne lui ai pas parlé de notre rencontre au café, mais si tout va bien demain soir, je le mettrai au courant bientôt.
J'ouvre la porte d'entrée. À la réception, Yûko est occupée au téléphone. Sa collègue, l'autre réceptionniste, bavarde avec deux jeunes hommes. En m'approchant, j'entends un accent de Kansai. Ça doit être celui du stagiaire d'Osaka, dont Nobu m'a parlé tout à l'heure. Yûko raccroche et me salue poliment :
- Bonjour, monsieur Aoki.
Un moment, les hommes me regardent et s'inclinent légèrement. La collègue de Yûko leur dit de prendre l'ascenseur pour se rendre au troisième étage, où se trouve le bureau du personnel. Yûko me demande, le regard tendre :
- La mission à Singapour s'est-elle bien passée ?
- Oui, très bien.
Elle se lève de sa chaise et dit discrètement :
- Un message pour vous, monsieur Aoki.
D'un air significatif, elle me tend un papier sur lequel est écrit :
«D'accord. Demain soir, on se verra au café Mitsuba à sept heures.»
Je jubile. «Elle a accepté !» J'essaie de garder mon calme :
- Merci, mademoiselle Tanase !
Je mets le papier dans la poche de ma chemise et je me dirige vers les ascenseurs. Les deux hommes me suivent. J'entends l'un d'eux chuchoter derrière moi :
- Elle est belle, non ?