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Auteur : Keiko Ichiguchi
Traducteur : Claudia Migliaccio
Date de saisie : 12/01/2007
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Kana, Bruxelles, Belgique
Collection : Kiko
Prix : 8.50 € / 55.76 F
GENCOD : 9782505000389
Sorti le : 12/01/2007
François Attia 100407 - 12/04/2007
Le Japon est un pays riche en contradictions. Jusqu'à aujourd'hui, il fallait, pour le connaître, en passer par les récits de voyages d'Occidentaux perplexes, ou par les traductions d'anciens et grandiloquents ouvrages nippons. Cela dit, ces deux accès à la culture coïncident tellement peu qu'on en vient à imaginer l'existence de deux pays totalement différents. Keiko Ichiguchi nous raconte ici les traditions japonaises les plus bizarres. Installée depuis une dizaine d'années en Italie, elle nous dévoile des curiosités, des légendes urbaines, des traditions, des activités de la vie quotidienne, des festivités, et bien plus encore. Tout cela à travers un journal autobiographique et le regard malicieux d'une vraie Japonaise, qui retourne régulièrement là-bas, mais qui sait aussi prendre le recul nécessaire. Un précieux vade-mecum pour ceux qui ne connaissent pas encore le Japon, pour ceux qui croient le connaître, et pour ceux qui y voient leur "terre promise".
Keiko Ichiguchi (née à Osaka, Japon, le 19 décembre 1966) vit et travaille à Bologne. Elle a fait ses débuts dans l'univers du manga en 1988 en remportant le concours pour jeunes auteurs organisé par la maison d'édition Shogakukan. Sous le pseudonyme de Keiko Sakisaka, elle a publié au Japon les titres Lucia (1990), Otometachi no Sanka (Hymne aux jeunes filles, 1991) et Me o Aketa Mamade (Avec les yeux ouverts, 1991). En 1995, elle a réalisé, pour les éditions Star Comics, le livre de contes Au-delà de la porte. C'est en 1997 qu'a commencé sa collaboration avec la maison d'édition japonaise Kodansha, chez qui elle publie 1945 et America, réunis en un volume en 1998 et disponibles en France également dans la collection "Made in" de Kana. Aux Éditions Kappa, en Italie, elle a publié la série Peach ! dans la revue Mondo Naif, et les titres La Vue sur la cour (1999), Deux (2000), Blue (2001), Avec les yeux ouverts (2002) et 1945 (2003).
On aurait vraiment dit que les journalistes faisaient exprès de créer des scandales, en diabolisant chaque trait de caractère des otakus. Ils réalisaient parfois des reportages complets sur les foires de mangas, en les désignant systématiquement comme le point de départ de tous les maux du Japon. C'est pour cette raison que ceux qui y participaient faisaient en sorte d'éviter les caméras, pour éviter que leurs parents ne "découvrent" leur passion. Mais ils ne faisaient qu'aggraver la situation en donnant l'impression qu'ils faisaient quelque chose d'illégal ou dont ils avaient honte. Chaque week-end, au Japon, étaient organisées des dizaines de foires de mangas, et les journalistes s'y ruaient comme un essaim d'abeilles. Certes, les médias se comportaient en vrais chacals mais, de leur côté, nombreux étaient les otakus qui faisaient leur jeu sans s'en rendre compte : des hommes déguisés en personnages féminins, des jeunes qui ne parlaient que de mangas, du matin au soir, des individus qui tenaient des propos extrêmes et embarrassants... Bien sûr, cela arrive encore aujourd'hui, mais le contexte a bien changé. Pour n'arranger en rien la réputation déjà négative des otakus, il y avait de plus leur tenue vestimentaire qui - contrairement à aujourd'hui - était négligée, démodée ou parfois, à l'opposé, franchement trop futuriste. Le fait de rester enfermés à la maison, à lire du matin au soir, leur conférait aussi un aspect physique "particulier", dans la mesure où nombre d'entre eux étaient obèses et portaient de grosses lunettes. En ce qui me concerne, je faisais partie d'une équipe qui écumait les foires (on y croisait même à l'époque les célèbres CLAMP, membres d'une équipe de la foire d'Osaka, la Dream Comic) et je devais parfois me battre contre les intrusions de journalistes trop curieux. Nous avions l'impression d'être victimes de ces médias, si bien que les organisateurs finirent par interdire l'accès aux journalistes, qui en furent réduits à interviewer les jeunes qui faisaient la queue à l'entrée.
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