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Le Ministre de l'Intérieur, Maire de la ville, disparaît avec son Directeur de cabinet et ses deux frères, un Haut Fonctionnaire et un syndicaliste de renom lors de l'inauguration d'une grande fête de la cité. En ce soir de réveillon, un pont interdit à la circulation bloque les artères de la ville.
L'histoire est racontée, comme si de rien n'était, par les belles-filles de la famille, à la police qui y perd son latin. Le Commissaire divisionnaire, Lui, ne veut pas y perdre sa place.
Qui va écoper, sous le Pont des soupirs, ou déguster avec les morts de rire, le Champagne, le mousseux, la gueule de bois ou l'infarctus ?
La Police ou les lecteurs ?
Double pontage est un vrai polar de Noël d'une ville française et de ses familles, au moment du procès Papon.
Qui se lit, comme à Venise, sous le Pont des soupirs, et s'écrit, à la Hammett doublé de Zévaco, dans les maisons huppées et les banlieues de l'autre côté du pont, comme un théâtre d'ombres familiales et de carnaval urbain.
Quand les passés congestionnés refont surface, l'histoire se réécrit au présent et le roman devient prémonitoire.
Les courts extraits de livres : 22/01/2007
CHOEUR ANTIQUE
Noël au chaud
Dans les fourgons, les cars et les voitures, c'est le branle-bas de combat, dans les casernes les bruits de bottes et de couloirs. Pas possible de lancer une telle opération, à un tel moment et avec de telles consignes, sans déclencher la grogne dans les rangs : fouiller les bateaux à quai et les squats du quartier pour chercher des marins clandestins, des trafiquants de drogue ou d'hypothétiques menaces d'attentat, en une veille de Noël, on ne pouvait pas choisir pire moment.
L'attente, les inévitables parties de tarot, de mots croisés, d'écoutes de la radio et de fausses infos, de mises en conditions dans les cars et de relèves de plantons dans la rue, attendent nos chers préposés à l'ordre public, service oblige, sous la pluie et en congés de famille obligatoires. Comment faire pour réchauffer les esprits, par un temps pareil sans trop les échauffer ? La hiérarchie policière n'est pas habituée à la gestion des ressources humaines, mais n'aime pas avoir l'impression de faire le sale boulot pour rien. Cela fait désordre. Pas étonnant, après, que cela manifeste dans les rangs. Un comble pour les forces de l'ordre.
Sur le trajet du commissariat central à la porte du domicile familial, à l'intérieur du taxi, la lumière tamisée du tableau de bord et la musique en sourdine s'abstiennent de tout commentaire. Les têtes du Président à la retraite et de son épouse n'en appellent d'ailleurs pas, et décourageraient le chauffeur si celui-ci s'avisait d'en faire.