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.. Allegro furioso

Couverture du livre Allegro furioso

Auteur : Virginie Lou

Date de saisie : 01/02/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Joëlle Losfeld, Paris, France

Collection : Littérature française

Prix : 10.90 € / 71.50 F

GENCOD : 9782070787371

Sorti le : 01/02/2007

Charlotte Thomas - 15/02/2007


  • Les présentations des éditeurs : 12/02/2007

Une mère seule, son fils unique : étrange couple, passionnel, fusionnel, mais dont la séparation est programmée. Arno a réussi le concours d'entrée dans la classe de violon du Maestro, à Toronto. Il quitte le sud de la France et Aurélie, sa mère. Quoi de plus naturel ? Elle cache sa douleur : illégitime, incorrecte. En apparence rien n'a changé. Elle est photographe et met comme chaque année son talent au service des archéologues en campagne de fouilles dans le Rhône. Arno fait de la musique. Mais le décompte commence, une semaine, cinq jours...
Et voilà que, juste avant ce départ tant redouté, Arno l'entraîne à Marseille puis à San Remo, histoire de prendre un bol d'air italien ! Quand, à Imperia, il propose de pousser jusqu'à Rome, la mère saisit au bond cette petite folie, occasion d'une ultime complicité avec son fils.
Mais la Ville éternelle est dans tous ses états : un sommet rassemble les dirigeants de l'Empire. Et dans les rues, leurs opposants par centaines de milliers. Même scénario qu'à Gênes : les forces de l'ordre sèment le désordre. Aurélie est assommée d'un coup de matraque. Lorsqu'elle reprend conscience dans la rue déserte et dévastée, Arno a disparu. Hébétée, elle le cherche à travers la ville.

Virginie Lou, née à Poitiers, est l'auteur d'une trentaine de titres pour la jeunesse. Ses romans Éloge de la lumière au temps des dinosaures (1997), L'oeil du barbare (2002) et Guerres froides (2004) ont été publiés par Actes Sud. En 2005, De la vie et autres chienneries a paru aux Éditions Joëlle Losfeld.



  • La revue de presse Martine Laval - Télérama du 4 avril 2007

Des destins malmenés, des espérances fracassées. Depuis Eloge de la lumière au temps des dinosaures (éd. Actes Sud, 1997) et De la vie et autres chienneries (éd. Joëlle Losfeld, 2005), Virginie Lou trace une route romanesque singulière, celle qui fait cheminer ensemble l'intime et le politique. Allegro furioso plonge dans le contemporain, met à nu le lien unique mère-fils. Et c'est fascinant.


  • Les courts extraits de livres : 12/02/2007

Ses jambes étaient trop engourdies pour qu'elle puisse se relever. Et si, au bout de l'interminable via del Corso, elle ne retrouvait pas Arno ? De Rome, elle connaissait comme sa poche le Forum antique, mais le commissariat de police ? Elle connaissait quelques-unes des blagues féroces des Romains contre les carabiniers mais pas la gendarmerie. Et ceux qu'on avait envoyés contre les manifestants, en étaient-ils ? Ou plutôt des soldats ? De ces brigades cagoulées qui prolifèrent dans les fossés entre gouvernants et gouvernés ?
Ses bras remuaient, ses mains aussi, Aurélie palpait ses pieds. Froids. Les genoux froids, aussi. Le coeur au contraire bondissant sous les côtes, la sueur comme un glaçon fondu le long des vertèbres... Ils avaient de nouvelles armes. Les ministres de l'Intérieur européens s'étaient félicités à la télé de cette avancée scientifique. Ils avaient trouvé un truc paralysant. Quoi, au juste ? Aurélie n'avait jeté qu'un regard à l'écran... De l'instant du coup, elle se rappelait le jet d'étoiles bleutées traversant son crâne et sa lente glissade contre le mur, rien d'autre. Comment avait-elle pu se laisser entraîner là-dedans avec son fils ? Toutes les manifestations dégénéraient maintenant. Quand il n'y avait pas de têtes brûlées pour en découdre, la police envoyait ses provocateurs. Mais celle-là ressemblait tellement à un carnaval, et l'allégresse...
Oui, l'allégresse... Elle avait gonflé sous leurs pieds et fait leurs corps légers à la crête de la vague née de leur tristesse, jaillie du creux de leur tristesse, vague d'autant plus irrésistible qu'avec le temps leur tristesse s'était durcie, figeant leurs gestes, leurs regards... Ceux d'Aurélie, surtout. Et leur tristesse... celle d'Aurélie surtout, de jour en jour plus lourde jusqu'à, quand était-ce ? leur départ précipité, leur caprice...


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