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.. Marcel Duchamp

Couverture du livre Marcel Duchamp

Auteur : Judith Housez

Date de saisie : 10/01/2007

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 21.90 € / 143.65 F

GENCOD : 9782246630814

Sorti le : 10/01/2007

Sylvain Elie - 02/04/2007


  • Les présentations des éditeurs : 28/01/2007

Que sait-on, au juste, du très étrange Marcel Duchamp ? Et quels furent la vie et le projet de cet homme dont l'ombre facétieuse plane sur toute l'histoire de l'art contemporain ? De l'" Anartiste " qui inventa le " ready-made ", qui signa une pissotière en 1917, ou qui ajouta moustache et barbiche à la Joconde, André Breton affirmait qu'il était " l'homme le plus intelligent du vingtième siècle ".
Phare du surréalisme, correspondant du dadaïsme à New York, Duchamp exerça également son influence décisive sur Picabia et Man Ray. Ajoutons, enfin, que des artistes aussi différents que Jasper Johns, Robert Rauschenberg, John Cage ou surtout Andy Warhol, le tinrent pour leur maître absolu... Pourtant, l'oeuvre de Marcel Duchamp demeure énigmatique. Plus cérébrale que virtuelle, située " au-delà " du goût ou de la délectation esthétique, propice par nature au scandale et au malentendu, elle demeure la manifestation la plus radicale d'un esprit en liberté.
Et, entre la France et l'Amérique, la liberté de Marcel Duchamp tissa des liens dont l'entrelacs restait, à ce jour, inexploré. Avec cette première biographie d'envergure - la première publiée en français - le mythe Duchamp est enfin disséqué avec minutie. Et sa biographe défriche allègrement l'existence romanesque, " nietzschéenne " et libertine d'un homme, né en 1887, qui connut sa gloire américaine à l'âge de 28 ans, et qui inventa rien de moins que notre modernité.
Stratégies, hasards, ruses, anecdotes, rencontres, succès, provocations - voici la vraie vie de l'" Anartiste ". Et le fascinant destin de celui qui est devenu, contre vents et marées, la figure tutélaire de l'art contemporain.

Judith Housez est née en 1970. Cette biographie est son premier livre.



  • La revue de presse - Le Figaro du 8 février 2007

Judith Housez nous livre un portrait subtil de cet homme énigmatique. Au fil des pages, une personnalité complexe et ambiguë se dessine. Généreux, fidèle en amitié, épris de liberté et capable d'intransigeance sur son art, Duchamp s'avère également distant, rusé, légèrement parasite, voire calculateur...
Traquant le détail, ne négligeant aucune anecdote, l'auteur s'approche de la source même où germent les idées. C'est finalement le processus créatif et intellectuel de l'artiste qui s'éclaire peu à peu sous nos yeux. Jeune provincial discret en costume noir, Marcel se rend au Salon d'automne. Plus tard on l'imagine, observateur attentif, à une party orchestrée par les Arensberg, ou solitaire dans l'atelier dépouillé du 33 West 67e Rue. On le retrouve au Boeuf sur le toit dans le Paris de l'entre-deux-guerres...
Un homme fatal en quelque sorte, jusqu'à ce qu'il rencontre l'amour serein, à 60 ans passés. «J'ai eu une vie absolument merveilleuse...» Cette biographie sait en traduire l'esprit.


  • La revue de presse Jean Pierrard - Le Point du 25 janvier 2007

Personnalité dérangeante, Marcel Duchamp (1887-1968) inspire la plupart des acteurs de l'art d'aujourd'hui. Judith Housez lui consacre un ouvrage remarquable auquel Le Point décerne son prix de la biographie...
Pour l'art comme pour la littérature, le XXe siècle restera d'abord celui des deux Marcel ! Si Proust est depuis longtemps une proie recherchée des biographes, ces derniers ne s'étaient jamais trop intéressés à la mince silhouette de Marcel Duchamp. C'est chose faite avec le livre de Judith Housez, qui lève avec un rare talent les voiles qui dissimulaient la personnalité la plus énigmatique de la modernité... Ce créateur inimitable qui a mis la planète en état de choc dès 1912 avec son «Nu descendant un escalier» a vu passer deux guerres avant de connaître, à la fin des années 40, le coup de foudre. Hélas, si elle cède avec volupté à ses instances, Maria Martins, femme d'ambassadeur et mère de famille, refuse de l'épouser. Cette vie rare, Judith Housez la décrit avec tact et humour. Le chapitre dans lequel l'auteur raconte le mariage de Duchamp avec un «gros cul», une héritière plutôt enveloppée de la tribu Panhard-Levassor, est un modèle du genre. Duchamp installe lui-même la baignoire qui trône au milieu d'une des deux pièces du modeste appartement de la rue Larrey, les eaux usées s'échappant dans la gouttière...


  • Les courts extraits de livres : 26/03/2007

Marcel voulait faire une peinture de son temps, une peinture du XXe siècle naissant, débarrassée de l'imitation de la nature. Cependant, le Cubisme pour lui, loin d'être une vision du monde, tenait lieu de simple technique picturale : «la technique nouvelle du cubisme me demandait un certain travail manuel d'adaptation. (...) tout cela s'est passé très vite. Le cubisme m'a intéressé pendant quelques mois seulement; à la fin de 1912, je pensais déjà à autre chose. C'était donc une forme d'expérience plus qu'une conviction.» Au Salon des Indépendants de mars 1910, Marcel découvrit Le Portrait de M. Guillaume Apollinaire, de Metzinger et L'Arbre, de Gleizes, mais ce qu'il préféra, ce furent les désarticulations téméraires auxquelles se livrait Delaunay dans ses tableaux intitulés Tour et Eglise. Cette agression contre le principe de vraisemblance qui lui plaisait, les ennemis du Cubisme la dénonçaient avec véhémence dans la presse, parlant de «retour à la sauvagerie, à la barbarie primitives», mais aussi dans les ateliers et dans les cafés où se réunissaient les artistes, à Montmartre ou à Montparnasse. Duchamp aimait les caricatures et il n'avait jamais cherché, hormis pour le portrait de son père, à retranscrire le caractère de ses modèles dans ses huiles, comme si l'humain ne l'avait jamais vraiment intéressé. Sa distance de dilettante, de jeune dandy désabusé, l'incita à rester un peu à l'écart lorsque ses deux frères se rapprochèrent du groupe qui s'était formé autour de Gleizes et de Metzinger, avec Le Fauconnier, La Fresnaye, Léger, Kupka. Ils se retrouvaient le lundi à Courbevoie chez Gleizes, le mardi à Montparnasse au café La Closerie des lilas, puis le dimanche à Puteaux chez Jacques Villon, pour préciser leurs ambitions face à leurs détracteurs, et réfléchir ensemble à une nouvelle avant-garde, à ce qu'ils appelaient «la destruction des moyens classiques de la représentation». Braque et Picasso n'avaient que dédain pour ces pâles imitateurs de leurs travaux, qui, s'ils pratiquaient la fragmentation du sujet, n'échappaient que difficilement au naturalisme : dans le meilleur des cas, ils s'inspiraient de la leçon de Cézanne. Bientôt, les peintres du Groupe de Puteaux dominèrent la scène de l'avant-garde sous l'appellation de Cubistes, car les journalistes et les personnalités de l'art, présents dans les Salons où ni Braque ni Picasso n'exposait, n'avaient pas connaissance des créations cubistes de ceux-ci.


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