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Auteur : Georges Reverdy
Date de saisie : 18/01/2007
Genre : Histoire, Géographie
Editeur : Presses de l'Ecole nationale des ponts et chaussées, Paris, France
Prix : 55.00 € / 360.78 F
GENCOD : 9782859784263
Sorti le : 18/01/2007
Cette superbe réédition permet d'offrir à nouveau aux amateurs ce bel ouvrage, épuisé depuis plus de dix ans et qui avait connu lors de sa sortie un grand succès.
L'Atlas historique des routes de France est un véritable atlas, au sens primitif du terme, c'est-à-dire essentiellement un recueil de cartes géographiques sur lesquelles on voit naître et se développer, au cours des siècles, notre réseau routier; c'est un ouvrage original qui n'est composé que de cartes anciennes, contemporaines des chemins qu'elles décrivent ou des voyages qu'elles évoquent.
Le lecteur aura plaisir à feuilleter ces cartes vénérables, aux cartouches élégants et aux couleurs souvent délicates, sur lesquelles il pourra retrouver, on l'espère, les anciens itinéraires du pays de ses ancêtres.
LES VOIES ANTIQUES ET MÉDIÉVALES
(Jusqu'à 1550)
LES VOIES ROMAINES
Parmi les grands travaux des vingt derniers siècles de notre histoire, il en est peu qui passionnent encore autant de monde que les voies romaines, dans notre pays comme dans tous les pays voisins qui ont bénéficié de la conquête et de l'organisation de ces grands constructeurs. Ce qui est certain, c'est qu'ils ont été les premiers à en construire avec de tels moyens, à les entretenir et à les exploiter pendant quelques siècles. Elles sont encore là sous nos pas, dans chacune de nos provinces, et n'importe quel profane peut les chercher et penser les découvrir dans ses promenades, d'autant plus que les textes et les documents à leur sujet sont très rares, et que l'on discutera longtemps encore non seulement des voies mais même du nom et de l'emplacement des oppida, des villes ou, plus tard, des stations thermales auxquelles elles conduisaient.
Depuis la Renaissance et «l'Histoire des grands chemins de l'Empire romain» de Nicolas Bergier, chacun rêve donc de retrouver ces voies prestigieuses et cette passion a culminé sous Napoléon m où la très officielle commission de la topographie des Gaules, sous la présidence d'Alexandre Bertrand, tenta d'en faire un bilan exhaustif, en se basant sur tous les itinéraires et textes anciens alors connus. Mais elle dut ponctuer ses conclusions de tant de points d'interrogation qu'il restait manifestement du travail pour les chercheurs à venir. On dispose naturellement aujourd'hui de moyens beaucoup plus perfectionnés, basés notamment sur l'observation aérienne, pour découvrir d'anciens tracés non apparents vus du sol. Mais c'est toujours à l'archéologie fine avec fouilles et analyse des matériaux qu'il faut faire appel pour pouvoir avancer une datation. Et il est vraiment difficile de dater avec certitude des cailloux ou du sable lorsqu'on ne trouve que cela. D'ailleurs, ces fouilles scientifiques posent parfois plus de problèmes nouveaux qu'elles n'en résolvent, comme par exemple celles qui ont été faites par Pierre Sillières et Alain Vernhet à l'Hospitalet-du-Larzac sur la voie romaine de Segodunum à Cessero et qui ont révélé un étonnant élargissement de la chaussée au cours des âges, qu'on ne voit guère justifié par le trafic.
LES CHEMINS MÉDIÉVAUX
Après les invasions barbares, les voies romaines restèrent-elles d'importants axes de communication ? La question est posée, et la controverse dure depuis longtemps, entre les tenants de la pérennité des voies romaines et ceux, au contraire, de leur décadence rapide. Mais en fait la question est mal posée, puisque de nombreuses voies romaines existent encore de nos jours, les grands tronçons rectilignes étant les plus remarquables comme sur la voie domitienne en Bas-Languedoc ou de part et d'autre de Dijon sur le grand axe Sud-Nord de la Saône vers la Moselle. La vraie question est de savoir l'importance de la circulation qui a continué à les emprunter, ce qui suppose que l'on connaisse déjà cette circulation du temps des Romains, qui était à mon avis assez réduite en général, surtout en ce qui concerne le trafic lourd. C'est l'unification politique apportée par Rome qui a permis la création de ce réseau interurbain à longue distance, surtout stratégique et administratif. Lorsqu'elle a disparu, il n'y avait pas de raison qu'il subsiste, et la voie d'eau a dû reprendre alors la première place pour les rares échanges, comme c'était sans doute le cas avant la conquête de César.
Car il est sûr que la voirie romaine, bien plus encore que nos voies modernes aux revêtements étanches, avait un besoin constant d'entretien, exécuté de gré ou de force. Lorsque celui-ci a disparu, la plupart de ces chaussées cessèrent rapidement d'être carrossables quoi qu'on ait pu dire de leur consistance. Même lorsqu'elles étaient en béton ou en vrai dallage, encore eût-il fallu que les fossés et l'écoulement des eaux soient continuellement entretenus, sans parler des aqueducs et des ponts. Quelques petits ponts romains subsistent bien, dira-t-on. Et ce sont en effet des joyaux qu'il nous faut précieusement conserver : mais il ne s'agit que de petits ouvrages, toujours fondés sur le roc. Sur les grands fleuves, plus de traces, même si l'on retrouve parfois encore des pieux de fondation lors de travaux dans leur lit. La plupart de ces ponts étaient en bois, comme ceux construits par César sur la Saône ou le Rhin, ou des ponts de bateaux comme à Arles. Il est vrai qu'en matière de rapidité de construction, les Romains n'auraient rien à nous envier, puisque, d'après les Commentaires, le fameux pont sur le Rhin fut achevé en dix jours. Il ne dura d'ailleurs guère plus longtemps : après avoir fait peur aux Germains, au bout de dix-huit jours passés au-delà du Rhin, César revint en Gaule et coupa le pont derrière lui...
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