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Auteur : Charles Higham
Traducteur : Carole Reyès
Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : le Cherche Midi, Paris, France
Collection : Documents
Prix : 20.00 € / 131.19 F
GENCOD : 9782749104041
Le clan Kennedy, selon le président John Kennedy, c'est d'abord Rose.
Dans cette première biographie de Rose Kennedy publiée en langue française, Charles Higham dresse le bouleversant portrait d'une femme, épouse et mère prise dans les affres de l'histoire.
Née en 1890, Rose reçoit l'éducation type des jeunes filles aisées de la côte est, dans une atmosphère digne d'un roman de Scott Fitzgerald, avant de se marier, en 1914, avec Joe Kennedy. Alors que celui-ci fait fortune dans la finance, Rose donne naissance à neuf enfants entre 1915 et 1932. Lorsque Joe est nommé ambassadeur à Londres en 1938, Rose entre dans le monde de la diplomatie.
Des milieux de la haute finance jusqu'à la Maison-Blanche, où Rose devient «la Reine-Mère», en passant par Hollywood, c'est le début d'une fulgurante ascension, d'un mythe, celui de la famille Kennedy, devenue l'incarnation du rêve américain.
Puis c'est la tourmente. Rose Kennedy, épouse dévouée et mère attentive, doit faire face aux zones d'ombres de la vie de son mari, à la mort violente de quatre de ses enfants, enfin à la maladie : une histoire qui fait aujourd'hui partie intégrante de la mythologie américaine.
Toujours exemplaire dans l'épreuve, Rose Kennedy s'est éteinte le 22 janvier 1995, à l'âge de 104 ans.
Charles Higham est l'un des plus fameux auteurs de biographies américains. Il a connu de nombreux succès, notamment avec celles de la duchesse de Windsor, d'Ava Gardner, d'Howard Hughes ou de Marlon Brando. Il a reçu pour sa biographie de Marlene Dietrich le prix des Créateurs de l'Académie française. Ses livres sont traduits dans le monde entier.
Un scandale à la maison
Les Fitzgerald occupèrent la une des journaux durant les six mois suivants. Le 7 octobre, ils assistèrent aux Polo Grounds à New York, en tant qu'invités du maire Gaynor pour les World Séries. Honey Fitz se vit confier l'honneur de lancer la première balle. Lui et Rose étaient aux anges lorsque les Red Sox de Boston remportèrent le premier match, mais durent ensuite grincer des dents quand le vent tourna pour l'équipe. Dans l'euphorie, Fitzgerald annonça un jour de congé officiel à Boston pour fêter ce résultat.
Même l'ordonnance municipale qui limitait la longueur des épingles à chapeau des coiffes féminines, après que Fitz se fut assis sur l'une d'elles, fit la une. Ce fut aussi le cas de Rose et d'Agnes dont le portrait avait été peint par le célèbre Albert R. Thayer. Et la presse relata même la cérémonie durant laquelle on accrochait les toiles à la place d'honneur : au-dessus de la cheminée du salon.
Lorsque Fitz parla de devenir gouverneur, consul général à Londres ou receveur général des postes à Washington, les journalistes envahirent ses bureaux. Il attaqua une mise en scène de la Tosca à l'Opéra de Boston, réussissant à lui faire baisser le ton en menaçant de priver la compagnie de l'opéra de sa licence. À chaque fois qu'il assistait à une fête avec Rose (lui imposant Hugh Nawn comme cavalier) et sir Thomas, afin de soutenir la participation de son voilier Shamrock II à l'America's Cup, cela faisait les gros titres. Il fit aussi interdire la cigarette dans les immeubles de bureaux.
1913 débuta sombrement. Le comité des finances était à nouveau à pied d'oeuvre, enquêtant sur l'attribution à des amis d'emplacements pour des compagnies de bus touristiques. Le nom de Joe Kennedy fut mentionné à cause de la concession de bus que Fitz lui avait donnée. Fitz défendit son droit de conclure de tels arrangements dans la mesure où il n'en tirait aucun bénéfice personnel. Il soutint Joe contre les accusations de corruption. Son opposition à l'intérêt que Joe portait à sa fille faiblissait.
Rose pressa les autorités locales d'augmenter l'âge minimum légal pour l'emploi des enfants, qui était fixé à quatorze ans. Elle parla aux femmes qui lavaient encore leurs vêtements dans des ruisseaux, frottant leurs robes avec des pierres pour ôter la saleté. Tandis que d'autres écrivains s'extasiaient devant la danse des palmiers, les plages de sable blanc et les couchers de soleil époustouflants, elle ne s'intéressa qu'aux questions sociales.
Le Metapan poursuivit sa route sur des eaux imperturbables jusqu'à Panama. Ce fut une visite enthousiasmante, en dépit de la température (40 °C) et de l'humidité. Elle assista à une réception donnée par le ministre américain et sa femme à la légation de Panama City, prit un train pour Taboga et fit une excursion jusqu'à l'entrée du canal. Elle visita les malades du sanatorium américain, assista à un spectacle de chant et de danse et, lors d'une cérémonie à son retour, fut nommée par le président Porra citoyenne d'honneur de la ville de Panama. Elle marcha le long de sentiers dans la jungle, croisa des araignées, des reptiles et autres serpents, et vogua à bord d'un canoë en prenant garde de ne pas laisser traîner sa main dans l'eau infestée de piranhas.
Le père et la fille rentrèrent à Boston dans d'excellentes dispositions. L'article de Rose était accompagné de clichés photographiques. Elle s'autorisa même une remarque personnelle : «Les femmes de notre groupe étaient pleines de fierté d'être bostoniennes et si supérieures...»
En septembre, le Cosmopolitan de William Randolph Hearst montra l'enthousiasme de son propriétaire pour les Fitzgerald. Un article mirifique sortit, dans lequel Fitz, son épouse et ses filles étaient décrits dans une prose enflammée, leurs photographies dominant la page. L'auteur écrivait : «C'est une saine discipline qui a produit les filles Fitzgerald - jeunes femmes sensées et avenantes, modèle même de la femme américaine. Mademoiselle Rose, vingt-deux ans, bien qu'elle en fasse à peine dix-huit, brille entre toutes. Pleine de vie, de charme et de féminité, elle montre une force et une profondeur d'esprit rares chez une femme si jeune... Avec ses cheveux sombres et ses manières vives, elle est l'opposée de sa blonde soeur Agnes...»
Cette description dans un magazine national populaire consolida la carrière de Honey Fitz.
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