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.. L'Evangile du fou : Charles de Foucauld, le manuscrit de ma mère morte

Couverture du livre L'Evangile du fou : Charles de Foucauld, le manuscrit de ma mère morte

Auteur : Jean-Edern Hallier

Date de saisie : 10/01/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Prix : 23.00 € / 150.87 F

GENCOD : 9782226176691

Sorti le : 10/01/2007

  • Les présentations des éditeurs : 09/06/2009

Roman bilan, tout à la fois burlesque, visionnaire, sensible, généreux, outré et égotiste, L'Évangile du fou, publié en 1986, est à l'image d'une oeuvre littéraire inclassable où l'autobiographie, la critique assassine, la provocation donnent libre cours à la magie des mots.
Jean-Edern Hallier (1936-1997) y accomplit la promesse faite à sa mère d'écrire la vie de Charles de Foucauld. Une évocation iconoclaste qui mêle journal intime et biographie, leurs mêmes origines d'aristocrates et leurs aspirations vers l'absolu.

«Quatre cents pages drôles, déchirantes et surchauffées. Assis dans le désert, au pied d'une échelle de Jacob qui se perdait dans les nuées, Hallier a vu monter et descendre les anges du bizarre. Le voici revenu parmi nous, avec un roman qui surplombe la production littéraire de l'époque.»

Louis Pauwels

«On est entraîné dans un éblouissant tourbillon. Une seule exigence : le style. Il fouette le sang. L'Evangile du fou ? Le livre d'un homme qui vieillit et qui est demeuré un enfant inconsolable. Le livre d'un écrivain au sommet de sa forme. Le livre d'une époque qui s'acharne à retrouver ses valeurs. Le livre d'un pays, la France, dont on a trop oublié que sa grandeur résidait dans sa folie.»

Éric Neuhoff


  • Les courts extraits de livres : 09/06/2009

Ainsi par ma mère conciliai-je l'inconciliable : je naquis judéo-celte. Jean-Edern, l'antisémite de Jean-Edern. Il n'est point de véritable oeuvre de chair - ou littéraire - qui ne soit l'exaspération insurmontable de ses propres contradictions. C'est parce que je n'aimais pas ma mère que je la pleurais...

«Fais ton Foucauld», me répète-t-elle. Guynemer, abattu en plein vol, en 14-18 ; mon oncle Jean aussi, le frère de mon père, descendu au-dessus de Reims par les chasseurs allemands; Mermoz, l'aéropostale, le premier passage de la cordillère des Andes, la terre des hommes - tout ça c'est l'histoire de nos familles, la même histoire...
Non une histoire, plutôt une mystique. Ils se sont tous envoyés en l'air ! Aucun n'est redescendu. J'allais oublier Saint-Exupéry, que ma mère eut pour ami intime. Je n'ai jamais su jusqu'où alla cette intimité... Glissons délicatement sur ces choses. Toujours est-il qu'il venait sans cesse dîner dans notre villa de La Marsa - entre ciel, mer et terre, les trois champs de l'expansion de nos familles. La mer avec le premier tour du monde d'Alain Gerbault - disparu lui aussi. La terre avec Psichari, conquérant catholique et saint-cyrien - tué. Les Allemands, eux, ricanaient : laissons le coq gaulois s'user les ergots sur le sable du désert.
Foucauld, c'est la synthèse des trois : l'immensité de la nuit étoilée, l'océan de sable et l'inconnu, la terra incognita. Son plus proche compagnon, le général Laperrine, commandant en chef de la région des Oasis, mourut de soif après un autre accident d'avion dans le désert, le 20 mars 1920. Saint-Exupéry, ce n'est que le ciel et le sable. Ce n'était pas mal, ça lui donnait du prestige. Quand il rendait visite à ma mère, son escadrille était basée à Tunis. Entre deux missions au-dessus de la Méditerranée. Il avait le nez en l'air, de gros yeux globuleux, il fumait sans arrêt et faisait des trous de cigarette dans la nappe, par distraction. Même au sol, il était dans les nuages.
Maman ne s'intéressait pas à l'intellectuel, ou plutôt au penseur de la terminale, mais à l'homme d'action, à l'aviateur et à l'amoureux du désert qu'elle aima peut-être... Saint-Ex, comme on l'appelait. Ex-quoi ? Ex-amant de ma mère ? Ce n'était donc pas un saint, ni ma mère une sainte...


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