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Auteur : Gregory Benford
Traducteur : Thierry Arson
Date de saisie : 18/01/2007
Genre : Science-fiction, Fantastique
Editeur : Presses de la Cité, Paris, France
Collection : Science-fiction
Prix : 22.50 € / 147.59 F
GENCOD : 9782258066908
Sorti le : 18/01/2007
Cley est une Originale, une représentante génétiquement pure de la très ancienne race des Ur-humains.
Comme les autres membres de sa tribu, elle vit dans la forêt et espère passer ses quelques siècles d'existence à travailler dans la grande Bibliothèque de la Vie.
Mais d'étranges formes de vie transdimensionnelles détruisent la Bibliothèque et tuent tous les Originaux de la Terre. A l'exception de Cley. Ces êtres belliqueux attaquent également les Supras, une autre espèce hautement évoluée. Ceux-ci se retrouvent dans l'incapacité de récupérer les connaissances accumulées par les hommes au fil des millénaires et les archives d'ADN perdues dans les ruines de la Bibliothèque. Tout comme ils ne peuvent protéger Cley...
Obligée de fuir pour survivre, elle devra s'aventurer au-delà des mondes connus...
Avec ce roman, dans la lignée des explorations les plus osées du grand Arthur C. Clarke, avec qui il a longtemps collaboré, Gregory Benford, grand nom de la science-fiction classique, explore de nouveaux concepts dans un foisonnement d'idées passionnant, qui entraîne le lecteur dans des abîmes vertigineux.
Un livre formidablement stimulant pour les neurones !
La Bibliothèque
Elle se mit à travailler dans la section de Kurani. Même les Originaux pouvaient se rendre utiles.
Le trait essentiel sur lequel s'accordaient tous les types humains était leur relation au temps. Travailler à la Bibliothèque signifiait oeuvrer dans l'ombre du temps lui-même, d'une certaine façon. De sorte que pour saisir l'ensemble il fallait savoir comment les humains voyaient le monde. Aussi anciens soient-ils.
Ses journées s'écoulaient dans une atmosphère suffocante, peuplée de trilles aigus et courts qui se répercutaient en elle. Le travail était intéressant. Aux repas elle se restaurait avec diverses espèces d'humains, en majorité des Supras. Elle appréciait la nourriture et la conversation, et parfois on l'autorisait à parler.
Elle saisissait des fragments de dialogues, le plus souvent des non-dits, lesquels semblaient remplir la plus grande partie de ce qui était formulé. Elle nota ainsi la phrase «... réussit à être nue alors qu'elle est vêtue», sut qu'elle faisait référence à elle. Quoique prononcée avec le phrasé hautain des Supras, c'était indirectement un compliment. Du moins, c'est ainsi qu'elle le prit.
Alors elle fit de son mieux pour s'intégrer. Ce fut plus facile qu'elle ne l'avait pensé.
La durée d'une vie était très grande, si l'on prenait en compte les contacts avec les jeunes et les vieux, qui étendaient la personne en avant et en arrière dans le temps. Même parmi les anciens, dans ces corps fragiles que nulle technologie n'aidait, elle pouvait atteindre plusieurs siècles.
A présent, il était question de nombreux millénaires. La préhistoire, durant laquelle la durée de vie était d'une brièveté ahurissante - quelques dizaines d'années seulement ! -, avait quand même englobé dix mille générations. En nombre d'années, ce n'était pas conséquent. En générations, c'était respectable, comparable aux durées de vie dans les sociétés avancées, où les gens vivaient durant des éternités et avaient tout le temps de se lasser de leurs proches. De leurs amis. De tout, parfois - sortie de scène, en toute hâte.
Elle travaillait sur les groupes de langages séquentiels. Un sujet facile, accessible aux Originaux. Elle pouvait presque entendre Kurani le penser.
Les alphabets séquentiels étaient une tradition humaine persistante. Beaucoup d'employés à la Bibliothèque estimaient qu'ils étaient plus authentiques que les méthodes ultérieures, qui intégraient directement le système nerveux. Cependant, Cley avait peu l'habitude des écrits séquentiels. Dans un premier temps, cela lui parut bizarre, même dans une Bibliothèque : aligner des symboles et habituer l'oeil (ou dans un cas les doigts, et dans un autre le nez) à leur trouver un sens en les associant. Primitif.
Personne n'agissait plus de la sorte, quoique la parole fût toujours séquentielle, bien sûr. Aucune sous-espèce n'avait jamais essayé de faire en sorte que la gorge et les cordes vocales travaillent comme les yeux pouvaient le faire, en englobant une vaste portion d'information d'un seul bloc. Pour que des ondes sonores y parviennent, il aurait fallu vaincre un problème de largeur de bande et de conformation physique.
La gorge était un instrument muni de cordes vocales résonnant dans certaines limites. Les humains ne pouvaient boire et parler en même temps - un défaut de conception partagé par les autres primates anciens. Pourtant, personne n'avait jamais réussi à surmonter ce handicap. Des gens s'étouffaient toujours lors de banquets, et on les habillait de leur plus belle tenue pour leurs funérailles, parce qu'ils avaient voulu parler en mangeant, ou l'inverse.
Ce n'était pas le cas des Supras, bien entendu ; leur trachée était plus large et plus souple. Inévitablement, les Originaux avaient fait circuler quelques plaisanteries salaces sur sa fonction réelle.
Elle s'intéressa aux écritures séquentielles et se plongea dans les premières jamais apparues. La plus ancienne, l'Arbique, était composée de vingt-six lettres, alors que pour les anciens quarante sons et phonèmes étaient un maximum. Les premières formes recouraient d'ailleurs à un système qu'elle s'était échinée à comprendre : des lettres de deux formats, grand et petit, avec quasiment pas de valeur ajoutée au doublement des symboles.
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