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Auteur : Luc Mary
Date de saisie : 29/01/2007
Genre : Religion, Spiritualité
Editeur : De Vecchi, Paris, France
Collection : Focus de l'histoire
Prix : 13.90 € / 91.18 F
GENCOD : 9782732883359
Sorti le : 29/01/2007
Chartres, Beauvais, Amiens, Reims... Toutes ces villes doivent une grande partie de leur rayonnement culturel à leur cathédrale. Défi à la fois technique, humain et financier, l'aventure de ces véritables Tours de la Foi, narrée dans ces pages par Luc Mary, rend compte de l'étonnante croissance économique qui a caractérisé la France à partir du XIIe siècle.
La collection «Focus de l'histoire» propose de petits guides construits autour de grands thèmes ou de grands moments du passé.
Sous forme de fiches illustrées, ils permettent de découvrir ou de se remémorer les événements essentiels, les dates à retenir, les grandes figures, les épisodes marquants...
Historien, Luc Mary a contribué à la rédaction de plusieurs ouvrages d'histoire ancienne et contemporaine dont, aux Éditions De Vecchi, L'Histoire de l'Europe, publiée sous la direction de Philippe Valode, et La Seconde Guerre mondiale.
Une vocation à la fois sociale, politique et religieuse : au service du royaume
Contrairement à une idée largement répandue, l'histoire des cathédrales ne se confond pas tout à fait avec celle du Moyen Âge. Leur genèse remonte aux derniers soubresauts de l'Empire romain. Après la conversion de l'empereur Constantin au christianisme, l'Église se pose en héritière du monde romain. La première véritable cathédrale est celle de Saint-Jean-de-Latran. S'inspirant directement des basiliques du Bas-Empire, les premiers édifices de la chrétienté n'obéissent pas à la seule foi. Leur fonction est à la fois judiciaire, religieuse et commerciale. L'évêque lui-même dispose de prérogatives qui dépassent largement ses seules compétences liturgiques. Il n'hésite pas à pressurer ses fidèles, à juger les fauteurs de troubles ou encore à brandir l'épée. À la fois chef spirituel et temporel, c'est le véritable maître de la cité.
L'espace de la cathédrale devient rapidement le centre névralgique de la ville. Un lieu certes de liturgie mais aussi le poumon de la vie économique, administrative et sociale de la cité. Dans l'enceinte même de la cathédrale, l'absence de chaises facilite le déplacement et les rencontres des fidèles. On se parle, on commerce et on festoie. Le seul véritable espace sacré est le choeur. En d'autres termes, la principale église du diocèse n'est pas seulement un espace de prière, c'est aussi un lieu de vie. Son histoire est indissociable du fait social. Sans compter l'aspect proprement politique. Car la cathédrale est la manifestation même du pouvoir royal. Selon l'expression d'André Vauchez, elle devient «le lieu par excellence de la célébration du trône et de l'autel». De Henri Ier à Charles X, pas moins de trente-cinq rois de France sont ainsi sacrés dans la seule cathédrale de Reims :. Le roi reçoit l'onction de l'huile de la sainte ampoule, lui conférant une dimension spirituelle. On lui prête même des pouvoirs thaumaturges. Chacun connaît la formule : «Le roi te touche, Dieu te guérit.» La cathédrale est ainsi la garante de la stabilité du royaume...
La manifestation de la puissance spirituelle et temporelle de l'évêque : la maîtrise de l'espace et du temps
Les cathédrales gothiques sont incontestablement les monuments les plus hauts de la chrétienté, une version médiévale de la tour de Babel qui inspire à la fois l'admiration, la crainte et la joie des fidèles et des pèlerins. Ces cathédrales dominent le paysage urbain et sont visibles à plusieurs kilomètres à la ronde. Construites à la gloire de Dieu, elles sont aussi la manifestation de la puissance des hommes. Elles sont avant tout les premières églises du diocèse. Autrement dit, les résidences des évêques. Le terme même de «cathédrale» traduit la prééminence de ces hautes autorités religieuses. Apparaissant seulement au XIIIe siècle, il désigne la chaire, à savoir la cathèdre, dont dispose l'évêque. Loin d'obéir à une commande royale ou princière, les cathédrales répondent en priorité à un souhait des hauts fonctionnaires ecclésiastiques, à la fois pasteurs et grands seigneurs de la cité. Assistés du chapitre, le collège des chanoines, les évêques décident seuls de l'édification de leur maison. Mais les commanditaires de ces églises hors norme sont rarement ceux qui ont la joie de les voir terminées. La construction d'une cathédrale s'inscrit en effet dans la durée. Elle s'étale sur plusieurs décennies. pour ne pas dire plusieurs siècles. Certains édifices demeurent même inachevés, comme en témoigne la cathédrale de Beauvais, laquelle est à deux reprises frappée par un écroulement...
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