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.. L'analyste

Couverture du livre L'analyste

Auteur : John Katzenbach

Traducteur : Jean-Charles Provost

Date de saisie : 11/01/2007

Genre : Policiers

Editeur : Pocket, Paris, France

Collection : Thriller, n° 12262

Prix : 7.50 € / 49.20 F

GENCOD : 9782266143912

Sorti le : 11/01/2007

François Attia - 15/02/2007


  • Les présentations des éditeurs : 31/01/2007

«Heureux 53e anniversaire, docteur. Bienvenue au premier jour de votre mort.» Lorsque lui parvient cette mystérieuse lettre de menace, l'existence jusqu'alors prévisible du docteur Starks bascule dans le chaos. Ce psychanalyste à succès se trouve subitement entraîné dans un jeu morbide conçu par l'homme qui se fait appeler Rumpelstiltskin, comme le mauvais génie du conte des frères Grimm. Les règles sont simples : Starks dispose de deux semaines pour identifier Rumpelstiltskin et les raisons de sa colère. S'il y parvient, aucun mal ne lui sera fait. Mais en cas d'échec, l'inconnu tuera l'un après l'autre les proches du docteur, jusqu'à ce qu'il accepte de se donner la mort...

«(...) John Katzenbach confirme qu'il est un auteur de très grande classe et un fabuleux concocteur d'intrigues.»

J. Ba. - Le Monde des Livres

Cet ouvrage a reçu le Grand Prix de littérature policière


  • Les courts extraits de livres : 31/01/2007

Il était tout juste minuit et il se sentait ridicule et plus seul que jamais.
Le cabinet était jonché de chemises de classement en papier kraft et de feuilles de papier, de piles de blocs sténo, de papier ministre, et un vieux magnétophone qui devait déjà être démodé dix ans plus tôt était posé au pied d'un tas de cassettes. Chaque pile représentait la maigre documentation qu'il avait rassemblée au cours des années sur ses patients. Il y avait des notes sur des rêves, des fiches où il avait gribouillé les associations d'idées essentielles pour chacun de ses patients, et celles qui lui étaient passées par la tête au cours du traitement : des mots, des phrases, des souvenirs révélateurs. Si une sculpture avait pu exprimer l'idée que l'analyse relevait autant de l'art moderne que de la médecine, aucune n'y serait mieux parvenue que le désordre qui l'entourait. Il n'y avait pas de formulaire méthodique indiquant la taille de chaque patient, son poids, la couleur de sa peau, sa religion, son lieu de naissance ou son pays d'origine. Il ne disposait pas de documents intelligemment classés par ordre alphabétique où figuraient la tension, la température, le pouls et une analyse d'urine. Pas plus qu'il n'avait de tableaux logiques et aisément accessibles où il aurait retrouvé la liste des patients avec leur nom, leur adresse, ceux de leurs proches parents et le diagnostic formulé pour chacun.
Ricky Starks n'était ni un spécialiste des maladies organiques ni un cardiologue ou un pathologiste qui cherche une explication claire aux maux de ses patients et qui conserve des notes abondantes et détaillées sur le traitement prescrit et les progrès accomplis. Sa spécialité défiait la science dont se préoccupent les autres formes de la médecine. C'est cette particularité qui fait de l'analyste une sorte de marginal dans l'exercice de la médecine et qui fait l'intérêt de cette profession pour la plupart des hommes et des femmes attirés par elle.


  • Les courts extraits de livres : 31/01/2007

Sous-estimer Rumplestiltskin serait une très mauvaise idée, surtout avant d'en savoir plus sur cet homme. Mais il était sûr qu'aucun des patients qu'il avait suivis dans le cadre d'un traitement classique ne pouvait revenir, amer et furieux, des années plus tard, métamorphosé au point d'être capable de lui dissimuler son identité. Ils pouvaient revenir, portant toujours secrètement les plaies qui les avaient fait venir chez lui la première fois. Ils pouvaient revenir, frustrés et agressifs, car l'analyse n'est pas un antibiotique de l'esprit. Elle ne met pas fin aux infections du désespoir qui mutilent certains individus. Ils pouvaient être en colère, avoir l'impression qu'ils avaient gaspillé des années en paroles et que rien n'avait changé. Toutes ces possibilités existaient, même si Ricky avait rencontré très peu d'échecs de ce genre, en trente ans ou presque de pratique psychanalytique. A sa connaissance, en tout cas. Mais il n'était pas assez vaniteux pour croire que tous les traitements, quelle que soit leur durée, sont couronnés de succès. Il y a évidemment des thérapies qui sont moins victorieuses que d'autres.
Il devait se trouver quelque part des gens qu'il n'avait pas aidés. Ou qu'il n'avait pas assez aidés. Ou qui avaient négligé ce que l'analyse leur avait appris et étaient retournés à leur état antérieur. Infirmes, de nouveau. Retour au désespoir.
Mais Rumplestiltskin présentait un portrait tout à fait différent. Le ton de sa lettre et du message qu'il avait fait parvenir à sa petite-nièce révélait un individu calculateur, agressif, affichant une confiance en soi perverse. Un psychopathe, se dit Ricky, en accolant un terme clinique à quelqu'un qu'il n'avait pas encore identifié. Cela ne voulait pas dire qu'il n'avait pas soigné, peut-être une fois ou deux, dans sa longue carrière, des individus aux tendances psychotiques. Mais il ne connaissait personne qui ait montré une haine aussi profonde et aussi obsessionnelle que Rumplestiltskin. Et pourtant, quelqu'un qu'il avait soigné sans succès était lié à l'auteur de la lettre.


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