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.. Moscoviada

Couverture du livre Moscoviada

Auteur : Yuri Andrukhovich

Traducteur : Maria Malanchuk

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Noir sur blanc, Lausanne, Suisse

Collection : Littérature

Prix : 19.00 € / 124.63 F

GENCOD : 9782882501851

Celia Nogues - 12/03/2007


  • Les présentations des éditeurs : 27/01/2007

Otto von F., étudiant en littérature originaire d'Ukraine occidentale, sorte d'alter ego de l'auteur, habite Moscou. Nous sommes en 1989 et l'URSS vit ses derniers soubresauts. Dans sa résidence universitaire se côtoient les futurs écrivains des différentes nations du pays : des spécialistes de la poésie yiddish du Moyen Âge, des épopées rimées ukrainiennes ou de la chanson ouzbek. Tous sont pleins d'espoirs poétiques, ont soif de la trop rare vodka et sont prêts à en découdre. Un jour, Otto part à la recherche de cadeaux. Il s'égare, et se trouve à errer dans un monde interlope, à travers les sous-sols glauques de la ville où d'anciens membres du KGB élèvent une armée de rats. On y découvre également, dans les catacombes du Kremlin, un métro gouvernemental secret.
À la faveur de cet authentique parcours du combattant, l'auteur dénonce pêle-mêle le nationalisme, les dérives du communisme, le kitsch chauviniste, et la pression idéologique qui sont finalement évacués dans un spectacle grandguignolesque en un immense éclat de rire. Dans le cadre très actuel d'une Russie autoritaire aux dérives xénophobes, il nous brosse un tableau grotesque et sarcastique de la ville de Moscou, épicentre du tremblement de terre en train de dévaster alors l'immense empire multinational soviétique. Le ton carnavalesque et l'écriture foisonnante contribuent à accentuer le caractère très original du livre. Andrukhovych réussit à composer une véritable symphonie d'adieu à l'URSS, tonitruante évidemment.

Yuri Andrukhovych, né en 1960 en Ukraine occidentale, fait une partie de ses études à Moscou. Il est l'un des auteurs les plus prometteurs de la région, et traduit en plusieurs langues. Poète, essayiste, romancier, il a déjà publié aux Éditions Noir sur Blanc «Remix centre-européen» dans l'ouvrage Mon Europe, coécrit avec Andrzej Stasiuk


  • Les courts extraits de livres : 27/01/2007

Grimaçant et crachant, totalement dégoûté de toi-même, tu te souviens de ce rêve tout en faisant tes exercices de gym sur le sol. Il faut le faire, se vendre de cette façon ! Impardonnable, brutale, cynique. «Accordez-moi une bourse, ô Votre Grâce Unificatrice, accordez-moi une bou...» Quelle méprisable et totale bassesse de l'âme, quelle prostitution morale !
Voici enfin la gym terminée. Maintenant il faut rassembler tout le nécessaire pour la douche et effectuer une descente triomphale par l'ascenseur dans les souterrains de la résidence universitaire, où une brigade d'intendants marqués par la rougeole (Sacha, Seryozha et Aroutyoun) ont leur officine, pas tant pour le travail que pour le repos. Mais que viennent-ils faire ici ?
Dans le couloir, tu fais de loin un signe de la main à un inconnu (certainement connu, mais non identifié, dans la mesure où il se trouve tout au bout de l'autre aile, peut-être à deux cents mètres de distance), l'inconnu te répond du même geste, peut-être qu'il ne t'a pas reconnu non plus. Tu te sens mieux. Attendre l'ascenseur, ce n'est pas si long que ça, cinq minutes tout au plus. En descendant, tu regardes les inscriptions, les égratignures et les dessins qui se trouvent sur les murs et par terre, récents et moins récents, certains tout neufs ; il y a le sang de l'instructeur de sport Yacha ; les Tchétchènes lui ont fait sa fête hier soir parce qu'il a un cul trop gros ou pour toute autre raison du même genre.
La population de la résidence universitaire estime que les ascenseurs sont des lieux rêvés pour baiser et pour inventer des tours pendables. Tout le monde sait, y compris la pute locale, que les Tchétchènes y massacrent leurs ennemis. Le fait que dans ce même lieu trois récidivistes, dont un étudiant du séminaire poétique et un autre du séminaire théologique, se sont payé une étudiante de Novokouznetsk, talentueuse dramaturge débutante, est également connu de tous, sauf de la pute locale. Mais seuls les initiés savent ce qu'y a fait l'écrivain yakoute Vassya Motchalkyn. Un jour, ce même Vassya Motchalkyn,


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