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Auteur : Edgar Allan Poe
Date de saisie : 22/11/2006
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : LGF, Paris, France
Collection : La pochothèque
Prix : 26.00 € / 170.55 F
GENCOD : 9782253131205
Sorti le : 22/11/2006
Marie Nicolle - 02/04/2007
Charlotte Thomas - 12/02/2007
Orphelin dès l'âge de deux ans, mal aimé de son père adoptif, puis rongé toute sa vie par les soucis d'argent, par la drogue et l'alcool, Edgar Poe a sans doute eu pour destinée ce que Baudelaire appelait une «lamentable tragédie» - une tragédie que n'a pas rachetée l'accueil incertain que les Américains ont réservé à l'oeuvre de cet enfant de Boston qu'ils se sont toujours refusé à considérer comme un écrivain capital. Et cependant, quelques années seulement après sa mort, l'Europe s'empare de son oeuvre, Baudelaire traduit plusieurs oeuvres en prose, Mallarmé certains de ses poèmes : la renommée de Poe est immense, et bientôt Valéry pourra évoquer à bon droit «tout ce que doivent les Lettres à l'influence de cet inventeur prodigieux».
Inventeur, sans doute, de cette forme de conscience littéraire aiguë dont témoignent «La genèse d'un poème» et «Le principe poétique» qui ont marqué tant de poètes français depuis la fin du XIXe siècle. Inventeur, également, du roman policier et de la figure du détective amateur incarnée par Auguste Dupin - mais aussi de cet univers d'étrangeté que les Histoires extraordinaires, les Histoires grotesques et sérieuses aussi bien que Gordon Pym ont très tôt révélé et qui fera dire à André Breton que «Poe est surréaliste dans l'aventure». Après quoi le pouvoir d'ensemencement de cet imaginaire fascinant ne cessera de se manifester : Poe continue de nous accompagner comme une ombre portée.
Edition de Jean-Pierre Naugrette, avec la collaboration de Michael Edwards, François Gallix, France Jaigu et James Lawler.
Edgar Allan Poe (1806-1849) restera pour toujours l'incarnation du poète maudit, romantique absolu pour certains, ivrogne invétéré pour d'autres, comme ses compatriotes, qui l'ostracisèrent durablement. (...) C'est dire assez que Poe avait de quoi combler les amateurs de contes cruels et ceux qui, à travers le foisonnement du roman populaire, voyaient éclore, peu à peu, le récit d'énigme. En créant Auguste Dupin, le premier détective de l'histoire du roman policier, Poe montrait l'incroyable modernité de son propos, lui qui se désespérait par ailleurs de ne pouvoir se consacrer à la poésie, sa passion majeure. Il ne pouvait savoir que, plus tard, de grands poètes comme Chesterton ou Borgès célébreraient Double assassinat dans la rue Morgue ou La Lettre volée. (...)
Colloque entre Monos et Una
Choses futures.
Sophocle. - Antigone.
UNA. - Ressuscité ?
MONOS. - Oui, très belle et très adorée Una, ressuscité. Tel était le mot sur le sens mystique duquel j'avais si longtemps médité, repoussant les explications de la prêtraille jusqu'à tant que la mort elle-même vînt résoudre l'énigme pour moi !
UNA. - La Mort !
MONOS. - Comme tu fais étrangement écho à mes paroles, douce Una ! J'observe aussi une vacillation dans ta démarche, - une joyeuse inquiétude dans tes yeux. Tu es troublée, oppressée par la majestueuse nouveauté de la Vie éternelle. Oui, c'était de la Mort que je parlais. Et comme ce mot résonne singulièrement ici, ce mot qui jadis portait l'angoisse dans tous les coeurs, - jetait une tache sur tous les plaisirs !
UNA. - Ah ! la Mort, le spectre qui s'asseyait à tous les festins ! Que de fois, Monos, nous nous sommes perdus en méditations sur sa nature ! Comme il se dressait, mystérieux contrôleur, devant le bonheur humain, lui disant : «Jusque-là, et pas plus loin !» Cet ardent amour mutuel, mon Monos, qui brûlait dans nos poitrines, comme vainement nous nous étions flattés, nous sentant si heureux sitôt qu'il prit naissance, de voir notre bonheur grandir de sa force ! Hélas ! il grandit, cet amour, et avec lui grandissait dans nos coeurs la terreur de l'heure fatale qui accourait pour nous séparer à jamais ! Ainsi, avec le temps, aimer devint une douleur. Pour lors, la haine nous eût été une miséricorde.
MONOS. - Ne parle pas ici de ces peines, chère Una, - mienne maintenant, mienne pour toujours !
UNA. - Mais n'est-ce pas le souvenir du chagrin passé qui fait la joie du présent ? Je voudrais parler, longtemps encore, des choses qui ne sont plus. Par-dessus tout, je brûle de connaître les incidents de ton voyage à travers l'Ombre et la noire Vallée.
MONOS. - Quand donc la radieuse Una demanda-t-elle en vain quelque chose à son Monos ? Je raconterai tout minutieusement ; - mais à quel point doit commencer le récit mystérieux ?
UNA. - A quel point ?
MONOS. - Oui, à quel point ?
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