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.. Affaires étrangères. Volume 1, 1981-1988

Couverture du livre Affaires étrangères. Volume 1, 1981-1988

Auteur : Roland Dumas

Date de saisie : 17/01/2007

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Fayard, Paris, France

Prix : 24.00 € / 157.43 F

GENCOD : 9782213630175

Sorti le : 17/01/2007

François Attia - 15/02/2007


  • Les présentations des éditeurs : 07/02/2007

«J'ai décidé d'écrire ce parcours à l'intention de mes contemporains pour le cas où ils auraient oublié ces méandres, et à celle des générations futures qui auront la curiosité de chercher comment tout ce qu'elles connaîtront a leur époque s'est produit, selon quels enchaînements, quels choix et quelles décisions, quelle fut la part des événements et quelle celle des hommes.
Ce récit comportera deux tomes, un pour chaque septennat de la présidence de François Mitterrand.

Voici le premier.

Montrer, dire, expliquer la signification de ces événements : tel est le souci de ce livre.
Plutôt qu'un long récit chronologique et pesant, j'ai sélectionné quelques grandes dates au souvenir oublié pour en montrer, en m'appuyant çà et là sur des documents inédits, l'environnement, le déroulement, les conséquences.
Ces dates sont autant de maillons qui, attachés les uns aux autres, constituent cette chaîne qui fait la politique étrangère.
Ce récit répond au voeu qu'exprimait l'ancien président de la République : "Prenez des notes pour que vous écriviez un jour ce que nous avons fait. Mieux vaut que cela soit réalisé par nous plutôt que par nos adversaires."
J'espère n'avoir pas trahi ce voeu, tout en ayant respecté le soin que l'on se doit de prendre, en pareille circonstance, avec l'objectivité.»

R. D.


  • Les courts extraits de livres : 09/06/2009


  • Les courts extraits de livres : 07/02/2007

«Un espoir pour le tiers-monde»

Le discours de Mexico 20 octobre 1981

Quatre mois après l'élection de François Mitterrand, la conférence de Cancún arrive à point nommé pour lui per­mettre d'exprimer une de ses ambitions profondes : contribuer à créer un nouvel équilibre Nord-Sud. Elle figure d'ailleurs en bonne place dans son programme. Et dès son discours d'investiture, il exprime formellement cette volonté : «La France aura à dire avec force qu'il ne saurait y avoir de communauté internationale tant que les deux tiers de la planète continueront d'échanger leurs hommes et leurs biens contre la faim et le mépris.»
Son intérêt pour le tiers-monde est profond et très ancien.
S'il y a un domaine où il emprunte des expressions à la rhéto­rique marxiste, c'est bien celui-là. Avant et après 1981, il ne perd jamais une occasion d'évoquer l'«échange inégal» et le pacte colonial. Pour le définir et le condamner, il a souvent recours à la vieille image du «renard libre dans le poulailler libre».
C'est en 1950, lorsqu'il fut nommé ministre de la France d'outre-mer, que François Mitterrand a découvert et immé­diatement aimé l'Afrique. Il croit alors possible de réformer le système colonial. Au cours des années, son regard sur ce continent a certes évolué. Mais sa considération pour l'Afrique et sa civilisation, son attachement au maintien d'une communauté France-Afrique sont restés toujours aussi forts, que ce soit lors de ses débuts politiques ou à la fin de son second septennat. Ses écrits, ses discours l'attestent. Il m'est arrivé de le constater de visu lorsque je l'ai accompagné en Afrique, comme cela fut souvent le cas. Sous la TV6 République, il joue un rôle essentiel auprès de certains chefs nationalistes africains qu'il réussit à arracher à l'influence communiste. Il participe aussi avec Gaston Defferre au pro­cessus qui marque une étape importante dans l'indépendance des anciennes colonies africaines.


  • Les courts extraits de livres : 07/02/2007

C'est au cours de ce même voyage que François Mitterrand rencontre Fidel Castro.
Dans les années 1970, il a ainsi, par le biais de l'Internatio­nale socialiste, de nombreux échanges avec plusieurs respon­sables de l'Amérique latine. Il tisse aussi des liens avec quelques intellectuels de gauche de la région, comme l'écri­vain Pablo Neruda qui s'empresse de l'inviter à l'ambassade du Chili à Paris lorsqu'il est nommé ambassadeur en France. Plus tard, en 1979, quand, au Nicaragua, le Front sandiniste de libération nationale réussit à s'emparer de la capitale, Managua, François Mitterrand, en tant que premier secrétaire du Parti socialiste français, fait dépêcher une aide d'urgence (10 000 dollars et des médicaments).
La réelle popularité qu'il acquiert dans cette région du monde rejoint celle qu'il a de longue date en Afrique. Elle est encore renforcée par les nombreux messages adressés depuis 1970 aux chefs d'État et de gouvernement africains, exprimant son souci des droits de l'homme, indissociable des problèmes de développement.
Son élection à la présidence de la République suscite un réel espoir dans les pays du Sud1. Elle signifie «la fin du mépris culturel envers le tiers-monde», selon les termes de l'ancien président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor. En effet, à une époque où le nouvel ordre économique mondial (NOEM) est souvent invoqué, François Mitterrand affirme que ce NOEM ne peut exister sans un NOCM (un nouvel ordre culturel mondial). Plus encore que l'égoïsme économique des pays du Nord, leur «mépris culturel» pour le tiers-monde est à l'origine du déséquilibre Nord-Sud.


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