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L'année scolaire touche à sa fin. Une autre année de la vie d'Andréas vient de s'écouler, monotone, entre ses cours d'allemand dans un collège en banlieue parisienne et ses aventures amoureuses convenues, quand le spectre de la maladie fait irruption. Si la mort venait le faucher là, demain, serait-il sûr d'être allé au bout de ses rêves ? Ne s'est-il pas fourvoyé en chemin, n'est-il pas temps de tout recommencer ? Andréas quitte alors Paris, abandonnant travail et maîtresses et, tournant le dos à vingt années de sa vie, part pour une quête de l'essentiel, à la recherche de lui-même et de son grand amour d'adolescent.
Un jour comme celui-ci est l'histoire d'une cavale entre la vie et la mort où Stamm aborde avec brio et tendresse ses thèmes familiers : la peur de s'engager, l'angoisse de vivre, l'étrangeté au monde et la solitude.
Les courts extraits de livres : 14/02/2007
Parfois, lorsque Andréas traversait la rue en se rendant à son travail, il s'imaginait qu'un bus l'écrasait. La collision était comme le dénouement de ce qui s'était passé jusqu'alors, en même temps qu'un nouveau début. Un choc qui mettait fin à la confusion et rétablissait l'ordre. Tout prenait soudain sens, le jour, l'heure, le nom de la rue, du boulevard, celui du conducteur du bus, Andréas lui-même, ses date et lieu de naissance, sa profession et sa religion. C'était un matin pluvieux, en automne ou bien en hiver. Le bitume mouillé reflétait les néons des enseignes et les phares des voitures. Le trafic bouchonnait derrière le bus qui était en travers de la chaussée. Une ambulance arrivait. Des badauds en cercle regardaient. Un policier faisait de grands gestes pour canaliser le flot des voitures sur le lieu de l'accident. Dans les bus qui passaient, les passagers se tordaient le cou, regardaient de tous leurs yeux à travers les vitres. Ils ne comprenaient pas vraiment ce qui était arrivé et l'oubliaient tout aussitôt lorsqu'une autre scène attirait leur attention. Un deuxième policier tentait de reconstituer le déroulement de l'accident. Il interrogeait le conducteur du bus, la vendeuse de la boulangerie qui avait tout vu, un autre témoin encore. Il dresserait alors un procès-verbal en plusieurs exemplaires, un document qui serait classé dans les archives des décès par ordre alphabétique. Andréas s'imagina quelles actions il faudrait entreprendre pour le faire sortir du répertoire. On avertirait son frère, il devrait décider ce qu'il adviendrait du corps. Andréas avait toujours résisté à la tentation de rédiger un testament, il avait toujours trouvé vain de donner des instructions en cas de mort. Walter opterait probablement pour une incinération, ce serait le plus simple et le plus raisonnable. Il y aurait quand même un tas de paperasses à régler, à prendre contact avec un nombre incalculable d'administrations. On devrait faire intervenir l'ambassade.
Andréas se demanda si l'on établirait un décompte exact des jours où il avait travaillé avant sa mort. L'administration du collège devait savoir ce qu'elle avait à faire. Peut-être existait-il une notice sur les dispositions à prendre en cas de mort soudaine des professeurs étrangers.