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Traducteur : Pascale Simon | Jean-Jacques Tschudin
Date de saisie : 05/03/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Rocher, Monaco, France
Collection : Série japonaise
Prix : 14.90 € / 97.74 F
GENCOD : 9782268060828
«Je venais à peine d'avoir vingt ans, et je cherchais ; nouer des relations humaines avec pratiquement toute les créatures du monde réel.» (Ôe Kenzaburô)
Cette anthologie thématique se propose de faire découvrir un large panorama de la littérature japonaise de 1945 à nos jours, à travers des nouvelles inédites d'écrivains connus ou que l'on aura l'occasion de lire pour la première fois en France.
Les dix auteurs réunis dans ce premier volume ont tous tenté de saisir ce moment si particulier du passage de l'enfance à l'âge adulte. Jeunes intellectuels décadents de l'immédiat après-guerre chez Dazai Osamu, désarroi de la jeunesse engagée dépeinte par Ôe Kenzaburô, vide existentiel d'une jeune femme superficielle chez Tanaka Yasuo, premiers émois erotiques saisis à fleur de peau par Nakazawa Kei...
Signés par certains des plus grands auteurs japonais contemporains, ces dix textes offrent l'image d'un Japon complexe, des enfants des bas-fonds d'Ôsaka à la jeunesse dorée tokyoïte, déchirés entre la tragédie et la grâce du «bel âge».
Dazai Osamu
Bizan
Cette histoire remonte à l'époque où l'on n'avait pas encore décrété la fermeture des restaurants dans tout le pays.
Les environs de Shinjuku avaient presque entièrement brûlé dans les incendies de la guerre, mais, comme on pouvait s'y attendre, c'étaient les établissements où l'on servait à boire et à manger qui avaient été le plus rapidement reconstruits. Parmi ceux-ci, il y avait le Wakamatsuya, une bâtisse pourvue d'un étage que l'on avait construite hâtivement derrière la salle du Teitô-za, mais qui n'était pas une baraque.
- Si seulement il n'y avait pas Bizan au Wakamatsuya !
- Exactly. Cette fille est assommante. La définition même du mot fool.
Quoi que nous en disions, nous nous rendions une fois tous les trois jours au Wakamatsuya, et nous buvions dans la pièce de six tatamis de l'étage jusqu'à ce que nous nous écroulions, pour finir par y dormir entassés les uns contre les autres. Dans cette maison, nous pouvions agir tout à notre guise. Nous étions libres d'y aller sans argent et de payer plus tard. La raison en était simplement qu'il y avait près de ma maison de Mitaka une poissonnerie portant la même enseigne, «Wakamatsuya», dont le patron était un ami avec qui j'allais boire depuis longtemps, qui connaissait bien les gens de chez moi, et qui m'avait dit : «Va donc voir ma soeur qui a ouvert un nouvel établissement à Shinjuku. Avant, elle était à Tsukiji. Je lui ai déjà parlé de toi. Tu peux même passer la nuit chez elle.»
M'y rendant aussitôt, je m'y étais enivré, et j'avais finalement dormi sur place. La patronne, la soeur de mon ami, était une femme simple d'une quarantaine d'années.
En tout cas, le crédit qu'elle m'accordait était précieux. Quand je voulais inviter quelqu'un, c'était généralement chez elle que j'allais.
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